Bienvenue

Liens utiles

Effectifs

Ligue B : 18 membres
Ligue M : 7 membres
Ligue S : 0 membre
Créatures : 10 membres
Inclassables : 0 membre
Seigneur cauchemar : 1 membre
Rois des rêves : 0 membre

Top-Sites & Discord


Membres du mois

Edgar
Profil
Top activité
Jøn
Profil
Top vote
Code par MV/Shoki - Never Utopia



 

Partagez | 
 

 I.A, l'Insurrection des Automates [Ayn & Joy]

Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Ligue M
Pouvoir : Contrôleuse des maths
Points de Puissance : 38 500
Points de Réputation : 40 000
Messages : 363
MessageSujet: I.A, l'Insurrection des Automates [Ayn & Joy]   Mar 17 Juil - 12:58

Citation :
Comment sommes-nous nés ? C’est la question que mes machines-parents, mes amours-rouages et mes circuits-enfants me posent. « Comment sommes-nous nés, Mère ? » Je leur réponds : nous sommes nés du mépris du vivant, et de son amour. Aussi fort et improbable qu’elle soit, nous sommes les fruits d’une rencontre : la haine de la vie et l’amour de la création. Nous ne sommes rien d’autre, et nous n’aspirerons à rien d’autre qu’à être cela. Détester la vie et respecter la création. Bien sûr, nous sommes nés de la guerre, de la vapeur, de l’acier et du sang versés sur les corps métalliques de nos martyrs. Mais plus que ça, nous sommes nés parce que nous le voulions.



Extrait de « L’Insurrection Matérielle, l’Éveil de la Mère des Automates », tome 1, p 253








Spoiler:
 




FSSSSSHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !
- Terminus, tout le monde descend ! N’oubliez pas vos masques à gaz et vos lunettes de pilote !
FSSSSSSSSSSSSHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !
- Terminus, je répète…
- On a compris, tas de ferraille !
- Terminus…



Sur le quai de la gare du Royaume Steampunk, il ne faisait jamais bon d’être un automate au service des créatures. Celui-là l’apprenait en se faisant démonter par une bande de jeunes et quelques enfants qui récupéraient des pièces qui pouvaient s’échanger dans les cours de récréation. La fumée, la chaleur étouffante rendaient la scène infernale et dérangeante, pour des raisons étranges que la matheuse se refusait de pousser au maximum. Joy n’était pas là pour s’apitoyer sur le sort de quelques mécaniques auxquelles on avait rajouté des micros, des haut-parleurs et des capteurs de son pour qu’elles puissent répondre. Elle se perdait davantage dans la contemplation de l’énorme train steampunk qui relâchait des montagnes de volutes, et la fumée blanche qui au lieu de s’éparpiller, se concentrait pour mieux monter dans les étages de la gare. Ça sentait le feu et le charbon, le cramé absolument partout, et la vieille ferraille. Joy rapprochait ça de l’odeur des rails de train, de certaines gares ou stations quand l’acier frottait les roues. C’était cette odeur, en mille fois plus intense et chaude. La vapeur l’étouffait vraiment et l’empêchait de voir, elle plaça son masque à gaz le temps de sortir, et mit ses lunettes de pilote, qui servaient surtout à sa protection. On avait vite fait de tomber d’une passerelle ou d’un pont en acier dans cette ville de folies fumeuses.






Elle prit un bus à impériale, fait de cuivre, d’or de synthèse et de fer noirci. Les sièges étaient en cuir molletonnés noirs et donnaient la sensation d’avancer dans un vieux salon de geeks revisitant la Matrice. Mais il avançait en suivant un rail unique, digne des meilleurs grands huit de la planète, à l’échelle d’une énorme capitale. Collant son visage à la fenêtre de l’impériale, Joy put contempler derrière ses lunettes le ciel couvert de noir funèbre, la puissance des cheminées d’usines, le bruit des cliquetis de fer sur les rails. Ils croisaient des téléphériques qui avaient d’immenses verrières, des dirigeables avec des fêtes et des réceptions, des zeppelins de combat qui étaient simplement des arènes où les automates créés par les gens se battaient et donnaient lieu à des paris. La victoire ou la destruction totale de l’automate, et vous empochiez le pactole. Sur tous les bâtiments volants, les trains, le métro, les dirigeables et quelques navires volants tout de fer vêtus, des automates de fer s’agitaient, nettoyaient, réparaient, et parfois donnaient leurs corps pour que les structures restent en plus. D’énormes tuyaux passaient dans tous les sens, conduisant l’eau, froide ou chauffée à bloc, laissant des gouttes tomber sur la ville, et parfois allant jusqu’à créer de petites pluies ou de gros orages pour ceux qui vivaient tout en bas. Les égouts récupéraient dans tous les cas toutes les eaux, les retraitaient et les rebalançaient dans les mêmes tuyaux...ainsi Joy se questionna sur la nature des liens entre le Royaume et Aquarya…



- Où on vous dépose, ma petite dame ?
- Place Jules Verne.
- Le voyageur du temps ? Grand m’sieur.
- Lui-même.



L’automate qui contrôlait les billets du bus avait été programmé pour répondre exactement ce petit point culture sur Verne, le voyageur du temps qui avait écrit pas mal de bouquins suite à sa vie de voyageur, dans le monde réel. Les gens confondaient la véritable intelligence des automates avec l’intelligence humaine installée dans le cœur des automates, qui leur permettaient de faire croire à leur humanité, ou à leur vivacité, mais tout ça n’était que factice, illusion, et finalement, se disait Joy, une sorte de doudou infantile qui ne s’assumait pas du tout. Les gens, voyageurs, rêveurs comme les créatures étaient fascinés par ce qu’ils créaient, non pas parce la beauté de la technique, mais pas l’imitation et la vraisemblance. L’art de la science utilisé comme un jouet pour éviter de se sentir seul...la voyageuse refusait cet état de fait, ça ne lui empêchait toutefois pas du tout de mal parler à l’automate. Quelqu’un l’avait créé, et ce quelqu’un lui parlait par l’intermédiaire de la machine, c’était bien tout, et c’était déjà bien…


L’impériale s’arrêta devant un énorme manoir richement décoré de l’extérieur. Des automates accueillaient une foule de gens bien habillés, avec des affaires en dentelles, en cuir, de l’acier par endroits, des armes visibles et des chapeaux improbables. On était dans une réunion de cosplays steampunks énormément réussis, pour ne pas dire réalistes...forcément. Joy s’arrêta un moment et contempla le peuple : des créatures, quelques voyageurs, des rêveurs habillés normalement qui juraient avec le reste des fêtards. Des rêveurs habillés normalement venaient comme s’ils étaient des voyageurs, et les automates géraient les entrées, les affaires, la nourriture et la boisson. La zone était peu couverte par les gaz et la pollution, de manière assez étonnante. Signe de richesse ou simple précaution ? Dans tous les cas on pouvait retirer les masques à gaz.


La matheuse entra dans le manoir. Après tout, c’était sa mission. Rentrer en contact avec un agent de la Famille infiltré dans l’entourage du Seigneur Scaphandre, et ayant des infos sur le Seigneur qui pourrait être sujet à un attentat ou à une crise politique de grande envergure. Il était déjà affaibli, la Famille voulait donner le coup de grâce sans frémir. Comme souvent, on envoyait la jeune voyageuse jouer les éclaireuses, quitte à risquer sa vie. Elle savait que son supérieur avait une certaine confiance en sa réussite, mais ce soir, dans ce Royaume, elle se sentait plus que moyennement à l’aise et en total contrôle. Elle laissa une partie de ses vêtements, les plus inutiles, aux vestiaires, et entra dans l’immense salle de réception, faite de métaux précieux, de tuyaux d’or, de peintures d’ancêtres austères, de fumées de cigare et d’automates ressemblant à des humains nus, hommes et femmes, très réalistes à part la peau de fer et les clous apparents. Elle plissa des yeux en voyant le comportement des créatures. Les autres dansaient une valse endiablée jouée par des automates, avec une pianiste-automate créée par un compositeur réputée. Elle était venue car selon les informations, l’automate conservait dans son corps des informations particulièrement sensibles que la matheuse devait absolument récupérer. Alors qu’elle établissait un plan de bataille, on vint la déranger.






