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 Ent ou ne pas ent ? Telle est la mission [Edgar & Joy]

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Ligue M
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MessageSujet: Ent ou ne pas ent ? Telle est la mission [Edgar & Joy]   Mar 6 Mar - 12:47

- Dantès ?
- Opérateur, j’ai fini ma mission. Quelle date pour la prochaine ?
- Dans 23 jours très exactement. Rendez-vous à Trampoli Parc, convocation de la Reine pour un entretien euh...comment tu as appelé ça ?
- De diplomatie de soie.
- Voilà !
- Pas de missions entre ?
- Non. C’est plutôt calme en ce moment tu sais.
- Parfait. Je coupe mon cellulaire. Prends des vacances et apporte de l’argent à ta mère.
- Roger !





Clic.

Elle rangea l’appareil dans son sac, et regarda le bilan de sa mission. Deux corps morts. Des voyageurs. L’homme s’appelait Nado, la jeune femme Leslie. Des voyageurs killers qui habitaient dans le coin pour tendre des embuscades faciles aux nouveaux voyageurs. Avec Kazinopolis pas loin, c’était un bon moyen pour se faire de l’essence de vie sans prendre trop de risques. Lui, il avait peur des ceintures, sans doute un gamin battu avec ; elle, elle avait peur de la paralysie, une maladie qui la rongeait progressivement dans le monde réel, et elle se défoulait dans le monde des rêves. Elle se vengeait de la vie qui la quittait pour prendre celle qui animait les innocents qui s’éveillaient dans Dreamland. Pauvre fille. Le problème avec leur business, c’est qu’ils avaient racketté une nuit le mauvais mec, à savoir un voyageur sous la protection d’un des tontons, et la mission était tombée. Joy avait attendu quelques jours pour les prendre en flag, et après un petit racket suivi d’un épisode de torture menant à la mort du voyageur malheureux, elle avait sorti les griffes. Elle avait formé un plan, en voyant les deux voyageurs se battre ensemble. Il fallait mettre de côté le gars aux ceintures, et la paralysie avait une limite de distance. Un tir bien placé, digne d’un bon sniper avait eu raison de l’homme, et elle demanda toutes les infos à Leslie, avant de la tuer. Savoir pourquoi, comment, et si elle méritait de mourir. Elle, oui, elle le méritait amplement, et Joy ne trembla pas. La pyramide heurta son front et creusa un trou immonde au centre de la tête. Affaire réglée. Elle laissa les deux corps au humus de la forêt, car les lieux finissaient toujours par gagner. Puis, après ce coup de fil, elle décida de prendre le temps pour vivre un peu dans la Forêt des Rêves, tout en indiquant qu’elle était encore en mission. Des vacances à l’œil, parfaitement.


Elle arrivait dans une ville au milieu de la Forêt des Rêves. Assez grande, pas mal peuplée, une ville enfoncée dans les profondeurs végétales du Royaume, qui avait donc en son enceinte surtout des créatures, des elfes, des fleurs de tous les genres, des buissons vivants, quelques rares voyageurs pacifiques et des vendeurs ambulants. La ville n’avait aucune réelle organisation précise, les gens se respectaient et ne demandaient rien d’autre que de vivre en paix et en cohésion avec la nature, loin des affaires de Dreamland. La Forêt des Rêves avait le don de retirer les gens à l’actualité, au monde lointain, pour les plonger dans autre chose. La méditation, le repos, le sommeil, la contemplation ou encore le silence. Joy en avait besoin, elle le sentait. C’est pourquoi elle alla tout naturellement vider quelques chopes de bière au romarin dans le bar le plus bruyant de la ville, où des troubadours chantaient et tapaient sur la table.







Elle se laissa divaguer et réfléchir doucement près des feux de cheminées contrôlés attentivement par les tenanciers, et écouta toute la soirée les chanteurs et les musiciens qui s’en donnaient à cœur joie. Puis, on lui déposa une nouvelle chope et l’elfe qui la servait montra un homme bien bâti et barbu, cheveux longs et luth électrique tenu fièrement. Une créature, à en juger par ses oreilles. Joy alla le remercier et fit remarquer qu’elle n’était pas intéressée, quand son regard se posa sur une fille du groupe, créature également, qui ressemblait à un de ces personnages d’un film bien connu, mais en albinos ou en bleu passé.