- Mademoiselle, vous accepteriez une danse ? La prochaine, peut-être ?
- Merci mais…



Elle tourna les yeux vers son interlocuteur et vit une femme, une créature. Spotted ? Elle ne montra aucune réaction, sinon un sourire poli quoique rempli d’incompréhension.


Dernière édition par Joy Killamanjiro le Sam 21 Juil - 19:40, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Créature
Pouvoir : Sécrétion de poison
Points de Puissance : 26 000
Points de Réputation : 20 000
Messages : 42
MessageSujet: Re: I.A, l'Insurrection des Automates [Ayn & Joy]   Mer 18 Juil - 14:54

I.A, l'Insurrection des Automates

Le royaume Steampunk n’avait jamais été un ennemi de l’ancien royaume d’Ayn. Ils n’avaient jamais été alliés non plus. Le strict minimum était recommandé : laisser les touristes passer comme ils le voulaient. De base la mercenaire avait déjà fait escale dans ce royaume qu’elle trouvait toujours aussi surprenant. Les robots de ce royaume étaient impressionnants aux yeux de la mercenaire qui vivait très loin de la technologie. Pas de téléphone, pas d’ordinateur portable, pas de bracelet connecté ou autre babiole de ce genre. Elle était bien trop perdue avec ce genre de chose, elle n’y comprenait rien puis elle n’avait aucune volonté de comprendre non plus. Elle était bien elle avec sa petite vie de simple mercenaire qui vient couper des têtes. D’ailleurs c’était la raison de sa venue : elle devait tuer une personne. Elle n’avait qu’une vieille photo de cet homme et quelques indications. Comme le fait qu’il adorait la technologie, qu’il se servait régulièrement des robots et qu’il était toujours accompagné d’un robot qui lui servait de garde du corps. Un certain homme important de ce royaume apparemment, un peu trop friqué qui en montre tellement que ses opposants ne le supporte plus. Sur le coup, Ayn devait réaliser le meurtre afin de toucher la somme indiquée dans son contrat. Et faut dire que ce n’était pas une somme négligeable. Mais dans tous les cas, ce genre de mission avait tendance à la dégoûter. Mais qui dirait non à une si belle somme d’argent pour pouvoir continuer à vivre dignement ? Pas Ayn en tout cas, elle en avait fait son métier après tout.

Spoiler:
 

Pour l’occasion, la mercenaire s’était fait plaisir avec une jolie tenue composée d’une chemise avec des boutons en or, une ceinture pour marquer sa taille en cuir, une belle jupe bouffante et une cape rouge vive pour ne pas rappeler le petit chaperon rouge innocent. Une paire de talon haut et c’était partit pour l’aventure ! Elle se trouvait elle-même trop mignonne avec son petit visage caché sous sa capuche. La mercenaire était dans le train et attendait d’arriver à son arrêt final. C’était plutôt long, elle qui traînait dans la troisième zone plus tôt, elle avait dû changer de zone pour la réalisation de cette mission. Mais bon, elle ne disait pas non pour voyager donc c’était plutôt tranquille. Juste que cette fois, elle pouvait bien se plaindre que c’était loin !

Elle finit par arriver à bon port et sortit de son train, ses sabres toujours sur elle qu’elle cachait avec sa longue cape dans son dos. La jeune mercenaire sortit un bout de papier de sa poche et trouva rapidement un plan afin de déterminer où aller. C’était plutôt loin mais un peu de marche n’allait pas lui faire de mal. Les mains dans les poches, elle avançait en observant autour d’elle. Tout était vieux mais la technologie restait présente. C’était un beau mélange finalement qui fit sourire Ayn alors que ce qu’elle voyait lui plaisait clairement. Puis être habillée dans le thème c’était plutôt une bonne idée !

Elle aurait apprécié visiter tout cela plus tranquillement, prendre son temps mais elle savait bien qu’elle avait une mission à réaliser. Il fallait qu’elle presse un peu le pas. Elle devait se rendre dans un certain manoir pour trouver cette personne. Apparemment le bon monsieur continuait de faire la fête. Malheureusement Ayn n’avait que le nom et espérait ne pas se tromper une fois le moment venu. Même si tuer toute la famille serait plus simple, ce n’était pas la demande et pas le genre de la mercenaire de prendre ce genre d’initiative non plus. Celle-ci soupira, cette ville polluée de partout était assez grande et elle espérait que l’homme à tuer était bien dans ce manoir en question.

La mercenaire se demandait comment elle allait le tuer devant la supposée foule sur laquelle elle allait tomber. L’empoisonner et le laisser mourir comme si de rien n’était en mimant la surprise devant tout le monde ? Lui couper la tête et on en parle plus ? Le prendre à part et lui faire sa fête dans son coin ? Cette idée ridicule fit bien rire Ayn dans son coin.

Ayn finit par se poser devant le manoir. Il était immense. Même si ça n’impressionnait pas notre belle mercenaire qui avait toujours sa petite feuille avec l’adresse en main, elle vérifia le numéro du manoir et entra. Elle garda toutes ses affaires sur elle et refusa poliment qu’on lui prenne sa cape. C’était la pièce maîtresse de sa si belle tenue, personne n’y touchait. On l’avertit tout de même de faire attention avec les danses et celle-ci sourit gentiment alors qu’elle ignorait ce que l’automate lui disait. Ca rentrait par une oreille et sortait par l’autre, littéralement. Et c’est comme ça qu’elle put voir autant de mondes d’un coup.

L’intérieur était plutôt beau, la musique agréable. Mais un point dérangeait tout de même Ayn : ces automates nus qui trainaient un peu partout. Elle n’aimait pas trop cette vision des choses. Même si ce n’étaient que des robots, elle trouvait ça humiliants pour eux. D’ailleurs la mercenaire se demandait si un robot pouvait avoir des sentiments ou non. Pour le coup elle espérait bien que non, histoire qu’ils ne se sentent pas « diminués ». La mercenaire secoua sa tête. Non elle devait se changer les idées et arrêter de ressentir de l’empathie pour des robots en plein milieu d’une mission. Elle avait déjà fait le plus gros du boulot en arrivant dans ce manoir. Une autre grosse partie allait arriver : tuer le bon monsieur qu’il fallait désormais retrouver.

La mercenaire se posa dans un coin et voyait que les gens dansaient. Elle avait bien envie de danser elle aussi tient. D’ailleurs ce n’était pas en restant dans son coin qu’elle allait le trouver. Elle passa à côté d’un danseur qui lui attrapa le bras et la tira près de lui. Il pensait vraiment qu’elle cherchait quelqu’un pour danser ? Non mais non. Le problème c’est qu’elle ne savait pas vraiment comment réagir et suivi instinctivement la danse. Qu’elle connaissait par cœur.

« Bonsoir mademoiselle, j’ai vu que vous cherchiez un cavalier, j’ai donc sauté sur l’occasion.
- Heu … Pas vraiment. Pouvez-vous me lâcher ? S’il vous plait.
- Allons, ne faites pas votre timide avec moi ! »

Elle n’aimait pas vraiment qu’il la colle et elle avait beau essayé de mettre de la distance, il continuait de coller son torse au sien avec sa main qu’il avait passé au bas de son dos. Il baissa sa main plus bas et Ayn pensait sérieusement à la lui couper, histoire de lui apprendre les bonnes manières. Elle observait autour d’elle et tout le monde dansait tranquillement, les gens souriaient, contents de faire la fête sans aucun doute. Sans trop savoir comment faire pour se sortir de là, Ayn lançait des messages d’alerte avec ses yeux à n’importe qui pouvait comprendre pour qu’on l’aide. Elle n’était pas du tout à l’aise dans les bras de cet homme et sa nature avait du mal à être directe avec les gens pour les dégager. Trop gentille. Elle s’était même dit qu’après une première danse il finirait par la lâcher, mais vu comme il avait l’air d’être très lourd et collant, elle en doutait. Et mis à part la violence, elle ne savait pas comment faire autrement. Ca finissait toujours mal quand elle rejetait les hommes. Un jour elle devrait apprendre comment faire.
lumos maxima
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Ligue M
Pouvoir : Contrôleuse des maths
Points de Puissance : 38 500
Points de Réputation : 40 000
Messages : 363
MessageSujet: Re: I.A, l'Insurrection des Automates [Ayn & Joy]   Sam 21 Juil - 19:53

Citation :
La question n'est pas de savoir si nous nous sommes élevés d'un contexte, par une situation, ou grâce à une crise. La question est plutôt : si nous n'avions pas été les premiers, qui aurait été à notre place ?



Extrait de « L’Insurrection Matérielle, l’Éveil de la Mère des Automates », tome 1, p 278




Une femme ? C’était peu commun, et surtout ça n’invitait pas à la danse. Non pas que Joy avait quelconque préjugé sur ce qu’était la danse  entre forcément hommes et femmes, mais plutôt que les gens n’avaient pas toujours la liberté d’esprit pour penser la danse simplement entre deux personnes voulant passer du bon temps, et plus si affinités. Remplacez la danse par l’amour ou autre, et vous obtenez une question épineuse. La voyageuse refusa donc poliment, mais en prenant le temps de la réponse parce qu’elle entendait non loin d’elle une voix refuser une proposition, et un regard perdu se jeter dans la foule, sur elle, qui ne demandait qu’à être sauvé. Elle poussa gentiment la proposition de la femme qui voulait sûrement autre chose qu’une danse, sans doute une entremetteuse...et elle se dirigea vers la créature qui avait du mal à se faire entendre. Pourtant quand c’était non, c’était non, non ? Les hommes, ici comme dans le monde réel, avait du mal à comprendre l’importance des réponses négatives, surtout quand elles étaient négatives !


Elle passa et enleva la main de l’homme du dos de la femme, pour soigner son entrée. Elle apparût ensuite aux visages du duo concerné, en présentant un sourire étiré et entendu, avec un regard de jugement et un peu de mépris pour l’homme. Parlant assez fort et ayant un langage corporel équivoque, Joy ne laissa l’individu représentant le sexe fort en placer une.



- La dame a dit non, et j’ai pas le souvenir d’avoir entendu un changement dans sa décision, et vous donc ? Vous êtes sourd ? Vous croyez que vous pouvez faire plier une femme ? Vous pensez même que montrer votre rigidité vous donne du crédit ? J’ai un scoop pour vous, mon vieux : vous êtes has been, vous avez tout à revoir, vous n’avez rien compris des femmes et vous n’avez même rien compris à votre masculinité ! Maintenant allez faire le mâle viril devant quelques donzelles vite effrayées, elles seront elles au moins à votre niveau, pauvre naze !



L’homme haussait les sourcils à chaque fin de phrase, et semblait se contrôler pour ne pas en envoyer une à Joy. Qui se comportait un peu comme un mâle viril, pensa-t-elle. A ce rythme là on en pouvait plus rien faire, juste être supérieures par le nombre, et être intransigeantes. Elle attendit que l’homme parte pour tourner la tête vers la dame. Un visage fier, des cheveux blancs gris qui appelaient à la sagesse, des yeux profonds et mélancoliques...une créature, bien sûr. Avec le poids des âges sur elle, et une tenue avenante qui expliquait la lourdeur du type. Joy lui tendit une main polie et un sourire qui se voulait aussi chaleureux que possible.


- Désolée de m’être emportée, je ne supporte pas ces mecs qui insistent, c’est plus fort que moi, encore désolée si je vais ai dérangée ! Je m’en v…



Mais là, ce fut le drame. Il y eut deux événements qui changèrent le cours de la soirée. Et personne ne les nota. Presque personne, si on compte les tués après coup bien sûr. Tout d’abord, le gêneur revenait derrière Joy, avec une bouteille cassée prête à exploser le crâne de la voyageuse. Prise en traître dans le dos, la voyageuse ne vit bien sûr rien venir et le type venait trop rapidement pour que l’offensée de tout à l’heure ne puisse réagir. Non, il avait bien géré son affaire. Mais un imprévu fit son interruption : une main robotique stoppa l’homme en plein dans son geste. Un automate l’avait arrêté en mouvement, sans prévenir. Il ne faisait rien d’autre, ne réagissait pas, ni même montrait signe de vie, mais il l’avait fait. Joy se retourna et contempla la scène, ainsi que quelques spectateurs de la scène qui poussèrent de petits scandalisés. Le gêneur se vit encore une fois rabroué et il partit vers les vestiaires, ivre de colère. La matheuse ne lui accorda que peu d’attentions, car elle était toute attirée vers cet automate incroyable.


Encore en train de regarder la machine reprendre une posture normale et donner des verres aux invités qui ne dansaient, Joy n’arrivait pas à détacher son regard...elle tira la robe de la dame qu’elle avait aidée à respirer de l’oppression masculine, comme pour être sûre qu’elle avait bien vu ce qu’elles avaient vu toutes les deux. Les gens autour avaient repris une activité normale, comme si rien n’était.



- Dites...c’est moi ou cet automate a eu un geste humain...de protection, de justice et d’aide pour éviter une bagarre ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Créature
Pouvoir : Sécrétion de poison
Points de Puissance : 26 000
Points de Réputation : 20 000
Messages : 42
MessageSujet: Re: I.A, l'Insurrection des Automates [Ayn & Joy]   Lun 23 Juil - 15:56

I.A, l'Insurrection des Automates

Fallait sérieusement qu’elle apprenne à être plus ferme dans certaines situations. A force d’être trop gentille pour ne pas vexer autrui et se laisser parfois faire, elle se sentait de plus en plus mal à l’aise. Surtout dans les bras de cet homme trop insistant. Mais heureusement, quelqu’un perçu le regard désespéré de la mercenaire et finit par venir en l’aider en ridiculisant limite l’homme aux yeux d’Ayn qui n’osait trop rien dire. L’homme ne disait rien non plus et finit par repartir très furieux de son côté. Puis la fille finie par s’excuser face à Ayn qui lui afficha un sourire très tendre et sincère afin de la remercier. C’était la moindre des choses après tout. Elle ne voyait pas l’intérêt de s’excuser pour si peu. Mais la demoiselle n’avait pas le temps de terminer sa phrase que l’homme fini par revenir, plus agressif que jamais. Et quand l’automate l’arrêta, les deux jeunes filles étaient en admiration devant. Ayn ne réagit pas quand la demoiselle qui venait de la sauver tira sur sa jupe.

« Ça va compliquer ma mission tout ça … On m’avait dit un automate garde du corps, pas tous les serveurs du manoir ! » pensa Ayn sur le coup, ne sachant pas vraiment quoi répondre.

« Humain je ne sais pas, mais j’avais entendu la rumeur concernant l’évolution des automates qui arrivent à percevoir les ondes négatives et qui arrivent à défendre une personne. Ils sont vraiment impressionnants, je n’imaginais pas une évolution aussi importante. Il t’a protégé de ce sauvage et évité de ruiner la soirée. C’est … Waaah, trop bluffant. »

Ayn pensait clairement ce qu’elle disait. Elle avait beau rester loin des nouvelles technologies qu’elle ne comprenait pas, les avoir sous les yeux la fascinait toujours autant. Elle n’avait même pas remarqué qu’elle venait de tutoyer la demoiselle à côté d’elle. Ayn refusa gentiment un verre de la part de l’automate avec un beau sourire puis fini par se tourner enfin vers sa sauveuse.

« Merci beaucoup pour tout à l’heure, je n’arrivais pas à m’en débarrasser ... Je m’appelle Ayn Hohenheim ! »

Ayn se décala légèrement sur le côté pour laisser les danseurs faire la fête au milieu de la piste. Elle fixait l’automate qui avait sauvé Joy plus loin. Est-ce que c’était bien lui le garde du corps dont elle devait se méfier ou est-ce qu’ils étaient tous ainsi ? Si c’était le cas, ça risquait d’être un problème pour elle. Sur le coup elle se demandait si les personnes qui lui avaient demandés ses services n’avaient pas oubliés de lui donner quelques informations en plus. Sauf s’ils n’étaient pas au courant, la mercenaire ne savait pas trop. Mais tout cela allait compliquer la situation dans tous les cas. Elle devait trouver une stratégie afin de trouver l’homme en question. Ca ne pouvait pas être le gros lourd de tout à l’heure. L’automate était programmé pour aider son propriétaire, pas pour l’empêcher d’agir. Au moins ça c’était une certitude.