Mara'li:
 



- Salut, Joy, enchantée. Tu t’appelles ?
- Mara’li.
- Désolé de te poser la question de manière abrupte mais...quel âge as-tu ?
- Je suis plutôt jeune…
- Oh, la question te gêne, pardon.
- Je sais pourquoi tu la poses. Je suis une créature née d’une famille rêvée par les gens de votre monde. Ma famille est née de vos imaginaires, et moi...je suis née de ma famille mais ma peau blanche et mes yeux ont été vus par la chamane comme un signe de malheur.
- Je suis également un mauvais présage. Tu veux quelque chose ?
- Une chope de cervoise ?
- Parfait. Va t’asseoir, j’arrive.



Elle passa la nuit à discuter avec la créature avant de se réveiller. Puis elle revint le lendemain soir et prit une sorte de location payée contre quelques travaux, jusqu’à ce que Mara’li lui dise de venir habiter chez elle, avec tous les gens de la soirée dans une énorme cabane dans les bois qui avait plutôt tout d’une gigantesque villa construite autour d’un énorme arbre. Les nuits étaient douces et tranquilles, amusantes, un peu alcoolisées et sortirent totalement Joy de son rôle d’assassin de la mafia. La collocation était assez spacieuse pour que tout le monde ait une chambre ou un hamac ou une terrasse à lui, avec une vue sur la ville ou sur le ciel, sur les feuillages, dans un silence serein et apaisant au possible. Une nuit, alors que Joy s’amusait à créer des formes en faisant léviter ses billes de bois au-dessus de son hamac, Mara’li vint la rejoindre et elles dormirent ensemble. La situation ne choqua personne et elles prirent l’habitude de dormir ensemble, de passer du temps comme un couple platonique.


D’autres nuits étaient plus sportives car Mara’li lui apprenait à se déplacer plus rapidement sur les arbres, ou plutôt avec l’aide des arbres. Elles glissaient sur les immenses branches et apprenaient à réagir rapidement dans les feuillages immenses qui formaient des routes pour les initiés. Elle apprit également à reconnaître les plantes, les arbres, les changements de couleurs dans les feuillages, les feuilles tombantes, les maladies diverses qui menaçaient la nature et aussi à cartographier une forêt d’après des éléments précis et immuables. Ainsi elles se retrouvèrent auprès d’un lac pour prendre un bain dans de l’eau douce naturelle et transparente, et Mara’li lui fit découvrir l’extase selon les créatures comme elle, et Joy lui rendit la pareille version voyageuse. Le temps passait avec une vraie tendresse et une bienveillance que la voyageuse n’avait pas souvent rencontré dans Dreamland, et elle était impatiente chaque soir de retrouver la collocation et sa Mara’li. Jusqu’au fameux soir.



Tenue de la nuit:
 


De l’agitation régnait à l’arrivée de Joy, et Mara’li fonça d’un arbre vers le sol pour lui prendre la main et l’amener sur la grande place de la ville. Au centre de l’attention, deux Ents parlaient d’une réunion importante pour la forêt, et tout le monde les écoutait avec une attention extrême. Mara’li expliqua la situation à la voyageuse qui débarquait.



- Les Ents sont des arbres vivants, ce sont des sages qui se retrouvent une fois un peu quand ils veulent pour parler de la Forêt et du Royaume. Chez nous, nous avons deux Ents : FeuilleSarde, le mâle, est un vieil ami du Roi de la Forêt. Marro-Lierre, la femelle, se consacre au peuplement des espèces d’arbres disparues ou en danger. Ils vont partir et demandent une escorte pour les amener sans problèmes au Conseil des Ents...apparemment il y a eu des histoires et des attaques de Huorns, les arbres sauvages, ces derniers temps. Écoute, écoute, ils vont déclamer leur amour !






Citation :
L’ENT :

Lorsque le Printemps déroulera la feuille du hêtre et que la sève sera dans la branche,
Lorsque la lumière sera sur la rivière de la forêt sauvage et le vent sur le front ;
Lorsque le pas sera allongé, la respiration profonde et vif l’air de la montagne,
Reviens vers moi ! Reviens vers moi et dis que ma terre est belle !