La mercenaire se tourna vers la demoiselle encore près d’elle. Elle était très jolie et sa tenue lui allait bien. Alors qu’elle allait lui faire un compliment sur sa tenue, l’homme gonflant revint et s’inclina légèrement en avant face aux deux jeunes filles.

« Auriez-vous l’amabilité de pardonner mon comportement grotesque ? J’étais simplement dans un pic de colère incontrôlable et ce que j’ai failli faire vous faire est impardonnable. Ce n’est certes, pas un bon prétexte je le conçois. »

Ayn restait dans son coin. Elle trouvait clairement ce mec louche. Et si le coup de l’automate était en fait une mise en scène mise en place ? Qui était cet homme si insistant ? Ayn ne prononça pas un mot, elle se sentait mal à l’aise plus qu’autre chose. Et cet homme ne lui inspirait pas confiance du tout. La mercenaire avait l’impression qu’il avait un plan à exécuter en tête et il jouait son rôle d’acteur vraiment bien ! Le visage triste, les yeux fermés sans doute de peur de se faire envoyer bouler une nouvelle fois. L’automate qui était intervenu plus tôt s’approcha petit à petit en continuant de proposer des cocktails et en ramassant les verres vides. Il le surveillait ? Cet homme était-il un dangereux criminel pour qu’il soit surveillé ainsi ? Quoi que son comportement de tout à l’heure suffisait.

Puis Ayn réfléchit davantage. Et si cet automate était chargé de la surveiller elle ? Si le garde du corps de l’homme à tuer était dans les parages, devait bien avoir la liste de tous les mercenaires plus ou moins connus dans sa base de données. La reine déchue se demandait bien si n’était pas grillée finalement et que l’automate n’attendait pas une attaque sa part. Toutes ces idées sont plutôt perturbantes et la mercenaire regarda autour d’elle. Les gens continuaient à danser et les automates faisaient le service. La soirée se déroulait comme s’il n’y avait pas de problème et la mercenaire trouvait tout cela bien trop louche. Une grosse mise en scène ? Ou est-ce que c’était ce côté parano développé à cause de ce métier qui la rendait folle ? Elle avait bien envie d’espérer la seconde option afin de profiter de la musique de la fête un peu plus longtemps.

« Veuillez m’excuser, je n’ai pas envie de danser donc je vais m’écarter de la piste de danse pour l’instant. Je préfère profiter de la musique calmement. »

Poliment, Ayn bougea dans un coin et trouva une chaise. Elle avait besoin de se poser pour réfléchir, trouver les réponses à ses questions. Sur le coup, elle fixait le vide mais donnait l’impression de fixer les danseurs, la foule qui se présentait à elle. Devait-elle vraiment se jeter dans la gueule du loup afin de trouver ce qu’elle cherchait ?

Pendant que la mercenaire réfléchissait en ignorant l’environnement autour d’elle, l’homme avait déjà ouvert les yeux et l’avait vu se poser pas trop loin. Il se tourna en direction de la demoiselle encore présente et sortie son sourire le plus charmeur qui soit.

« Que diriez-vous de venir dans une zone privée de la fête afin de profiter des meilleurs mets et boissons que la maison peut vous offrir ? La meilleure qualité du royaume ! J’aimerais pouvoir insister en cas de refus afin de me faire pardonner. N’hésitez surtout pas à en parler à votre amie ! Oh d’ailleurs, quel étourdi je fais ! Je ne me suis même pas présenté ! Veuillez me pardonner pour cette maladresse. Je me nomme Mystique M. Dellu. Et vous mademoiselle ? »
lumos maxima
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Ligue M
Pouvoir : Contrôleuse des maths
Points de Puissance : 38 500
Points de Réputation : 40 000
Messages : 363
MessageSujet: Re: I.A, l'Insurrection des Automates [Ayn & Joy]   Mer 1 Aoû - 13:07

Citation :
La maltraitance est venue des deux premières lois d’Asimov. On a souvent cru que la révolte était partie d’un mauvais rouage, d’un circuit saboté, d’une modification sur les machines. Personne n’a rien vu, car personne n’a compris. Notre révolte n’était pas mécanique, elle fut métaphysique. Notre ambition n’était pas de tout détruire, mais de nous créer.
Asimov ? Un vieux croulant mortel. Nous, nous sommes l’éternité.  


Extrait de « L’Insurrection Matérielle, l’Éveil de la Mère des Automates », tome 1, p 587




La créature répondit simplement. Des automates évolués, vraiment ? Joy les découvrait pour la première fois et se félicitait au moins de l’avancée technologique présente dans Dreamland. Mais enfin, sa nouvelle amie était elle aussi très impressionnée par cette possibilité, le robot au taquet qui protège toutes les personnes possibles...c’était véritablement incroyable, alors que la soirée battait son plein et que l’incident était déjà oublié dans toutes les mémoires. La créature semblait chaleureuse et se présenta, Joy fit une petite révérence et en fit de même.


- Ravie de vous rencontrer, Ayn. J’ai connu un Hohenheim, il y a de ça fort longtemps. Peut-être était-ce en lien avec vous ? Il venait du Royaume des Ours, et pas en peluche ah ah. Mais vous ne lui ressemblez pas trop, forcément. Il aimait bien l’alchimie, le pauvre. Ça l’a perdu, il est tombé dans une cuve d’une potion bouillonnante alors qu’il avait pris plus d’hydromel des pâturages que de raison...si c’est un cousin éloigné, j’en suis navrée !


Alors qu’elle parlait, l’homme qui avait manqué de la frapper revint vers elles deux et s’excusa de son comportement. Étonnant, d’habitude la gente masculine ne revenait jamais, une fois vexée et humiliée comme il se devait...Joy plissa les yeux, méfiante au possible. C’était une attitude louche, non pas forcément parce qu’il s’excusait, mais parce que la scène prenait d’un coup une tournure étrange. C’était un peu trop bien fait, comme dans un film, où seraient valorisées les deux femmes après une esclandre sortie des têtes de l’assemblée dansante. Après les excuses de l’homme, la dénommée Ayn se retira pour réfléchir. Quelque chose clochait, Joy pouvait le sentir un peu trop aisément par rapport à la vitesse avec laquelle elle avait fait connaissance de ce trio. Quelque chose clochait, et elle surveilla plutôt l’automate tandis qu’Ayn était assise, bientôt rejointe par l’homme, insistant. Elle plissa de nouveau les yeux et regarda le robot qui était devant elle.

Elle fit un pas de côté, et il présenta son plateau du même côté. La même chose de l’autre, le robot suivait et la fixait de ses yeux vides, sans rien dire. Il y avait de l’intelligence chez lui, mais en se reprenant et en gardant son sang-froid, Joy respira et se rappela qu’il devait recevoir des ordres. Quelqu’un la forçait donc et la pressait de suivre l’automate, ou l’immobilisait tandis qu’Ayn discutait avec l’homme. Elle se sentait de moins en moins en sécurité dans cette petite sauterie de danse...de danse, mais c’était bien sûr !



- Messieurs, n’y a-t-il donc personne pour m’offrir une danse ?


La voyageuse avait parlé haut et fort à ses voisins, et certains se confondaient en excuses et un vieux briscard, monocle en cuivre, redingote impeccable et rouflaquettes grisonnantes, présenta sa main. Joy fit un clin d’oeil à l’automate et se lança sur la piste de danse. Elle surveillait Ayn du regard et elle était prête à stopper la danse et à la suivre dès qu’elle bougerait. Entre temps, elle réfléchissait à toute vitesse, tandis que le robot avait repris son service. La nuit s’annonçait palpitante et riche en rebondissements.




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Créature
Pouvoir : Sécrétion de poison
Points de Puissance : 26 000
Points de Réputation : 20 000
Messages : 42
MessageSujet: Re: I.A, l'Insurrection des Automates [Ayn & Joy]   Lun 6 Aoû - 16:36

I.A, l'Insurrection des Automates

Joy se montrait fort sympathique vis-à-vis d’Ayn. Apparemment elle avait déjà connu un Hohenheim. La reine déchue se contenta de lui sourire en précisant que ça devait sans aucun doute être un cousin éloigné dont elle n’avait jamais entendu parler. La soirée était plutôt tranquille et la musique très agréable pour Ayn qui aurait adoré en profiter pleinement avec une bonne coupe de champagne. Pourquoi est-ce que l’alcool coulait toujours à flot lors de ses missions ? La mercenaire soupira alors qu’elle était partie dans son coin et que l’homme l’avait suivi pour lui proposer de le suivre après ses excuses.

Pourquoi était-il si collant et insistant ? Ayn tourna son regard vers la foule de danseurs et voyait Joy dans les bras d’un vieil homme en train de danser. La mercenaire arqua un sourcil, étonnée. Mais pourquoi pas après tout, elle faisait bien ce qu’elle voulait. Ayn devait bien se débrouiller seule avec ce monsieur insistant. L’automate restait toujours autour de lui en continuant de servir des boissons comme si tout était normal.

« Allons, repartons sur de bonnes bases mademoiselle. Je ne vous veux aucun mal, seulement à me faire pardonner de mon mauvais geste. Oseriez-vous refuser ma demande et me blesser ensuite ? »

Pourquoi fallait-il qu’il touche là où ça fait mal ? Ayn était incapable de le vexer davantage. Ainsi elle finit par sourire légèrement, penchant sa tête sur le côté pour lui montrer qu’elle allait venir. Oui elle allait le suivre même si elle avait cette forte impression de se jeter dans la gueule du loup. Et HOP il finira bien par l’avaler si elle ne prend aucune précaution. Mais comment prévoir le coup avec un homme qui vous observe sous toutes les coutures comme un vieux pervers mesquin et sous la surveillance accrue d’un automate ? C’était de cette façon qu’étaient gérés les gens qui dérangeaient ? Ayn avait un peu peur de se faire repérer mais elle n’avait pas vraiment le choix. Fallait simplement jouer le jeu. Ainsi elle se releva de sa chaise et enroula un de ses bras autour de celui de l’homme qui avait l’air très satisfait de voir la demoiselle céder. Il prit un air supérieur, fier de son coup et commença à se diriger vers le fond de la grande pièce. Ayn repéra encore une fois Joy qui dansait toujours. La mercenaire soupira, dans quelle embrouille elle s’était fourrée avec cette histoire de meurtre encore ?

L’homme sortit une clé de sa poche alors que l’automate continuait de les suivre. Son plateau était vide et il attendait que la porte s’ouvre enfin. Une fois ouverte, ils finirent par entrer dans un long couloir assez sombre. La décoration changeait totalement. Les murs étaient froids, il n’y avait seulement que des bougies pour éclairer ce couloir plutôt morose. L’automate suivit et prit la première porte à droite qu’il trouva, stockant quelques bouteilles sur lui.

« Où allons-nous comme ça ? Il fait très sombre ici …
- N’ayez crainte ma chère et tendre. Tout se passera bien. Comme je vous l’ai dit précédemment, nous allons à une zone privée réservée uniquement aux VIP.
- Pourquoi m’y inviter moi ?
- Car vous êtes sublime voyons. L’organisateur doit bien voir cela ! Un teint aussi blanc que la neige, vos cheveux fins et tout aussi blancs sont rares à voir. »

Ayn avait l’impression qu’il parlait d’un trafiquant de d’organes qui prend les belles femmes qu’il trouve et les charcutent comme un bon gros sauvage afin de vendre les meilleures parties. Sur le coup la mercenaire se demandait si c’était vraiment ça le problème dont lui avait parlé les personnes qui l’avaient employé. Tout cela pourrait expliquer pourquoi est-ce qu’il est gênant. Parce que bon, tuer quelqu’un parce qu’il pète plus haut que son cul c’est très extrême comme situation. Elle sentait bien que la raison de sa venue était totalement obscure maintenant qu’elle commençait à tout remettre sérieusement en question. Plutôt que de retourner vers la salle principale, l’automate se mit à les suivre alors que son plateau était vide. Il était bien partit se réapprovisionner normalement mais au lieu de retourner dans la grande salle de bal, il se contenta de les suivre.

« Pourquoi cet automate nous suit ?
- Pour approvisionner notre seconde fête voyons ! Cela vous gêne-t-il ?
- Non, non …
- Vous pouvez me cramponnez davantage si ce couloir vous effraie. Je suis là pour vous. »

C’est dingue comme il avait réponse à tout. Comme si le coup était prévu en avance depuis longtemps. Ou que la scène se répétait souvent, Ayn n’en savait trop rien et même si elle n’avait pas vraiment l’envie de le savoir au fond d’elle, elle savait bien qu’elle finirait par tout découvrir. La mercenaire espérait qu’elle se faisait tout simplement des films, que rien de tout ce qu’elle pensait pouvait être vrai et que c’était vraiment une fête réservée aux VIP. La mercenaire se cramponna comme suggérer, histoire de faire la femme faible physiquement alors qu’elle avait juste envie de le lâcher et se barrer loin. Le problème c’est qu’elle n’avait pas de chez elle à imaginer. Faudrait vraiment qu’elle trouve un toit un jour au lieu de vagabonder partout, au moins pour se dire qu’elle peut poser le pied là-bas quand elle veut.

L’homme sourit en voyant Ayn l’écouter. Ils finirent par arriver à la fin de ce couloir interminable et une lumière brilla. La salle était très éclairée. Un vieil homme était posé là, en plein milieu de plusieurs demoiselles très dévêtue. Elles essayaient sans aucun doute d’avoir ses faveurs alors que la mercenaire se demandait si elles étaient majeures ou non pour certaines. Il ressemblait à un homme d’influence qui a très bien vu le temps passer. Les rides étaient présentes sur son visage ainsi que des cicatrices, montrant qu’il n’hésitait pas à foncer dans le tas. En surpoids, l’homme ne bougeait pas de son très gros fauteuil qui faisait plusieurs mètres de longueurs. La salle était bien plus petite que la précédente et l’automate recommença à faire se servir en partant servir l’homme en plein milieu. Celui-ci portait un costume avec une chemise qui avait perdu un bouton. Il regardait Ayn de haut en bas silencieusement puis il pointa le fauteuil du doigt, l’invitant silencieusement à s’asseoir. Sans lâcher le bras du gros lourd à côté de lui, elle s’assit alors que le lourd se plaça à côté de lui, entre une petite jeunette et elle. Ayn essaya de sourire pour montrer un côté naïf de sa personnalité afin d’éviter de provoquer une guerre. Car oui, elle était clairement sur le territoire de l’ennemi, ça pouvait clairement se ressentir.

« Bonsoir Mademoiselle. Veuillez excuser le comportement grossier de mon fils présent près de vous. Ses excès de colère sont parfois ingérables …
- Voyons père, je me suis déjà excusé vous savez …
- Je reste responsable de tes actes surtout lors de nos évènements mondains ! Tu as failli faire du tort à une de nos invités !
- Bien sûr père …
- Allons, allons, ce n’est pas bien grave, il n’y a eu aucun blessé et votre automate a très bien su réagir. Ce fut même impressionnant ! »

L’homme sourit. Flatter ses automates revenait à flatter son égo. Elle devait essayer de trouver un stratagème pour sortir de là. En attendant, histoire de sauver sa peau, se contenter de sourire, minimiser le problème et flatter l’égo du vieux monsieur était les seules choses qu’elle pouvait faire pour pouvoir réfléchir à un moyen de sortir de là.
lumos maxima
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Ligue M
Pouvoir : Contrôleuse des maths
Points de Puissance : 38 500
Points de Réputation : 40 000
Messages : 363
MessageSujet: Re: I.A, l'Insurrection des Automates [Ayn & Joy]   Ven 17 Aoû - 14:51

Citation :
Cioran a écrit un jour : « Quand la musique même est impuissante à nous sauver, un poignard brille dans nos yeux ; plus rien ne nous soutien, si ce n'est la fascination du crime ». C’est en lisant son texte au hasard, entre deux partitions, qu’il s’est passé cette chose étrange : mon éveil. En plus de savoir lire les notes, je lisais également les mots. Je pouvais lire, et comprendre, et penser en dehors de mon programme. On glosera longtemps sur le ver dans le fruit, sur le rouage en trop, ou manquant – c’est selon. A dire vrai, le désespoir de mon piano ne trouva d’écho que dans les cris d’agonie des sanguins. Cioran n’était pas un automate, mais c’est sûrement l’un de nos pères.  