L’ENT-FEMME :

Lorsque le Printemps sera venu sur le clos et les champs, et que le blé sera en herbe,
Lorsque la floraison, brillante neige, couvrira le verger ;
Lorsque l’averse et le Soleil sur la Terre de fragrance empliront l’air,
Je m’attarderai ici, et ne viendrai pas, car ma terre est belle.

L’ENT :

Lorsque l’Été s’étendra sur le monde, et que dans un midi d’or
Sous la voûte de feuilles endormies se dérouleront les rêves des arbres ;
Lorsque les salles de la forêt seront vertes et fraîches, et que le vent sera à l’ouest ;
Reviens vers moi ! Reviens vers moi et dis que ma terre est la meilleure !

L’ENT-FEMME :

Lorsque l’Été chauffera le fruit suspendu et de son ardeur brunira la baie ;
Lorsque la paille sera d’or et l’auricule blanche, et qu’à la ville arrivera la moisson ;
Lorsque le miel coulera et la pomme gonflera malgré le vent à l’ouest,
Je m’attarderai ici sous le Soleil, parce que ma terre est la meilleure.

L’ENT :

Lorsque viendra l’Hiver, l’Hiver sauvage qui tuera colline et forêt ;
Lorsque les arbres tomberont et que la nuit sans étoiles dévorera le jour sans soleil ;
Lorsque le vent sera à l’est mort, alors dans la cinglante pluie,
Je te chercherai et je t’appellerai ; je reviendrai vers toi !

L’ENT-FEMME :

Lorsque viendra l’Hiver et que les chants finiront ; lorsque les ténèbres tomberont enfin ;
Lorsque sera brisé le rameau stérile, et que seront passés la lumière et le labeur ;
Je te chercherai, et je t’attendrai, jusqu’à ce que nous nous rencontrions de nouveau ;
Ensemble nous prendrons la route sous la cinglante pluie !

L’ENT :

Ensembles nous prendrons la route qui mène jusqu’à l’Ouest,
Et au loin nous trouverons une terre où nos deux cœurs pourront avoir le repos.










Un silence accueillit les vers des deux arbres vivants. Ils contemplaient l’assemblée d’un regard doux tandis que leurs branches se balançaient comme une danse particulière dans les airs, sans jamais se croiser ni même aller dans le même sens. La matheuse était subjuguée par ces deux êtres venus d’un autre âge, et sa surprise amusa Mara’li, qui leva la main de Joy et la sienne.


- Que fais-tu ?
- Ils demandent des volontaires pour l’escorte. Nous sommes volontaires.
- Pourquoi ça ?
- Tu es voyageuse, je suis une créature. Ce voyage finira notre rencontre comme il se doit, ma belle mathématicienne...nous en finirons avec bienveillance et sérénité au conseil des Ents, après quoi tu seras libre, et je serai triste de toi.
- Et inversement.
- Les voyageurs n’ont pas de mémoire. Nous, nous avons les Ents. Ce sont comme des dieux, et aussi des âmes qui me comprennent.
- D’accord. Je suis d’accord pour t’accompagner.



Elle baissa la tête et au moment voulu, les deux femmes se dirigèrent avec les volontaires de l’escorte. Joy fit le tour des participants, et nota que des créatures, ainsi qu’un voyageur, assez grand et baraqué, plutôt calme lui aussi. Elle se dirigea vers lui pour prendre des informations, en faisant un clin d’œil à Mara’li qui la suivait un peu inquiète du regard en parlant avec des amis à elle qui avait rejoint eux aussi l’escorte.
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MessageSujet: Re: Ent ou ne pas ent ? Telle est la mission [Edgar & Joy]   Mer 11 Juil - 23:35

Edgar avait l'impression d'être infiniment petit. Appuyé contre le tronc d'un arbre bien plus épais que lui, il contemplait la cime des arbres et s'émerveillait de la verdure qui s'y trouvait. La forêt était si dense qu'un véritable labyrinthe de feuilles occultait la lumière du soleil. Mais il ne s'y sentait pas perdu, bien au contraire. Il avait trouvé sa place, dans cette immensité pour laquelle il n'était qu'une poussière.

Ici, les géants endormis n'avaient pas besoin de son aide. Le paysage invitait à la réflexion, et Edgar s'y plongea volontiers. Il n'était pas au courant que cette forêt abritait de nombreux dangers, dont des voyageurs killers. Mais même s'il l'avait su, il se serait posé car il était las. Il voulait rêver, pour une fois. Et puis, que risquait-il ? Mourir ? Il n'en reviendrait que plus fort.