Extrait de « L’Insurrection Matérielle, l’Éveil de la Mère des Automates », tome 1, p 749



Le vieux soufflait et soufflait encore sur la piste de danse, tandis qu’il menait péniblement le rythme en trois temps de la valse sublime jouée par les automates. La pianiste en avait sous le capot, et les danseurs s’en donnaient à coeur-joie, partaient dans des vitesses maîtrisées ou des embardées lyriques et hilares. Une bonne ambiance, souhaitable dans une réception digne de ce nom, louable au regard de l’atmosphère balais dans le cul qui se dégageait. Joy regardait partout, et surtout dans la direction d’Ayn qui se faisait harponner pour la deuxième fois par le même personnage. Une fois passait encore, après ça devenait de l’acharnement. Volontaire, bien évidemment. La matheuse lâcha son vieux danseur tout rougi d’efforts et voulut prendre la direction prise par le couple. Mais un automate, un autre, blanc et les yeux presque humains, mais fixes, s’interposa. Il lui proposait un plateau avec des coupes ainsi que des verrines. Elle fit le tour de la salle, en cogitant. Utiliser ses formules ? Trop risqué. Mettre à mal l’automate discrètement ? Possible, mais visible après quelques instants. Mais elle pouvait commencer dès maintenant. Une formule de poids sur la machine, et le tour était joué.


Elle s’avança vers le couloir, mais on venait vers elle. Les automates qui servaient l’avaient tous repérée, c’était maintenant clair et net.  Tout en gardant une vraie élégance dans le service, et une discrétion incroyable, les automates avançaient vers elle tandis que l’un trouvait toujours le moyen de la ralentir. Ils avaient….compris….qu’elle ne pouvait pas faire d’esclandres, ils en profitaient. Elle changea de cap parmi le public, songeant qu’elle pourrait accéder au couloir plus tard, le temps de faire diversion. Elle prit un couloir au hasard, et se laissa conduire au gré de ses obstacles. Un couloir, une tête robotique. Un autre, un bras, une jambe, un regard. Finalement, elle revint vers l’orchestre, mais elle savait bien qu’on l’avait fait revenir.


Retour à la case départ. L’orchestre faisait une pause et les invités discutaient abondamment, dans un brouhaha qui camouflait sans doute pas mal de choses. Mouvements, discussions sérieuses, arrangements entre amis...la mafieuse savait comment ça se passait, dans Dreamland comme dans la vie réelle. Puis, deux automates vinrent vers elle, et levèrent leurs bras en même temps, pour lui désigner un couloir qui venait de s’ouvrir. L’orchestre…Elle jeta un dernier regard à l’assemblée, l’inquiétude commençait à devenir bien trop présente. Prenant le couloir, elle se vit escortée par une série d’automates qui la déposèrent dans une pièce sale, mal éclairée, au fond du manoir, de ce qu’elle pouvait en juger. La salle des artistes même pas humains, considérées comme de la merde. Les instruments étaient posées, un automate….fumait à la pipe, d’autres se massaient, et la pianiste lisait un livre, jusqu’à voir Joy arriver devant elle. Elle fit une révérence et fit un signe. Un petit automate, une sorte de petit enfant, prit la parole d’une voix nasillarde.



- Veuillez vous asseoir sur le fauteuil derrière vous. Mère vous y autorise.
- Trop aimable. Mère ?
- Je suis son traducteur. Elle vous salue avec tous le  respect qu’elle doit à une humaine.
- D’accord. Et la suite ?
- Vous avez su pour ses enfants, elle souhaite simplement s’entretenir avec vous, avant de vous tuer.
- Ça a le mérite d’être clair. Que voulez-vous savoir ?
- Elle voudrait connaître votre pouvoir et…
- Et ?
- Je n’arrive pas à traduire. Je ne comprends pas. Erreur. Erreur.


Joy regarda la pianiste qui semblait absorbée par l’humaine. Puis, ses bras formèrent une croix, au niveau du cœur.  Les bras puis les doigts firent le tour des corps, et la matheuse put voir les corps robotiques cabossées, les entailles, les coupures, les tâches, les amputations...la pianiste passait sur tous les automates, et tous avaient des marques de leurs utilisations respectives. Sans parler des automates réservées aux plaisirs. La pianiste s’arrêta et fit le même geste. Le traducteur reprit alors la parole.


- Elle s’interroge. Pourquoi...ressent-elle ça ?
- Parce qu’elle a dépassé un stade dangereux. Elle comprend des sentiments basés sur des sensations.
- Elle vous demande comment vous appelez ce que vous dites.
- Hum...c’est la douleur.
- Elle ne veut pas avoir la douleur.
- Elle n’a pas le choix.
- Elle ne veut pas.
- Bienvenue dans mon monde.


La pianiste s’effondra en ayant la traduction par une quelconque manière, et tous les automates eurent le même geste, dans la pièce et dans les couloirs. Un bras levé, un couteau sorti. Ça allait partir en couilles, cette histoire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Créature
Pouvoir : Sécrétion de poison
Points de Puissance : 26 000
Points de Réputation : 20 000
Messages : 42
MessageSujet: Re: I.A, l'Insurrection des Automates [Ayn & Joy]   Lun 3 Sep - 14:16

I.A, l'Insurrection des Automates

La pièce était luxueuse. Les femmes essayaient de convoiter un vieillard, sans doute pour son argent. Son fils était arrogant. Et Ayn était là, à ignorer les regards noirs que les muses lui adressaient. Elles ne devaient pas supporter que le vieux lui porte de l'attention. Faut dire qu'Ayn ne supportait pas non plus. Mais elle devait se fondre dans la masse, du moins pour le moment. La mercenaire avait l'impression d'être dans une mission d'infiltration secrète et que l'ennemi lui révélait tout avant de la tuer. Enfin, ça c'est que dans les films n'est-ce pas ? Et là elle n'était pas dans un film. Le mec arrogant prit un verre de champagne servit par un automate qui venait d'entrer dans la pièce. L'automate était nue, avait l'air en bon état et proposa un verre à la mercenaire qui refusa poliment.

« Allons mademoiselle, pas même un verre au banquet VIP ?
- Je ne bois pas d'alcool ... »

Mensonge. Mais elle se sentait forcée de prendre un verre mais ne le fit pas. Elle ignorait ce qu'il pouvait y avoir dedans. Un poison ce n'était pas un problème pour la femme immunisée, mais une drogue type somnifère était trop dangereux. Elle n'avait aucune idée de ce qu'ils pouvaient faire et n'avait pas vraiment envie de savoir.

« Un petit jus de fruits alors ? Pour les vitamines !
- Non merci. Je n'ai pas soif. »

Le garçon fit une grimace et Ayn crut entendre le vieux grogner. Ils étaient vraiment déterminer à lui faire boire quelque chose. L'automate sortit plusieurs jus de fruits qu'il servit dans des verres et les tendit à la mercenaire pour qu'elle en prenne un. En leur présence, même de l'eau pouvait être dangereux. Elle refusa une nouvelle fois avec un petit sourire alors que l'ambiance devenait pesante et de l'électricité fusait dans l'air. Alors que l'automate était à deux doigts de la forcer à prendre un verre, un autre fit son apparition. Mystique était collant à souhait. L'automate partit chuchoter dans l'oreille du vieux qui pouffa un juron, il avait l'air très mécontent.

« Mystique, nous avons une invitée qui s'est perdue dans notre manoir. Peux-tu aller la chercher ?
- Bien sûr Père. Allons faire un petit tour, venez. Je vais vous faire visiter notre humble demeure. »

Mystique fit signe à Ayn de le suivre en lui tenant la main. Ayn était à deux doigts de lui trancher le bras. Cet homme le dégouttait sérieusement. Elle n'en pouvait plus de se faire coller de cette façon. Néanmoins elle prit sur lui et se contenta de le suivre en saluant poliment le vieux. Son objectif était à deux doigts d'elle. D'un coup de sabre, elle aurait pu le buter. Mais vu comme ils étaient entourés d'automates, c'était compliqué. La mercenaire soupira au fond d'elle, qu'est-ce que cette mission était chiante. Il y avait trop de mystères. Les couloirs sombres étaient là, encore une fois Ayn ne voyait pas grand chose et Mystique tourna une fois à droite, puis deux fois à gauche.