Edgar avait besoin de cette soirée. Il avait pris conscience, au travers de ses récentes péripéties, qu'il était faible et parfois impuissant. Qu'il n'était qu'un Voyageur parmi tant d'autres. Et cela n'avait pas été facile à accepter. Il avait besoin d'être le grand frère, l'épaule sur laquelle les plus jeunes veulent se reposer. C'était le rôle qu'il s'était choisi et l'idéal vers lequel il tendait. Être le héros dont il lisait les aventures dans tous les romans d'heroïc fantasy et les mangas qu'il avait lus.  Celui qui se sacrifie pour les autres et qui sauve le monde, sans recevoir d'autre récompense que les larmes de ceux dont il était proche.

Mais pour cela, il fallait être puissant et expérimenté. Et il avait du mal à prendre son mal en patience. Son corps était le résultat d'une hygiène de vie et d'un investissement sportif rigoureux dans le monde réel, mais il ne lui était que peu utile dans le monde des rêves. Il devait repasser par la case départ et s'entraîner, comme tout le monde. Il avait du mal à ne pas trouver ça injuste, surtout quand des gringalets boutonneux font la une de certains DreamMags.

Cette soirée était donc importante. Le jeune Voyageur comptait faire le point sur ses expériences passées afin de décider du cap à suivre. Devait-il se contenter de ce qu'il avait déjà, de son statut de protecteur d'un royaume modeste mais où il faisait bon vivre ? Ne pas se comparer à la multitude d'individus puissants dont il avait croisé la route, car la vie n'était pas un gigantesque concours de bites ? Il se posait sincèrement la question.

- Musclé, mais un peu endormi. Voyageur ? Voyageur !

Sortant de sa rêverie, Edgar chercha l'origine de cette voix nasillarde mais masculine qu'il venait d'entendre. Elle semblait provenir du sol mais, mis-à-part un épais tapis de feuilles mortes plutôt rougeoyantes, il n'y avait rien à constater. Il se leva, se préparant à devoir se défendre ou fuir.

Un claquement de langue se fit entendre.

- Ah, grand ! C'est bien. Cela va plaire.

La créature fit un bruit plutôt étrange, qui évoquait davantage le bruissement du vent dans les feuilles mortes, en automne, qu'un quelconque rire.

Edgar était finalement parvenu à la localiser. Haute comme trois pommes, un long chapeau rouge lui mangeait la moitié du visage et semblait s'arrêter au niveau d'un nez plutôt long.

- Bonsoir, je suis étonné que vous arriviez à voir quoi que ce soit avec votre chapeau. Vous semblez chercher quelque chose ?

Un autre claquement de langue se fit entendre. La créature se rapprocha du Voyageur comme pour mieux l'inspecter, ses jambes traçant des sillons dans la marée de feuilles. Il était difficilement perceptible, avec ses vêtements simples aux couleurs automnales, et Edgar s'efforçait de ne pas le perdre de vue.

- Parleur ? Bien. Voyons maintenant s'il est également suiveur, lâcha la créature, avant de s'en aller d'un pas vif.

Edgar n'hésita pas longtemps. Si tout cela était un piège, il ne pouvait que s'incliner devant l'ingénuosité de ses créateurs. Sa curiosité avait été piquée au vif par ce personnage des plus singuliers et il s'efforça de ne pas le perdre dans cette forêt où tout semblait immense.

La tâche ne fut pas aisée mais son guide ne le laissait pas longtemps errer. Dès qu'Edgar le perdait de vue, le petit bonhomme revenait sur ses pas et soufflait de manière bruyante, avant de lâcher un "Suiveur n'est pas qui veut ! " ou un "Suiveur médiocre, mais ça fera l'affaire"  bien senti.

Ils finirent par arriver en vue d'une ville, qui avait réussi l'exploit de ne pas donner l'impression de gangréner la forêt. Les rues étaient parcourues du même sol qu'il avait foulé, les arbres y poussaient librement et les habitations semblaient avoir été construites de manière à ce que l'ensemble soit harmonieux. Certains arbres appuyaient même leurs membres tordus contre de splendides façades aux couleurs estivales, comme pour se reposer.

Le silence sylvestre avait toutefois était remplacé par les mélodies et les chants de la population, qui semblait très cosmopolite bien que dominée par des êtres plutôt elfiques. Certains musiciens invitèrent Edgar à les rejoindre et le jeune homme fut étonné de leur hospitalité.

Son guide ne semblait pas pour le moins ému. Gesticulant des bras et des jambes, il donnait l'impression de vouloir chasser les elfes comme s'il s'agissait de mouches. Au vu de la différence de taille, le rendu était plutôt cocasse et les elfes s'écartaient davantage par courtoisie que par réelle nécessité.

-  Hop, hop, hop ! Houste, messire elfes ! Allez ravir des oreilles moins pressées que les nôtres !

- Désolé, je reviendrais vous écouter avec plaisir, s'excusa Edgar, un sourire sincère sur le visage.

Un elfe tira la langue à la petite créature, tandis qu'un autre leva une chope d'un liquide ambrée en direction du jeune homme.

- Pas de soucis, Voyageur. Si tu es venu ici en quête de repos, je crains que tu te sois égaré. Le lutin qui t'amène s'appelle Pressé, il n'est pas très aimé par ici.
- En plus, il t'amène du côté de la grande place. C'est bien pour ceux d'entre-nous en manque d'aventure mais ils trouveront bien assez de volontaires pour qu'on puisse continuer à chiller ! fit un autre elfe, qui avait du gel dans les cheveux et des lunettes de soleil.

- Lent... Lent.... Lent ! Du nerf ! Musclé, grand, suiveur mais lent... Espérons que ça fasse l'affaire !

Edgar hésita à abandonner le lutin grincheux pour des hôtes plus hospitaliers mais sa curiosité l'emporta. Il salua les elfes de la main et se laisse pousser par la créature, qui avait trouvé judicieux de se mettre derrière lui et d'appuyer ses petites mains sur ses mollets.

Ils finirent par arriver dans ce qui semblait être le centre de la ville, une sorte de grande place où une grande foule entourait respectueusement deux immenses arbres plutôt étranges. En effet, leurs racines étaient apparentes, comme s'il n'avaient pas poussé ici. Un orateur déclamait des vers d'une voix de baryton, mais Edgar ne parvenait pas à voir où il se trouvait. Il mit une bonne dizaine de vers avant de réaliser qu'il s'agissait de l'arbre lui-même, et que les géants feuillus étaient capables de se mouvoir.

- Ent. Gigantesque, sage, fort. Mais le vrai sage n'utilise pas la force, chuchota Pressé.

Il semblait plus apaisé, même si sa jambe droite tremblait comme s'il avait une envie pressante. Edgar retrouvait également la sensation de plénitude qu'il avait éprouvé lorsqu'il était seul, à observer la cime des arbres. Les mots résonnaient en lui et l'enveloppaient de leur chaleur. Il s'agissait d'un amour séculaire, peut-être même millénaire, que se déclamaient deux êtres de sève. C'était difficilement compréhensible mais étrangement beau.

Tout comme le visage de celle qui s'approcha plus tard d'Edgar et qui le sorta de sa léthargie.

- Ah, euh... Comment puis-je... pardonnez moi ? Euh, je me suis un peu embrouillé les pinceaux. Euh, emmêlé.

Le regard de la jeune femme, qui était également Voyageuse d'après l'arrondi de ses oreilles, faisait perdre ses moyens au jeune homme. Il eut presque envie d'abandonner et de fuir à toutes jambes, tandis que ses joues devenaient aussi rouges que le chapeau de son accompagnateur.

- Musclé, un peu endormi, grand, suiveur, lent, parleur mais timide, cela vous convient-il ? Je me présente, je suis Pressé le lutin, coursier, conseiller conjugual et Cupidon à ses heures perdues. Ce jeune homme avait l'air de se languir d'une présence féminine, j'espère qu'il vous conviendra. Si ce n'est pas le cas, dites-le moi rapidement, que je l'amène devant une autre femme. Ou même un autre homme. Allez, hop, hop, hop ! L'amour n'attend pas.

Edgar tomba de très haut, ayant cru que le lutin le prédestinait à une sorte de quête. Et cela lui fit bien mal. Il préféra s'éloigner de la jeune femme afin de préserver un semblant de dignité et acheva sa nuit en compagnie des elfes.

FIN

[HRP : Avortement réussi Smile ]
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