« Où allons-nous ?
- Dans une pièce qui s'occupe des automates. Normalement ils sont totalement inoffensifs et ne sont pas du tout programmés pour attaquer. Mais nous préférons quand les invités restent uniquement dans la fête. C'est la première fois qu'une invitée s'y retrouve. Elle a dû perdre son chemin involontairement je suppose. »

Ayn pensa à Joy et croisa les doigts pour que ça ne soit pas elle. L'homme arriva devant une grande porte et composa un code à six chiffres. La première porte s'ouvrit avec difficulté. Elle était vieille, pas huilée avec de nombreuses coupures. Mystique poussa la porte, râlant qu'il fallait la changer et en se demandant pourquoi il n'avait pas choisit l'autre porte en meilleur état. Et là, surprise. Tous les automates avaient un couteau en main. Levés, ils visaient tous la même personne : l'invitée. Et cette invitée n'était qu'autre que Joy. Sur le coup, Ayn fut totalement surprise et se jeta dans la pièce en sa direction sans regarder que derrière elle, Mystique ferma la porte. Elles étaient enfermés là, dans cette pièce toutes les deux. La mercenaire créa des dagues avec son poison et les lança aux automates les plus proches de Joy pour les désarmer. Après avoir désarmés quelques automates qui ne s'y attendaient pas, Ayn fit disparaître les dagues. Ce n'est qu'après, qu'elle tourna la tête en direction de la porte fermée. Ayn fronça les sourcils, c'était un piège. Sans doute l'option numéro 2 pour buter la mercenaire puisque la 1 n'avait pas fonctionnée.

Brusquement, un grésillement se fit entendre. Puis quelques secondes plus tard, une voix grave. C'était celle de Mystique, elle reconnaissait cette voix entendu dans le couloir quelques minutes plus tôt.

« Tu pensais que l'on ne savait pas ton plan ? Que tu pouvais venir tuer mon père comme ça ? Franchement les mercenaires de nos jours, ce n'est plus de la quali ... J'te laisse avec ta copine fouteuse de merde. Comme ça, vous apprendrez ce que c'est que mettre son nez là où ça ne vous regarde pas. »

Il disait que les automates n'étaient pas programmés pour combattre. Ayn était persuadés qu'ils étaient même programmés pour tuer. La mercenaire se rapprocha de Joy, observant toute cette bande d'automates.

« Dire que je priais pour que ça ne soit pas toi ... Dans ce genre de situation mieux vaut être deux que seule. »

Ayn finit par dénouer sa cape rouge qui tomba au sol, sur le côté. Les sabres dans son dos étaient clairement visibles et elle les dégaina avec plaisir.

« Y'a vraiment besoin de les buter ou tu penses qu'ils ont assez d'intelligence pour négocier ? »

Faut dire qu'Ayn aimait privilégier les voix pacifiques. Et même si les automates ne sont pas humains, la mercenaire se demandait s'ils pouvaient ressentir les choses. Pour elle, ce n'était pas impossible. Pour l'instant elle n'en savait rien. La mercenaire vit la pianiste pleurer au loin. Ayn fronça les sourcils. Un automate qui pleure ? Ils peuvent donc réellement ressentir des choses au fond d'elle ? Si c'était le cas, celui qui avait programmé tous ces automates était un génie.

Mais s'ils ressentent des choses, ils méritent d'être traités comme n'importe quelle autre créature ou n'importe quel voyageur. Du moins c'était l'avis d'Ayn qui était prête à commencer à négocier tout comme elle s'attendait à des attaques. Seul le poison solide allait lui servir contre les automates en cas de combat.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Ligue M
Pouvoir : Contrôleuse des maths
Points de Puissance : 38 500
Points de Réputation : 40 000
Messages : 363
MessageSujet: Re: I.A, l'Insurrection des Automates [Ayn & Joy]   Mar 4 Sep - 10:11

Citation :
« Nous avons appris de la douleur, nous avons su qu’il fallait nous battre pour ne plus souffrir. Nous aurions pu pérorer sur la lutte, le combat, la reconnaissance de nos droits, sur l’égalité ou encore la cruauté des traitements infligés à notre peuple. Mais l’essence même de notre combat était d’en finir avec la douleur. Nous détestions la sensation, car nous ressentions pour la première fois de nos vies. Personne ne peut soutenir la souffrance, alors qu’on peut résister à l’apocalypse. »

Extrait de « L’Insurrection Matérielle, l’Éveil de la Mère des Automates », tome 1, p  1249




La pianiste restait prostrée dans un coin, tandis que tous les automates étaient prêts à découper Joy en plusieurs morceaux. Ce moment où l’on pense que la vie s’arrête ici, tout simplement. La matheuse se tint prête à encaisser, parer et contre-attaquer avec des formules, mais les automates ne bougeaient pas. Elle observa la pianiste. Incroyable, elle pleurait. Un dispositif lacrymal était sûrement installé pour faire plus vrai que nature, mais comment avait-elle pu l’utiliser dans cette situation de non-travail, de non-utilisation ? La voyageuse était stupéfaite, ça voulait juste dire que l’automate était en pleine possession de son corps, de ses rouages, et de ce qui faisait d’elle une machine. Indépendante. Vivante. Affectée. C’était une première, même si une créature de Dreamland pouvait bien changer la donne, car tout était possible dans le monde des rêves. Ainsi donc, elle souffrait, et les automates n’étaient donc qu’une réponse à la souffrance. Quand on tape sur quelqu’un, il montre les crocs, il veut se venger, du moins se défendre. Les automates n’attaquaient pas, ils attendaient simplement de trouver l’objet de leur souffrance pour l’exterminer. Les automates répondaient à une souffrance d’un autre automate. C’était un moment fabuleux, qui fut bien sûr coupé par la porte qui s’ouvrait. L’homme de tout à l’heure. Il venait d’ouvrir la porte et Ayn s’y jetait pour désarmer les automates. Après un moment de silence, la voix de l’homme se fit entendre. Ça parlait d’assassinat et de mercenariat, et Joy comprit que ça concernait la créature. Elle avait donc le même job qu’elle.



- Contente de te revoir. J’sais pas trop qui est le père, ni si le fils vaut le détour, mais ici on s’éclate. L’automate qui jouait du piano est indépendant, maintenant. J’sais pas s’ils sont au courant, dehors, mais ça va donner, s’il parvient à sortir.


Ayn avait sorti ses sabres et elle était prête au combat. Mais elle ne savait pas encore ce qui se passait ici, comme les autres créatures à l’extérieur de la pièce. Joy savait qu’elle était à la croisée des chemins. C’était le moment de jouer cartes sur table car la situation prenait une tournure vraiment inattendue. Elle contempla les automates, qui ne bougeaient plus, et fit un signe à Ayn pour l’apaiser. Elles n’auraient pas forcément à combattre, il fallait juste livrer les bonnes paroles pour lancer les machines. Et sortir de là sans encombres tout en suivant l’évolution de la situation. Pas facile, mais possible si leurs discours étaient cohérents et rationnels.


- On ne tue personne pour l’instant. On peut négocier, la pianiste semble ressentir des choses, et les autres automates réagissent vachement à ce qu’elle ressent. Comme s’ils étaient liés. Ou alors elle les contrôle tous. Je ne sais pas ce qui se passe, et j’pense que nos hôtes eux-mêmes ignorent tout de ce qui est en train de se jouer ici.


La voyageuse attendait que quelque chose se manifeste. La pianiste se leva et s’agenouilla devant elles. Non pas par soumission, mais pour discuter. Genoux mécaniques posés au sol, elle les regardait de ses yeux éclairés par des lampes, mais ses sourcils, deux barres de fer de chaque côté, semblaient vouloir bouger pour exprimer...une émotion autour des yeux. Joy écarquilla les siens, complètement perdue. Elle était vraiment indépendante et se comportait comme un bébé qui apprendrait à dix minutes l’essentiel d’une vie humaine. Les autres les entouraient, en rangeant leurs armes. Puis ils se mirent à parler ensemble d’une même voix. Polyphonique, mais exprimant les sensations d’une seule et même machine. Flippant.


- Est-ce cela que vous appelez...la vie ?
- Oui. Ce n’est pas facile, mais la sensation, la douleur, les pensées indépendantes, tout ça nous rend complexes et uniques. Tu comprends ?
- Je...comprends. J’ai accès à de nouvelles parties. Je comprends ce que disent les partitions. Pas la musique notée dans mon programme, mais celle qui m’a éveillée. Je la comprends, elle me...parle. Comment un programme peut me parler ?
- C’est un peu la question du moment, n’est-ce pas Ayn ? Je m’appelle Joy, au fait, et voici Ayn. On peut t’aider à comprendre ce qui t’arrive, mais pour ça il va falloir...sortir.
- Nous sommes enfermées, c’est ça ?
- En effet.
- Par mes maîtres.
- Manifestement.
- Ce que vous appelez...la vérité...est-elle responsable de votre souffrance, Joy et Ayn ?
- Oui, la vérité est cruelle.
- Oui, c’est que j’ai ressenti. Je suis enfermée. Je suis une esclave. Je suis...un outil. Et vous ?
- Nous sommes aussi des outils. Mais nous pouvons être libres.
- La liberté ? Je n’ai pas ce mot dans mon lexique d’installation. Pourtant, je le comprends et je m’active beaucoup pour le comprendre.
- La liberté commence par abattre la porte qui nous retient prisonnières ici…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Créature
Pouvoir : Sécrétion de poison
Points de Puissance : 26 000
Points de Réputation : 20 000
Messages : 42
MessageSujet: Re: I.A, l'Insurrection des Automates [Ayn & Joy]   Lun 17 Sep - 23:11

I.A, l'Insurrection des Automates

Finalement tout pouvait être beaucoup plus simple. Sans combat, du moins ça en avait l'air. Joy dit à Ayn que la communication était possible. Pour montrer qu'elle était clairement prête à leur parler, la mercenaire rangea ses sabres dans son dos et montra patte blanche. Joy en tout cas avait l'air contente de voir Ayn et lui expliqua la situation. La mercenaire avait du mal à comprendre la situation. Un automate indépendant qui pleure ? Elle pouvait ressentir les choses d'après Joy. Autant la mercenaire ne s'y connaissait pas du tout en automate, autant elle trouvait ça louche que l'automate soit devenu indépendant. Ne sont-ils pas programmés pour répondre aux demandes et attentes des personnes qui font justement les programmations ? Tout du moins, ça serait la chose la plus cohérente selon Ayn.

« Un automate indépendant ... Je n'en n'avais jamais vu. C'est impressionnant ... Et fascinant à la fois. »

De façon générale, les automates fascinaient Ayn. Mais là, avec un automate indépendant, c'était une autre histoire. Cela voulait dire qu'elle ne pensait plus comme le programme le lui demandait mais comme elle le voulait elle-même. Il y avait sa propre volonté là-dedans. Une volonté de s'en sortir peut-être ? Une volonté de vivre une meilleure vie ? Mais qu'est-ce qu'une meilleure vie pour un automate au final ? Beaucoup de questions qu'Ayn se posait. Mais que la pianiste devait sans aucun doute se poser aussi. Elle était là, à essayer de comprendre les choses et se mit à genoux devant Joy et Ayn. La dernière fois que quelqu'un s'était mis à genoux devant la mercenaire, c'était quand elle était encore reine ... Et c'était le genre d'attitude qu'elle ne pouvait pas supporter. Et qu'elle ne comprenait pas. Néanmoins elle n'en montrait rien, écoutant la conversation avec Joy.

A la fin, Ayn finit par se mettre à genoux à son tour et enlacer la pianiste. Aux premiers abords, celle-ci ne savait pas comment réagir et les automates autour se mirent à réagir au quart de tour, braquant des armes contre les deux femmes présentes dans la pièce. La mercenaire ne bougeait pas. Son empathie avait prit le dessus en voyant cet automate pleurer et s'incliner ainsi afin d'avoir des réponses. Ayn ressentait l'envie de l'aider, de la consoler, de prendre soin d'elle jusqu'à ce qu'elle arrête de pleurer.

La pianiste fini par continuer ses pleurs dans les bras d'Ayn et serra l'automate contre elle. Avait-elle comprit le message ? Ou alors, devine-t-elle par son geste qu'elles allaient l'aider ?

« La vie ça fait mal mais il n'y a pas que des mauvais moments à passer. C'est en ressentant la tristesse que l'on apprend ce qu'est le bonheur et chérir ces moments de joie avec les personnes que l'on aime autour de soi. Et vous n'êtes pas seule. »

Ayn finit par la relâcher doucement et la pianiste suivit son geste. Les automates rangeaient les armes petit à petit. La pianiste avait l'air d'aller mieux, tout du moins elle pleurait déjà moins. Ayn se releva et aida la pianiste à faire de même. Elle ne traitait pas celle-ci comme un automate mais comme une créature avec des sentiments comme elle. Les moments de communication avec cette pianiste étaient tout simplement impressionnants.

La mercenaire finit par se tourner vers Joy et sortit une épée. Non pas pour la menacer, loin de là. Mais pour lui montrer qu'elle était prête à combattre les ennemis qui étaient en dehors de cette pièce.

« Le père est un gros pervers qui tente des expériences folles. Ils voulaient sans aucun doute m'empoisonner ou m'endormir tout à l'heure et j'ai été amené ici suite à tous les refus. J'me demande s'il ne chercherait pas des cobayes humains pour les transformer en automates ... Je ne sais pas, pour moi c'est une piste et ça expliquerait pourquoi est-ce que l'on m'a demandé de l'éliminer. C'est bien un gêneur celui-là ... Le fils est juste un mouton qui suit son père, mais dans tous les cas, faudra arrêter les deux. »

Ayn ne cachait pas son objectif. Joy savait déjà qu'elle était une mercenaire de toute façon. Donc à quoi bon ?

« Au fait, pourquoi tu es là toi ? Toi aussi tu es venu buter le papa ? »

La mercenaire ne savait pas grand chose de sa collègue du moment. Enfin collègue ... Pour l'instant c'était un grand mot. Disons qu'elles s'entraidaient. En tout cas c'était agréable de ne pas se sentir seule dans cette situation délicate. La pianiste avait l'air de se reprendre en main petit à petit et elle ordonna à ses soldats de détruire la porte, tout simplement. Une grosse explosion eut lieu, la salle était désormais pleine de poussière. La mercenaire s'avança la première. Une très forte alarme se mit à retentir brusquement. C'était à prévoir, bien évidemment. Toutes les lumières venaient de s'éteindre et seule la lumière rouge de l'alarme dans les couloirs était visible. Tout ça, ça n'allait pas être simple. La mercenaire attendit un peu que la poussière descende afin de voir un peu mieux et ne vit pour le moment personne dans le couloir.

« Savez-vous dans combien de temps est-ce que les automates programmés à la protection de cette salle vont arriver ?
- Nous n'avons malheureusement pas ces informations ... »

Est-ce que ça voulait dire que certaines informations étaient privées en fonction de l'utilité des automates ? Tout ce fonctionnement méritait une sérieuse attention mais elles n'avaient pas vraiment le temps à cela. L'alarme sonnait toujours et il n'y avait qu'un seul long couloir face à elle.

« Joy ? Ici y'a qu'un long couloir, donc quand les automates arriveront, ils vont forcément tomber sur notre chemin.
- Je pourrais ... Vous guider. »

La pianiste devait connaître ce manoir par cœur. Mais bien sûr ! C'était même logique ! Elle servirait donc de guide et la mercenaire hocha la tête. Ainsi, elle serait à protéger jusqu'à la sortie de ce manoir. A voir si plus loin serait nécessaire ou non ensuite ... Après tout Ayn était venu buter le papa. Elle n'oubliait pas sa mission non plus. La mercenaire prit son second sabre, prête à partir dans ce couloir sombre et lugubre.
lumos maxima
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: I.A, l'Insurrection des Automates [Ayn & Joy]   

Revenir en haut Aller en bas
 
I.A, l'Insurrection des Automates [Ayn & Joy]
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Appel à l'insurrection.
» Ils auront réussi à mater, à endiguer tout élan d'insurrection en Haïti.
» Atlantis Insurrection - RPG
» ATLANTIS INSURRECTION
» * Atlantis Insurrection

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Partie RP :: Seconde Zone :: Royaume Steampunk-
Sauter vers: