Bienvenue

Liens utiles

Effectifs

Ligue B : 15 membres
Ligue M : 7 membres
Ligue S : 0 membre
Créatures : 10 membres
Inclassables : 0 membre
Seigneur cauchemar : 1 membre
Rois des rêves : 0 membre

Top-Sites & Discord


Membres du mois

Kid
Profil
Top voteur
Léo
Profil
Supernova
Code par MV/Shoki - Never Utopia



 

Partagez | 
 

 Intrigues de Ruche [Joy et Blanche]

Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
avatar
Ligue B
Pouvoir : Invocatrice de dards
Points de Puissance : 15 300
Points de Réputation : 11 900
Messages : 122
MessageSujet: Intrigues de Ruche [Joy et Blanche]   Lun 5 Fév - 12:16

Las Vegas aux Etats-Unis, c’est vachement atypique comme ville en fait. Quand on est dedans, la vie bat son plein, tout est coloré, la ville ne dort jamais et ne s’éteint jamais non plus. Il y a bien des quartiers d’habitations plus simples, mais ce que l’on nous montre au cinéma c’est rarement cette partie-là. Enfin, tout ça pour dire que ce qui est intéressant c’est que dès que l’on sort de la ville, on se retrouve dans le désert. Fini les lumières, le bruit, la fiesta, juste le sable et le désert à perte de vue.

En entrant dans Maskaria c’est exactement à Las Vegas que Blanche pensa, mais avec une forêt au lieu d’un désert. En approchant de l’entrée de la ville, la voyageuse avait été attirée par la musique, et les cris de joie de ceux qui semblaient festoyer au cœur de la cité. Une fête ? Blanche en serait de la partie, elle allait passer la nuit à se détendre en tout cas !

Alors qu’elle approcha de l’entrée, un homme portant un simple masque vénitien noir et doré l’arrêta. Son collègue, habillé exactement de la même façon, le rejoint, et tous deux se mirent à regarder l’invocatrice, bien confuse par ce qui était en train de se passer.

« Alors mademoiselle. » Commença l’un des deux hommes masqués, « On vient au grand festival de Maskaria ? »

« Au quoi ? » Demanda Blanche en penchant la tête sur le côté, « C’est le nom de la fête ? »

« Vous n’êtes pas du coin, vous. » Renchérit l’autre homme, « Aujourd’hui, c’est le jour du Grand Festival de Maskaria, et demain, on fête le lendemain du Grand Festival de Maskaria, et dans une semaine, on fête l’anniversaire d’une semaine du grand festival de Maskaria. C’est bizarre que vous ne soyez pas au courant, vu que vous êtes déjà toute habillée pour pourtant ! »

L’invocatrice ne comprit pas immédiatement, puis en regardant dans son dos elle comprit. Sa petite robe, ses antennes et ses ailes factices, ces hommes devaient probablement penser que c’était un déguisement. Quand même, cette robe était très jolie, ce n’était en rien un déguisement que l’on trouve à la Foire-Fouille pour 5 euros quand même !

La jeune femme n’eut même pas le temps d’en placer une, que les gardes se poussèrent et lui ouvrirent la porte de la cité :

« Bon festival, mademoiselle, il n’y a qu’une seule règle : faire la fête ici ! Oh, et surtout, pensez à prendre un masque, c’est plus amusant de participer au Grand Festival avec un masque ! Et c’est presque obligatoire, même ! »

L’invocatrice ne chercha pas à comprendre plus que ça et entra dans la grande cité.

Elle avait bien du mal à se déplacer dans les rues de la ville, tant les voyageurs et créatures qui étaient venus étaient nombreux. Tous faisaient la fête, certains étaient bien éméchés, et reprenaient en chantant (faux) cette chanson du Bossu de Notre-Dame, « Charivari ». D’autres plus sérieux, se contentaient de parler tout en appréciant la fête. Il y avait des tas d’animations, jongleurs, cracheurs de feu, acrobates, tant que Blanche ne savait plus où donner de la tête.

Elle trouva bien vite un marchand de masque qui lui fournit l’accessoire tant désiré. Enfin, marchand étant un bien grand mot, car il lui donna un masque assorti à sa robe colorée sans demander rien en retour. Charmant ! Maintenant, Blanche était enfin prête pour profiter de la fête !

S’enfonçant dans la foule en délire (ne disparaissant pas vraiment, faut pas déconner, avec une robe comme ça, on ne disparaît pas. Dans une foule), Blanche était bien déterminer à profiter du Grand Festival !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Ligue M
Pouvoir : Contrôleuse des maths
Points de Puissance : 33 600
Points de Réputation : 28 200
Messages : 238
MessageSujet: Re: Intrigues de Ruche [Joy et Blanche]   Lun 5 Fév - 13:13

- Opérateur ?
- Oui, tu es sûre de vouloir faire ça Dantès ? Le groupe que tu cherches est très mal vu dans la Famille et…
- C’est pourquoi personne ne sera au courant. Pas même toi.
- Quoi ? Tu ne vas pas…
- Si. On coupe nos communications pour cette nuit. Désolé Opérateur, y’a des choses que je dois maintenant faire seule.
- J...




Clic.
L’eau fraîche coulait entre ses doigts libérés de l’étreinte du gant de velours vert émeraude. Elle jeta le téléphone au loin dans le fleuve, par précaution. La gondole sur laquelle elle se trouvait filait sur les canaux de Maskaria, entre des bateaux pressés, ceux chargés de tonneaux, de victuailles, de bougies, de feux d’artifices, et tout ce qui servait à faire la fête selon les règles des lieux. Le gondolier, une créature habillée d’un pantalon bouffant, d’un chapeau tyrolien, d’un masque de loup rouge sang et d’une chemise en fouillis, lui demanda ce qu’elle désirait comme musique. Il pouvait chanter, mais avec un MP3 relié à Muzikland et une enceinte mélomane, les bateliers savaient désormais ouvrir leur gamme de musiques de navigation. Elle demanda une chanson de gondolier jouée au piano, de Felix Mendelssohn.










Cet air avait le don de l’émouvoir au dernier degré. Il parlait son langage, la chute, les remontées, les bonheurs simples, la répétition, la douleur dans l’élégance, et le ton toujours un peu au fond des gouffres d’ombre, quand on ne remonte jamais tout à fait correctement des démons intérieurs qui nous brûlent entièrement. Le frétillement terrible du piano et les reprises la plongeaient dans l’eau du royaume, noyée, suffocante de tristesse, empoignée par l’absurdité de sa condition de voyageuse. Puis le calme, l’apaisement après les intensités magnifiques, d’une douceur absolue. Le calme avant la tempête, le piano avant l’hystérie. Elle entendait ici et là les musiques festives qui hantaient les rues, les places de Maskaria. Les cris de joie, les bagarres entre gens ivres, les expulsions de bonheur qui venaient de partout et contaminaient tout le monde. La musique prenait une intensité dramatique et observatrice, dans la contemplation de ce monde qui s’amuse d’un rien et qui ne souhaite rien d’autre que cela : le divertissement. Ce royaume correspondait avec cruauté à la nature humaine, qui ne voit rien d’autre que l’amusement, l’oubli de soi dans le déguisement, l’oubli de sa personnalité, l’oubli d’une empreinte et aussi...le secret des autres. On se disait plus de choses qu’à l’accoutumée, ici ; forcément.


Elle arrivait enfin à destination. Un groupe de carnaval déguisé selon l’ancienne mode vénitienne. Elle était là pour une raison bien précise, ce groupe qui ressortait les antiquités d’une époque révolue l’intéressait au plus haut point. Question d’intrigues, d’histoires et de manigances à venir bien sûr, la fête était la partie immergée de l’iceberg, car quoi de mieux, pour se cacher qu’un endroit faits de superficialité et de costumes sublimes ?

D’ailleurs, Joy avait opté pour un costume vénitien qui lui avait coûté une petite fortune. Si tout était gratuit dans la ville, les tailleurs spécialisés capables de vous réaliser un chef d’œuvre demandait quand même de quoi vivre et faire vivre les petites couturières qui réalisaient de véritables œuvres d’art de couture. Mais le maquillage, le masque et la plupart des vêtements étaient gratuits, pour faciliter la fête continue.




Costume de Joy pour la nuit:
 




Elle portait du vert et or, un peu de bleu roi dans des fleurs de soie, un chapeau tressé magnifique, des voiles, des dentelles un peu partout, des froufrous décoratifs qui venaient augmenter le port du visage et le maintien du poitrail. Son masque avait été peint aux mêmes couleurs que la robe, et le maquillage d’ocre, de cuivre aux pointes argentées donnait le regard puissant, vif, alerte, encore plus perçant que d’habitude, dans un jeu de réponses et d’échos colorés à sa robe. Elle posa le pied sur le quai pour rejoindre le groupe, et des fêtards vinrent pour trinquer avec elle et lui offrir un verre, qu’elle accepta et qu’elle bût avec eux de bonne grâce. Son rouge à lèvres était d’un vert profond, foncé et surtout il résisterait à tous les liquides possibles.


Le défilé du carnaval allait bon train, et se dirigeait vers une place d’anciens costumes, avant de rejoindre la fête de la Grande Place pour ensuite se retrouver dans les salles tout autour, des chambres d’hôtels, des salons de réception, la place publique, les bateaux privatifs. En fait, Joy comprit que la fête était partout mais pouvait avoir lieu dans tous les espaces de la ville, qui étaient à la fois ouverts à tous mais cloisonnés le moment venu, pour s’amuser différemment, entre soi ou bien en couple ou à plusieurs. Elle entra dans le défilé au milieu des costumes, marcha un peu et croisa le regard puissant de ce qui devait être une femme costumée de noir. Elle lui fit un clin d’oeil et avança, une bonne dizaine de costumés sur les talons qui la suivaient.




Masque de l'inconnue:
 



Joy se pencha vers l’oreille du costumé à côté d’elle, intrigué par ce remue-ménage. Le costumé était une jeune fille déguisée en abeille, portant un masque aux couleurs bien reconnaissables. Une jeune voyageuse, peut-être des insectes du coup ? La foule était compacte et entamait un chant que Joy reconnût en soupirant avec de poser sa question.



- Pourquoi doit-on subir les musiques humaines même ici...Ahem, pardon, tu saurais par hasard qui est la personne avec le masque qui vient de passer ? Elle est importante ou quoi ?



La musique pulsait et seuls les costumes anciens ne partaient pas dans tous les sens pour danser et se trémousser, même si certains battaient des mains ou sautillaient jusqu'à prendre des risques avec leurs robes. La place était en vue, et Maskaria battait le pavé de milliers d'âmes en fête. C'était quand même énorme comme truc, fallait le reconnaître !






- WOOOOUUUUH ! LA LA LALA LA LA LALAAAAAAAAA !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Ligue B
Pouvoir : Invocatrice de dards
Points de Puissance : 15 300
Points de Réputation : 11 900
Messages : 122
MessageSujet: Re: Intrigues de Ruche [Joy et Blanche]   Lun 5 Fév - 14:40

En pénétrant dans Maskaria, et en voyant les quelques voyageurs chanter, Blanche avait pensé qu’elle participerait à une fête du style boîte de nuit en plein air, avec de la musique techno. En gros les gros évènements qui sont fait au moment du carnaval, et qu’elle voyait défiler souvent sur Facebook. Une techno-parade sur fond de décor italien, en vrai. Mais il n’en était rien, en fait.

Si elle devait décrire la fête dans laquelle elle se trouvait, Blanche dirait qu’elle était remontée loin dans le temps, et qu’elle se trouvait dans le passé, en pleine Italie du Moyen-Âge. Sa petite robe d’abeille faisait bien fade et simple à côté de certains costumes, riches en froufrous et en tissus. En y pensant, Blanche n’avait vraiment vu de tels costumes que sur des images qu’elle avait trouvées en traînant sur internet, ou bien sur des magazines, mais jamais en vrai ! Cela intimidait presque l’invocatrice, qui n’avait jamais côtoyé des costumes aussi bien taillés.

Et que dire des masques donc ! La jeune femme eu une pensée pour tous les phobiques des masques du monde. S’ils voulaient être confrontés à leur plus grande peur, alors ce festival et même ce lieu était l’endroit rêvé ! Personne n’avait ses yeux visibles, tous caché par un masque, du moins pour la nuit. Certains même ne laissaient entrevoir que les yeux de son porteur, cachant toute expression que ce dernier pourrait avoir, ce qui était aussi intimidant, mais pour une autre raison que les costumes. Alors que les fabriques impressionnaient la jeune femme par leur couture et leur grandeur, les masques couvrant la totalité du visage intimidaient plutôt Blanche. Qui sait ce qui se cachait derrière ? Qu’est-ce que l’on pouvait bien comploter ? La seule chose que l’on pouvait déchiffrer, c’était les yeux du porteur, les reflets de l’âme de quelqu’un à ce que l’on dit. Mais au final, est ce que cette vision était rassurante ? Simplement voir des iris nous regarder, sans pouvoir en déchiffrer l’expression ?

Masque de Blanche:
 

Quant à Blanche, elle avait choisi un masque plutôt simple, qui cachait uniquement le haut de son visage. Accordé à sa robe, le masque était dorée, couverts de fins fils noirs, qui, tissés ainsi, donnait l’impression que l’on pouvait apercevoir des petites alvéoles dans l’or de l’accessoire. Ajouté à cela qu’aux extrémités du masque étaient tissés un très joli tissu noir, la jeune invocatrice avant craqué pour le masque, le trouvant très bien assorti au reste de sa garde-robe.

Elle avait finalement décidé de suivre le défilé du carnaval, qui était après tout, l’élément le plus important de tout le festival. Elle n’allait pour rien au monde rater ça. Louper le défilé, c’était louper le festival, après tout. Se frayant un chemin parmi les grandes robes, les costumes plus simplistes et les masques plus ou moins impressionnants, Blanche commença à suivre le mouvement du carnaval.

Si l’invocatrice avait oubliée qu’elle n’avait pas voyagé dans le temps, on se chargea de lui rappeler très vite, alors qu’une musique qu’elle avait entendu un grand nombre de fois arriva à ses oreilles, accompagné très vite du chant de plusieurs voyageurs qui la connaissait que trop bien. Blanche, qui n’avait pas vraiment le don d’écouter les paroles de ce genre de chansons, se contenta de se trémousser en rythme de la musique et des chants, lorsqu’elle entendit qu’on s’adressait à elle.

Tournant la tête pour faire face à son interlocuteur, la jeune femme écarquilla les yeux et ouvrit sa bouche en O, ne cachant absolument pas son étonnement et son admiration pour la personne venant de lui adresser la parole.

Le masque ne laissait apercevoir que ses yeux, et Blanche vit qu’ils étaient plutôt différents que ceux des autres fêtards qu’elle avait pu voir. Et la robe, que dire de la robe ! Magnifique, avait pensé la jeune femme, et elle aurait souhaité avoir la même, mais dans les couleurs de sa robe jaune poussin.

Sortant de ses pensées, Blanche se concentra de nouveau et focalisa son attention sur la question qu’on lui posait, faisant fît de la remarque sur la musique. Blanche ne la trouvait pas si désagréable que ça, et du moment qu’on pouvait danser dessus, ça lui suffisait. Concernant la seconde partie de la question, l’invocatrice suivit le regarde de son interlocutrice et fit la moue, plissant des yeux pour voir si elle lui disait quelque chose.

« Oh, ben ça ne me dit rien. » Dit-elle en se frottant la nuque et en ricanant, « Mais vous savez, on ne peut pas vraiment reconnaître quelqu’un qui a un masque où on ne voit pas le visage. Ou alors difficilement. »

Elle se doutait bien que ça n’était pas la réponse attendu et, dans un élan de bonté, la jeune femme sourit.

« Vous savez quoi, on a qu’à la rattraper et aller voir qui c’est, si vous ça vous tient vraiment à cœur, non ? Si on joue des coudes, alors on pourra passer sans aucuns problèmes et la rejoindre en moins de deux ! »

A ces mots, Blanche commença à se frayer un chemin dans la foule, vérifiant au passage que la femme qui lui avait adressée la parole la suive bien. Retournant son regard sur la « cible » qu’elles devaient rejoindre, elle sourit :

« En tout cas, elle a l’air d’avoir des admirateurs, non ? Regarder tous les costumes qui la suivent… Et on ne dirait pas des fêtards au hasard dans une foule, ils la suivent comme des toutous ! »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Ligue M
Pouvoir : Contrôleuse des maths
Points de Puissance : 33 600
Points de Réputation : 28 200
Messages : 238
MessageSujet: Re: Intrigues de Ruche [Joy et Blanche]   Lun 5 Fév - 15:29

La voyageuse qu’elle avait interpellée semblait un peu perdue, mais profitant quand même de la fête comme elle. Un joli masque doré et noir couvrait une partie de son visage et faisait office de vêtement de soirée pour la grande fête, ce qui suffisait amplement quand on faisait le tour des gens présents autour d’elles. Une fille, plus facilement reconnaissable, qui pourrait l’aider à attendre son but. Une fois la première surprise passée car elle semblait surprise par la tenue de Joy, qui était pourtant dans le ton du carnaval. Mais l’apparition soudaine des motifs, des couleurs, des agencements et des choix de dentelles pouvait toujours créer une petite surprise. C’était l’un des buts plus discrets. La voyageuse eut une remarque pertinente sur la complexité de deviner une identité juste à partir d’un masque et d’un costume...mais la matheuse sentait surtout qu’elle se devait de la connaître, ce qui était compliqué à expliquer.


- Oui, forcément, mais il y a des regards qui ne s’oublient pas forcément.


La voyageuse proposa de rattraper la femme masquée suivie de son cortège d’admirateurs, et la matheuse acquiesça derrière son masque. En voilà une bonne initiative ! Oui, ça lui tenait fortement à cœur car elle croyait reconnaître ce regard parmi la foule, ce qui était peu banal. La voyageuse noire et or commença à jouer des coudes pour pouvoir passer, mais la foule, le peuple, avec les costumes en plus, tout rendait l’avancée aussi compliquée que remonter le courant d’un fleuve déchaîné. Joy se tenait derrière et laissait faire sa nouvelle amie, bien que l’envie de mettre quelques formules la démangeait au plus haut point. Pas ce soir. Pas maintenant. Elle pouvait aussi se faire reconnaître par les quelques individus qu’on lui avait dit d’éviter, et toujours présents dans le Royaume et surtout dans ce genre de fiesta.


Son guide continuait de lui causer parmi la marche vers la cible. Plutôt agréable, et attentive, elle faisait une bonne compagnie dans cette situation. Joy tenta de nouer un semblant de conversation en lançant sa parole au niveau de l’épaule de la voyageuse, par politesse. La femme au-devant d’elles était encore un peu loin, la discussion irait sur les fondamentaux.



- Dis-moi, c’est pas commun de trouver une voyageuse prête à aider...une créature qu’elle ne connaît pas. Comment tu t’appelles, c’est rare de croiser des voyageurs dévoués comme ça. Surtout à Maskaria en fête.


Oui, elle avait sciemment menti en se faisant passer pour une créature. Pour se protéger, pour la protéger, et aussi parce que les murs, les costumes et les foules ont toujours leurs oreilles quelque part, prêtes à balancer la moindre information qui leur serait profitable. Joy connaissait un peu les pratiques pour savoir qu’il vaudrait mieux avancer...totalement masquée.


- Je viens de Kazinopolis, et toi ?


Elles arrivaient au niveau des admirateurs de la cible masquée. La matheuse poussait vers l’arrière les admirateurs mais ceux-ci se débattaient l’air de rien tandis que la musique se renforçait en changeant de morceau. D’un coup, la foule devient foule et se mit à chanter en sautant partout, cette fois au risque de casser les costumes et tout le faste de l’ancienne Venise.





Un des admirateurs, qu’elle tenait pas un pan du costume, se retourna et la prit à la gorge.



- Arrêtez un peu de me ralentir ! Je dois être au plus près de Mademoiselle ! Je vous reprends encore une fois vous goûterez au poignard que je porte dans ma poche !
- Mademoiselle ? De quoi tu parles ?
- Dégage ! Va picoler avec les autres mais laisse les vrais tranquilles !



Elle jeta un regard médusé à la voyageuse, tandis que l’admirateur – il avait une voix d’homme – retournait avec le groupe de suiveurs. Mademoiselle...ça ne lui disait rien, mais en slalomant entre les fêtards il fallait poursuivre. Elle vit le cortège de la Mademoiselle se diriger vers une sorte d’énorme steamer américain, les bateaux du 19e siècle, mais décoré à la façon de Venise bien sûr. Le bateau fonctionnait encore avec une roue à aubes, ce qui était une belle antiquité complètement improbable dans Dreamland. Une fête se tenait sur le toit du navire et des gens en costumes vénitiens suivaient la fête depuis les arcades



Spoiler:
 



- Là ! Elle va là-bas ! On essaie d’y rentrer ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Ligue B
Pouvoir : Invocatrice de dards
Points de Puissance : 15 300
Points de Réputation : 11 900
Messages : 122
MessageSujet: Re: Intrigues de Ruche [Joy et Blanche]   Lun 5 Fév - 18:06

Et bien dis donc ! Ce n’était pas si simple que ça en fait, de se frayer un chemin dans la foule en délire, surtout que Blanche était loin d’avoir la carrure d’un rugbyman, elle ne pouvait pas foncer dans le tas et pousser tous les fêtards, et elle n’était pas une célébrité importante, qui aurait des gardes du corps qui se chargeraient à sa place se pousser les gens sur son chemin, lui créant un passage où elle pourrait se glisser sans encombres. Mais non, Blanche était simplement Blanche, une petite voyageuse de la ligue B, elle n’était pas ultra connue, ni une grande sportive ultra-musclée, donc elle se débrouillait à la force de sa volonté et de ses bras pour essayer de rejoindre le cortège de la figure costumée qui intriguait autant sa compagne de voyage.

En parlant d’elle d’ailleurs, Blanche entendit sa voix s’adresser à elle derrière son épaule, lui demandant son nom, mais aussi et surtout, pourquoi elle avait accepter de l’aider, elle qui pour Blanche était une parfaite inconnue. L’invocatrice sourit et tout en continuant de jouer des coudes, tourna un peu sa tête avec un grand sourire.

« Il y a si peu de gens qui rendent service, que ça soit à Dreamland ou dans le monde réel. Enfin, par mon réel, je veux dire, mon monde réel. » Se corrigea-t-elle, car si son interlocutrice était une créature, alors son « monde réel » à elle était forcément Dreamland. Une fois cette correction faite mais nécessaire pour la jeune femme, elle reprit : « il faut bien quelques bonnes âmes pour aider ceux qui en ont besoin, non ? Sinon, le monde serait bien morose, et ça peut rendre de grands services ! D’ailleurs, l’autre fois, j’avais voulu aider un chat au Royaume miniature, qui s’était fait agressé par une souris avec un autre voyageur… Jø, je crois qu’il s’appelait. Enfin bref, tout ça pour dire qu’en l’aidant, on a aidé des tas d’autres chats, qui étaient victimes d’un trafic pour des combats de coq, une histoire compliquée. Tout ça pour dire que rendre service à quelqu’un peut aider beaucoup de monde au final. » Termina-t-elle avait un grand sourire, avant de se rappeler de quelque chose et de reprendre en ricanant, « J’ai failli oublier le plus important ! Je m’appelle Blanche ! Blanche Marchal, et je viens de Grenoble. Faut pas chercher ce n’est pas à Dreamland, c’est en France, dans mon monde ! » Acheva-t-elle finalement, répondant ainsi à la question de la créature sur d’où elle venait. Elle venait de Kazinopolis, hein ? Il faudrait qu’elle aille y faire un tour une de ces fois.

Alors qu’elles arrivèrent enfin au niveau des toutous de la femme costumée, Blanche dû redoubler d’efforts pour ne pas être envoyé vers l’arrière. Mince ! Ces admirateurs étaient beaucoup plus coriaces qu’ils en avaient l’air et ils ne se laissaient pas pousser. A plusieurs reprises, Blanche manqua de se faire renvoyer en arrière, dans la foule en délire, mais l’invocatrice tenait bon. Elle n’allait pas se laisser faire, tout de même ! A son oreille arriva alors une chanson qu’elle connaissait très bien, et qu’elle aimait même beaucoup, et bien sûr, elle eu envie d’aller se joindre aux autres costumés pour s’éclater elle aussi, quitte à ne pas en sortir vraiment indemne, mais elle avait promis qu’elle aiderait sa nouvelle amie, et quelle genre de voyageuse ferait-elle si elle manquait à son devoir et la laissait en plan comme ça ? Pas une bonne du tout, elle en était sûre.

Alors qu’elle essuyait un nouvelle échec et se retrouvait encore une fois repoussé du cortège d’admirateur, Blanche soupira et se retourna pour exprimer son mécontentement à sa nouvelle compagne, avant de se retrouver médusée devant ce qu’il se passait. L’un des admirateurs béat de la figure masquée tenait sa nouvelle alliée à la gorge et la menacait ouvertement de l’égorger si elle n’arrêtait pas de le ralentir. Par réflexe, pour la protéger, Blanche fit apparaître un dard dans son gants et était à deux doigt de le lancer lorsque l’admirateur lâcha finalement son alliée et reparti dans son cortège comme un bon mouton. En tout cas, la créature était toute aussi surprise qu’elle le fût et Blanche n’hésita pas à la rejoindre.

« Hey, tout va bien ? Il n’est pas bien dans sa caboche, lui… Encore un peu et ça dégénérait… » Soupira Blanche. Une fois qu’elle vit que finalement, tout allait pour le mieux pour quelqu’un qui s’était presque fait égorger, Blanche et son amie poursuivirent le cortège en faisant bien attention de ne plus attirer l’attention de l’un des admirateurs. Leur filature se termina devant un magnifique streamer. Cette fois, tout en restant dans le passé, Blanche crut avoir fait un bond en avant dans le temps, se propulsant du Moyen-Âge au temps de la révolution industrielle. Il était assez probable que le streamer ne puisse plus naviguer, et qu’il serve uniquement d’apparat pour la fête qui se déroulait dessus.

Alors que sa nouvelle compagne lui proposa de s’infiltrer sur le bateau, Blanche acquiesça se lança à l’assaut du bateau. Evidemment, ce ne fut pas aussi simple et les deux femmes se firent rapidement arrêter à l’entrée du streamer par deux hommes. Ils portaient un long veston noir, donc les épaulettes et les manches étaient rouges vives, tenues par de beaux bouton dorées. Leur masque n’avait pas du tout de parure particulière, il était blanc, simplement, et cerclé de noir autour des yeux. Pour finaliser le costume, les deux hommes qui gardaient l’entrée portaient un très beau chapeau ornés de plumes tricolores, noires, blanches et rouges, en adéquation avec le reste de leur costume.

« Hâlte-là ! » Dit l’un des gardes, « C’est une soirée privée, vous avez un carton d’invitation ? »

Evidemment, c’était trop beau pour être vrai. Les deux femmes n’allaient pas être acceptées comme ça sans invitation sur le streamer, même avec leurs jolis yeux. Dépitée, Blanche s’apprêtait à présenter ses excuses à sa nouvelle amie, alors que l’un des gardes fixa la jeune invocatrice, intrigué.

« Mais attendez… je vous reconnais, vous ! »

Aïe. Blanche ne savait pas ce qu’elle avait ou ce qu’elle a fait, mais d’un coup, le doute l’envahit ? Est-ce qu’elle allait avoir des problèmes ? Ben non c’était débile ! Elle n’avait rien fait de mal. Et si c’était des amis de Jerry ? Oh meeeerde, elle était mal, même si c’était complètement improbable.

« Mais de quoi tu parles ? » Demanda le second garde, tout aussi surpris que Blanche l’était.

« Ces couleurs, tu les reconnais pas, voyons ! »

Avec un regard plus affuté, le second garde scanna Blanche avant d’exploser :

« Mais tu as raison, c’est l’une des servantes de dame Apès ! »

Pendant quelques secondes, Blanche fut tentée de demander qui était « Dame Apès », mais se rétracta bien vite, se disant que c’était là leur unique chance d’entrer sur le streamer. Mettant les mains sur les hanches, Blanche prit un air un peu furibond et tape du pied :

« Bien sûr ! Et on m’attend ! Dame… Apès m’a demandé d’aller chercher Madame ici présente, et elle n’aime pas qu’on la fasse attendre ! »

Les gardes se regardèrent pendant quelques secondes, et jugeant que Blanche et son alliée ne semblait pas présenter une quelconque menace, s’écartèrent pour les laisser passer. Blanche se tourna donc avec un grand sourire vers son amie :

« Après vous, Madame. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Ligue M
Pouvoir : Contrôleuse des maths
Points de Puissance : 33 600
Points de Réputation : 28 200
Messages : 238
MessageSujet: Re: Intrigues de Ruche [Joy et Blanche]   Lun 5 Fév - 18:46

Ainsi donc elle était grenobloise, comme quoi le monde était petit, pour tomber sur une française ici. Quelque part la mention de la ville lui fit du bien, un peu de réalité, un peu de son monde dans Dreamland ne faisait pas trop mal dans ce genre de royaume qui dépossédait les voyageurs assez rapidement de leurs identités. Joy nota son prénom dans un coin de sa tête, et sourit en entendant la voyageuse parler de l’importance de se rendre des services, pour vivre des aventures. Oh, ça sentait bon la ligue Baby, de manière candide certes, naïve certes, mais totalement essentielle pour avancer dans Dreamland. Blanche lui rappelait qui elle était et ce qu’elle disait aux voyageurs qu’elle rencontrait durant ses nuits, et fut ravie de voir que les voyageurs n’étaient pas toujours que des cinglés, des tueurs ou des branleurs. Elle gardait un peu de foi en l’humanité, en tout cas assez pour finir la nuit avec une jeune française. Elle aurait voulu lui parler de ses vacances au ski pas loin, les ballades sur le massif de la Chartreuse et plus loin, l’Alpe d’Huez. Elle passait parfois des vacances d’hiver avec tous les Killamanjiro et la partie galloise de la famille, dans le Massif des Ecrins, entre celui de la fameuse Chartreuse et celui du Vercors. Une région magnifique qui n’avait rien à envier aux plus beaux paysages de Dreamland, il fallait le dire. Sauf peut-être au niveau de la pollution de l’agglomération grenobloise, mais c’était un détail.


Elle avait supporté l’admirateur pour ne pas se dévoiler et faire bonne figure. Ne pas déclencher d’esclandres avant d’avoir trouvé quelqu’un du groupe qu’elle cherchait, le temps dans le plus grand secret. Elle était un peu navrée de jouer un tel tour à Blanche, et elle se jura de lui dire la vérité si jamais ça tournait mal ou si, à la fin de la nuit, elles se quittaient toujours en bons termes. Une fille qui t’aide sans rien demander en retour, faut la garder dans tes contacts, ça peut toujours servir, même juste pour boire un coup ! Elle se reprit après le petit moment flippant et le suiveur devenu violent. Décidément fallait pas trop embêter la Mademoiselle et sa cour. Ça en disait long, mais les hypothèses s’enchaînaient à la suite dans la tête de la matheuse.



- Ça va, ça va, il m’en faut plus, mais il m’a surpris ce malade...Au moins on saura qu’il va falloir faire attention pour approcher la cible !



La prochaine destination était donc le bateau à roue à aubes qui stationnait sur le lieu de la fête, complètement anachronique mais pas en décalage véritable avec le reste de la ville qui se trémoussait dans tous les sens. Juste une fête privée à côté de la publique, pour avoir toutes les ambiances réunies en une seule. Les deux gardiens étaient masqués et costumés, très jolis dans leurs costumes sobres chics et élégants, mais pas non plus nés de la dernière pluie. Fort heureusement, c’est Blanche qui devint leurs tickets d’entrée, par un hasard complètement incroyable. Les couleurs, une certaine Apès, Blanche en servante...on aurait donc sur le bateau une créature célèbre en lien avec le pouvoir de Blanche ? La situation était assez drôle et Joy activa le pilotage automatique pour rentrer dans la petite sauterie sans rien faire. La voyageuse prit même le luxe de jouer le rôle qu’on lui avait donné sur le moment. Elle faisait totalement le taf dans son impro, on y croyait, c’était bon pour l’entrée sans les mains au bluff total.


Elle s’inclina en passant devant les deux gardes, inclina doucement son visage devant Blanche et passa sur la passerelle qui amenait vers la fête. A l’intérieur du navire, que des grandes salles aménagées et des cuisines, des buffets richement garnis avec de la nourriture, de la musique partout et des verres de champagne rosé, orangé, bleuté, bullant à souhait. Des petits-fours qui sentaient bon, des mets succulents, des coquillages, des viandes rares, une sorte de caviar pourpre au goût aigre-doux, des aiguillettes dorées qui papillonnaient en bouche, et des serveurs aux petits soins pour tous les convives. Joy s’arrêta pour discuter un peu avec la voyageuse.



- C’est très gentil ce que tu as fait, Blanche. Appelle-moi Dantès, et je te dois un fier service ! On peut se séparer ici si tu as des choses à faire...tu dois sûrement avoir des amusements de prévus, non ? Sinon je te propose une soirée mondaine. Tu cherches un petit-copain peut-être ? Y’aurait de quoi faire ici.


Elle esquissa un sourire et prit deux coupes d’un champagne orangé qui bullait en chantant a capella. Elle en tendit une à Blanche en souriant et en trinquant. Bien sûr, elle agissait normalement mais ses yeux furetaient partout à la recherche de la Mademoiselle et de ses suivants. Elle repéra le groupe pas loin, deux salons après celui dans lequel les deux voyageuses se tenaient.


- La cible est juste derrière toi. On passe sur la piste de danse ancienne, on prend la porte à droite qui amène sur le pont, on contourne par la terrasse et on arrive sur le salon qui donne sur le pont. Enfin si tu veux toujours me suivre...mais comment puis-je te rendre la pareille si tu disparais ?


Elle lui fit un clin d’œil complice et la prit par le bras pour aller danser. Bien sûr l'ambiance de la danse était totalement différente, mais Joy avait oublié que c'était aussi une fête, une fête des masques, une fête différente mais où les mondains se retrouvaient pour parler, manger, boire, fumer...de manière beaucoup plus élégante, mais c'était également une fête digne de ce nom, identique à toutes celles de Maskaria. Elle prit Blanche par la taille, comme le ferait un homme, sa main droite dans la main gauche, et elle l'embarqua sur la piste de danse. Elle commença à enchaîner les pas de valse en trois temps, selon un vague souvenir de la valse qu'elle dansait étant plus jeune avec son père dans les fêtes de villages. Elle jeta un coup d'oeil aux musiciens, aux gens autour, et donna une minute à Blanche avant qu'elles ne quittent le salon de manière tout à fait...intégrée, c'était le mot !

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Ligue B
Pouvoir : Invocatrice de dards
Points de Puissance : 15 300
Points de Réputation : 11 900
Messages : 122
MessageSujet: Re: Intrigues de Ruche [Joy et Blanche]   Lun 5 Fév - 20:39

Quelle chance elle avait eu, de se faire prendre pour une servante de cette « Dame Apès » ! Blanche aurait bien eu envie de trouver cette personne qui semblait assez importante pour être conviée à ce genre de fête pour la remercier chaleureusement d’avoir servi de passe-droit pour pénétrer sur ce bateau, mais blanche se dit rapidement que c’était une bien mauvaise idée, et qu’elle se ferait jeter, elle et sa nouvelle alliée, qui répondait donc au nom de Dantès. Après l’avoir remercié chaleureusement, elle lui dit qu’elle pouvait partir si elle souhaitait continuer de vaquer ses occupations, ou alors de rester ici avec elle, dans une soirée mondaine. Blanche esquissa un sourire narquois :

« Oh, mais je m’amuse bien, là ! Je n’ai jamais été dans une soirée mondaine, je me demande comment ça se passe. Enfin, ça ne doit pas être si différent entre Dreamland et le monde réel, non ? Je me demande quel genre d’homme on peut rencontrer à ce genre de sauterie. » Finit-elle, clamant la dernière phrase à haute voix, alors qu’elle aurait préféré le penser, plutôt. Alors que Dantès lui offrit gracieusement un verre d’alcool (du champagne, c’est très classe, très mondain, mais rien ne vaut les délicieux mojito). Elle trinqua avec sa nouvelle amie et alors que cette dernière était à la recherche de sa cible, l’esprit de Blanche vagabonda dans la salle du streamer où elle se trouvait.

Blanche ne venait pas d’un milieu qui était du genre à aller aux soirées mondaines. Pourtant, il devait bien y en avoir dans le coin, parfois. Embrun, ce n’était quand même pas une petite ville perdue en montagne. C’était donc maintenant, à l’âge de 22 ans, et à Dreamland, Maskaria, plus précisément, qu’elle assistait à sa première soirée mondaine. Blanche était plutôt du genre boîte de nuit, alors le choc était assez brutal. Pas de musiques à fond, pas de gens qui se bousculaient et sautaient les uns contre les autres en essayant de mimer une sorte de « danse ». Non, c’était même très calme. Il y avait une douce musique jouée par de talentueux musiciens, maniant leurs archets avec une virtuosité non dissimulée. Il était certain que la personne qui avait organisé cette fête n’avait pas choisi cet orchestre par hasard, mais vraiment car ils devaient posséder un talent et une oreille musicale que personne d’autres dans Maskaria (voire même Dreamland) ne devait avoir.

Alors que les yeux de Blanche avait pris pour cible un jeune serveur un peu maladroit, qui tentait tant bien que mal de ne pas renversé les verres de champagne qu’il tenait dans un plateau d’argent, Blanche entendit la voix de Dantès de nouveau s’adresser à elle. Apparemment, elle avait repéré sa cible et elles pouvaient la rejoindre sans problème. Dantès parla ensuite de rendre la pareille à Blanche, mais l’invocatrice ne comprit pas immédiatement ce qu’elle voulait dire par là, jusqu’à ce qu’elle lui prit la main et la traîna sur la piste de danse. Attendez, quoi ?

Quand elle sentit la main de Dantès autour de sa taille, le teint de Blanche vira au rouge fushia, alors que sa partenaire de danse prit sa main dans la sienne et entama une valse à trois temps.

« Je… Je ne sais pas danser ! » Couina doucement Blanche, « Enfin, ce que l’on danse en boîte de nuit, quoi, mais pas ce genre de danse là ! »

Contrairement aux autres danseurs, l’invocatrice ne regardait pas du tout, ou à peine sa partenaire, décidant de focaliser son regard sur leurs pieds, pour ne pas se marcher dessus, et réduire leur couverture à néant si elles venaient à tomber par sa faute. La musique ne se fit bientôt plus entendre dans sa tête, car à la place, Blanche fit preuve d’une grande concentration pour ne pas perdre le fil en comptant ses pas.

Elle ignora combien de temps la danse dura encore, mais lorsqu’enfin, elle sentit que Dantès s’était arrêté de danser, elles étaient hors du salon, sur la terrasse. Se séparant de Dantès, Blanche posa ses mains sur ses joues qui étaient rouges et brûlantes. Fermant les yeux et secouant la tête, l’invocatrice couina :

« Ils devaient tous nous regarder ! Je n’arrivais pas à me concentrer, et j’avais les yeux rivés sur le sol ! Je suis vraiment trop nulle en danse ! »

S’étant finalement calmée, Blanche prit une grande inspiration. Il fallait aussi voir le bon côté des choses. Elle n’avait pas réduit les pieds de Dantès en bouillie, elle n’était pas tombée sur elle, ou sur d’autres musiciens, elle n’avait pas causé d’apocalypse. Ce n’était pas si mal, en fait ! Elle regarda finalement Dantès de nouveau et se frotta la nuque, son visage toujours écarlate :

« Héhé, désolée. C’était ma première valse, enfin, ça se voyait, je suppose. » Dit l’invocatrice en riant nerveusement. « Enfin, si on se remettait au travail, hein ? »

Blanche entreprit alors de se rappeler de ce que Dantès avait dit, et contourna la terrasse pour atteindre le petit salon. La vue était tout simplement magnifique, peu importe où l’on regardait. D’un côté, l’on voyait les architectures finement réalisées de Maskaria, et la cité qui s’élevait, rythmée par la musique endiablée de la fête qui battait toujours son plein. De l’autre côté, la mer qui s’étendait à perte de vue, aussi calme que la cité était bruyante. Et enfin, derrière Dantès et Blanche, la soirée mondaine, les instruments à cordes, les mondaineries.

Elles n’étaient maintenant plus trop loin du salon où était la « Mademoiselle » que Datès cherchait tant à voir. D’ailleurs, songea Blanche, elle n’avait trouvée nulle part la trace de cette « Dame Apès ». Elle se demandait où elle pouvait bien être sur ce bateau. Si elle se rappelait ce que le garde disait, elle devait avoir au moins le même code couleur que Blanche, elle devrait donc être facile à repérer, surtout ici.

Alors qu’elles se frayaient un chemin parmi un groupe d’invités, Blanche entendit d’une oreille le rire gras d’un homme assez imposant. Il jouait avec un cadeau emballé dans du papier brillant bleu électrique, entouré d’un ruban vert sapin. Il portait un masque vert et or, donc les parures ornées d’une clochette aux extrémités ressemblaient à un chapeau de bouffon. Il était vêtu d’un long manteau rouge, dont les manches et les côtés étaient décorés d’un ruban blanc nacré. L’homme était bruyant, et ne cachait pas son agacement.

« Pourquoi donc Personae lui-même n’est pas venu ? C’est pourtant LA fête à ne pas rater lors du Grand Festival de Maskaria ! » Clama l’homme à son assemblée, qui soit buvait ses paroles, soit l’écoutait d’une oreille distraite et ennuyée, « Lui qui met pourtant un point d’honneur à organisé les festivals de sa cité n’est-il donc même pas capable de s’y présenter lui-même ? Craindrai-t-il donc l’inévitable ? Quel inévitable, me diriez-vous ? Eh bien, la constatation inéluctable qu’il est en manque d’inspiration, voyez-vous. Il le sait, mais est incapable de se l’entendre dire ! »

Blanche roula des yeux à cette déclaration. Quel idiot. Il y avait vraiment des gens qui étaient incapable de profiter des bonnes choses. Qu’il prenne une petite tisane sérénité, et si ça ne lui plait pas, qu’il aille faire la fête ailleurs !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Ligue M
Pouvoir : Contrôleuse des maths
Points de Puissance : 33 600
Points de Réputation : 28 200
Messages : 238
MessageSujet: Re: Intrigues de Ruche [Joy et Blanche]   Mar 6 Fév - 10:46

- Les soirées mondaines sont toutes les mêmes dans Dreamland : pouvoir, influence, discussions putassières et ventes quelconques au sujet des royaumes et des seigneurs. Ton monde doit être similaire...après tout, nous sommes votre reflet, exactement.


La matheuse tentait de protéger sa couverture autant que possible, même si c’était un peu dur de parler du monde réel comme d’un endroit inconnu, vraisemblablement similaire à Dreamland. Une partie d’elle souriait au jeu qui se nouait au fur et à mesure entre les deux jeunes femmes. Parlant du jeu, il était temps de danser, et ce pour plusieurs raisons. Déjà, se faire bien voir. La danse est un préliminaire dans toutes les sociétés, même celle qui pense être la rose sur le tas de fumier. Ensuite, passer pour un homme. C’était là le point nodal du petit tour de passe-passe avec le costume. Bien sûr, un œil exercé reconnaîtra des yeux exclusivement féminin, mais il s’agissait de tromper que temporairement son monde. Enfin, les hommes comme les femmes sont des jaloux, et un homme qui danse, une femme qui danse, ils attirent forcément les regards. Il fallait entre dans les mondanités en happant quelques intérêts, qu’ils soient sexuels ou désintéressés, qu’importe.


- Personne ne sait réellement danser la valse, suis mes pas et compte dans ta tête un deux trois, un deux trois, un deux trois, laisse-toi guider par la musique et écoute tes jambes parler à ta place. La danse est un langage corporel conventionnel, raison pour laquelle ces sociétés mondaines et chicos apprécient. Dans un monde de conventions, on sait comment se causer. Lève les yeux et paraître à l’aise, c’est tout ce que tu as à faire !


Elle leva le menton de sa partenaire, pour que celle-ci ne regarde pas ses pieds et elle commença à les faire tournoyer, heureuse que le masque cache ses sourires crispés quand Blanche lui marchait sur les pattes. Puis la voyageuse prit le pas, littéralement, et elles s’envolèrent dans les tourbillons de la danse, si bien que Joy retrouva des sensations intéressantes dans les tournants qu’elle emmenait avec elle et Blanche qui se laissait mener avec une application bien scolaire, qui eut son petit effet puisqu’on les regardait d’un air intrigué. La matheuse se dit qu’il était temps d’arrêter de tourner et elle amena le duo vers la sortie, comme convenu.


- Bon c’était pas trop mal ! Tu pourras dire que tu as appris une danse ce soir ! Bon j’ai bien essayé de te faire relever la tête mais tu es têtue hein...pas grave, les hommes aiment bien aussi les filles un peu gauches, ça fait fantasmer leur côté topdresseur. Maintenant, oui, on se re concentre de nouveau et on chope la Mademoiselle.


La terrasse donnait sur la ville et livrait une impression de domination sur les fêtes, la fête de la Grande Place, un trône en or qui devait appartenait au Roi des lieux, absent sans doute pour le moment. Joy comprit que cette soirée n’était pas juste là par hasard, les nobles de la ville voire d’autres de Dreamland était présent, assez loin pour vivre leurs aventures à l’écart de la plèbe, mais assez visible pour être vus et sus de tous. Un spectacle, en somme. Même si les fêtes qui se tenaient partout ne prêtaient guère attention au bateau, ils pouvaient se dire qu’ils étaient là, à la fois dedans et en dehors, éloignés par leur mode de vie, et proches par la proximité naturelle…décidément, cette fête mondaine n’avait rien à envier au monde réel, comme quoi même les pires habitudes du réel se retrouvaient légitiment ici, dans les rêves. En un mot comme en cent : la distinction, la séparation des classes, encore et toujours.


Un homme se faisait remarquer dans la foule des invités proche des deux jeunes voyageuses. Il clamait le manque d’inspiration de Personae. Si Joy ne l’avait jamais croisé, parler comme ça du Roi de Maskaria lui semblait bien bien dangereux en ces temps festifs, et dans une soirée où sûrement la moitié de la cour se devait et devait être présente ! Elle détailla l’homme et comprit assez rapidement qu’il s’agissait là d’une rivalité possible, et d’une tentative de bitchage dans les règles de l’art. Elle esquissa un sourire et s’incrusta, en prenant Blanche par la taille pour l’incruster avec elle.



- Quand on fait toutes les fêtes, Monsieur, toutes les fêtes finissent par se ressembler, surtout celle-ci ! Peut-être que c’est vous, Monsieur, qui est dépourvu de talents inspirant Personae, qui sait ! Vous ne songez pas un seul instant que cette fête puisse être dépourvue d’amusements ?
- Et qui me parle ?
- Dantès. Mais vous pouvez m’appeler Joy...et vous êtes ?


Oui, Joy laissait la couverture se découvrir auprès de Blanche. Les explications viendraient plus tard, quand le type arrêterait de faire le malin. Le ton de la voyageuse avait amené des gens autour du groupe qui pouffait en jonglant entre les répliques. Parmi ces curieux et ces témoins qui venaient sans doute pour ne rien rater du spectacle, Mademoiselle fit son apparition, au dernier rang. De l’autre côté, un sublime costume d’abeilles stylisé or et noir d’ébène, avec des dards en dentelles et en fanfreluches, et des ailes en verre bleuté transparent. Les curieux venaient assister à la joute, et c’est toute la bonne société qui se régalait du spectacle.


- Je ne connais pas votre champ d’action, monsieur...mademoiselle ? On a du mal à savoir, quand on danse comme un homme avec une voix de femme ! Mais en tout cas vous l’ouvrez à quelqu’un que vous sous-estimez.
- Oho, donc vous me montrerez comment je vous sous-estime ?
- Bien sûr, je lance ici même une fête dont vous vous souviendrez ! Et ce bon Personae sera dépassé par mon talent !


L’homme agita ses clochettes et de la neige se mit à tomber sur la terrasse du bateau, depuis le plafond. Les convives s’extasièrent en tendant les mains pour recueillir les magnifiques flacons. Les musiciens changèrent leur musique pour installer un chant bien singulier.


- OH OH OH NOËL ARRIVE LES ENFANTS ! QUI N’A PAS ÉTÉ SAGE ?


Les invités levèrent pour une bonne partie les mains en pouffant de rire et en se moquant de Personae. Joy était ridiculisé, elle avait face à elle quelqu’un qui maîtrisait l’art de Noël, une fête rivale de Maskaria. Elle avait totalement foiré la joute verbale et s’en mordit la lèvre tandis que le type triomphait.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Ligue B
Pouvoir : Invocatrice de dards
Points de Puissance : 15 300
Points de Réputation : 11 900
Messages : 122
MessageSujet: Re: Intrigues de Ruche [Joy et Blanche]   Mar 6 Fév - 12:32

Appris, Appris, c’était vite dit. Elle pourrait au moins dire qu’elle était moins nulle à la valse qu’elle l’était lorsqu’elle s’était endormie ce soir. Maladroite et gaffeuse comme elle pouvait l’être, Blanche ne pouvait pas se décrire comme naturellement gracieuse. Après, elle n’était pas maladroite au point de ne pas savoir grimper aux arbres, qui avait été son hobby favori pendant un temps (bien qu’un certain essaim ait mis en péril ce divertissement pendant un temps), mais lorsqu’il s’agissait de danse comme ça, l’invocatrice était perdue, simplement car elle n’en avait jamais pratiquée auparavant. Peut-être que quelques cours lui permettrait de régler ce problème. Elle se voyait cependant mal expliquer à ses parents qu’elle voulait se mettre aux danses de salons car elle avait dû le danser dans le monde des rêves et s’était rendu compte de son non-talent. Elle note cependant dans un coin de sa tête de regarder s’il y avait des cours dans le coin de Grenoble.

En écoutant Dantès, Blanche jeta un rapide coup d’œil autour d’elle et vit que certains hommes comme des femmes la regardaient. Cependant, aves masques, impossible de savoir quelles étaient leur expressions. Est-ce que, comme l’avait dit son amie, ils avaient été charmés par la maladresse de la danse de Blanche ? Ou bien au contraire, étaient-ils en train de se moquer ouvertement de cette voyageuse qui savait à peine mettre un pied devant l’autre ? L’incertitude de ce constat agaça Blanche. Elle espérait cependant secrètement être le centre de l’attention de certains hommes présents pour les bonnes raisons. Il n’y avait pas de mal à ce qu’on flirt avec elle quelques fois, non ?

Sentant une main sur sa taille, Blanche manqua de lâcher un petit cri de surprise lorsqu’elle se rendit compte qu’il s’agissait simplement de Dantès, qui en faisant ainsi, l’entraînait avec elle vers la petit foule qui s’était formée autour du fauteur de trouble rouge. Avant même que Blanche n’ait pu comprendre ce qui se passait, Dantès avait commencé à adresser la parole à l’homme qui se pavanait. Elle comprit rapidement qu’il s‘agissait là d’une sorte de battle de rap, mais à la sauve soirée mondaine. Tout autant de punchline, moins de musique, sûrement. Au ton condescendant que prenait leur interlocuteur, Blanche se doutait qu’il n’appréciait guère qu’on lui dise que quelque chose n’allait pas avec son discours, mais ce fut autre chose qui surpris Blanche, et ce ne fut nul autre que Dantès.

Ou… Joy ? Il fallut quelques secondes à Blanche pour que l’information arrive à son cerveau. Elle aurait été bien tentée de demander immédiatement des explications à Dantès à propos de ça, mais son bon sens (elle en a, quelques fois) lui intima de jouer le jeu pour l’instant et de se taire. Elle n’était pas invitées ici, et si elles étaient présentes sur ce bateau, c’était uniquement grâce à l’aide d’une certaine Apès, et encore, si cette Apès les voyaient, elles étaient sûre de finir dehors, sans que Dantès (ou Joy ?) n’ait pu retrouver la personne qu’elle cherchait. Elle lui demanderait de s’expliquer cependant, car elle méritait d’en savoir plus, non ?

Très vite, trop même, la foule autour d’eux s’épaissit, et en regardant autour d’elle, Blanche reconnu la fameuse « Mademoiselle » que Dantès cherchait tant, et, de l’autre côté, au vu de ses habits colorés de jaune et noir, ses ailes ainsi que les dards ornant sa robe, nul doute qu’il s’agissait de la fameuse « Dame Apès ».

Tout ce monde angoissait un peu Blanche, ce qui était étrange, elle qui n’était pourtant pas quelqu’un qui était angoissée à l’idée de se retrouvé au milieu de gens. Mais là, c’était bien différent que les soirées en boîte de nuit, oh oui. Ici, elle se sentait prise en sandwich entre Mademoiselle et Apès, et si ce n’était à cause de Dantès qui la tenait à la taille, elle aurait aimé s’éclipser bien vite et se glisser dans un trou de souris.

Sa boule au ventre se ressera encore plus lorsqu’en baladant son regard, elle croisa les yeux complètement noirs d’Apès. Evidemment, elle ne sût déchiffrer son expression car son masque entièrement doré le recouvrait, si ce n’était au niveau de ses lèvres, noire ébène. Est-ce qu’elle avait été intriguée par les habits de Blanche, étrangement semblables aux siens, et trop simples pour être une noble sur ce bateau ? Elle n’avait pourtant jamais vu cette servante-là. Est-ce qu’elle venait tout simplement de détruire leur ticket d’entrée sur le bateau, ou simplement que leur regard s’étaient croisés par hasard, comme ça arrivait souvent dans les fêtes.

L’attention de Dame Apès ne se focalisa bientôt plus sur Blanche, car l’homme venait de changer radicalement le ton de la fête, la changeant en un étrange festival de Noël en février. De la neige commençait à tomber sur le pont alors qu’un chant de Noël s’entamait en fond sonore, remplaçant la musique de valse sur laquelle Dantès et Blanche avaient dansé.

En parlant de ça, Blanche se rendit compte aux yeux de cette dernière qu’elle n’était pas satisfaite de ce qu’il venait de se passer. L’invocatrice eut un sourire gênée.

« On ne gagne pas à tous les coups. C’est la règle du jeu. » Tenta-t-elle, se demandant si ça allait vraiment apaiser Dantès… ou Joy… D’ailleurs… « Il faudra qu’on parle de Joy tout à l’heure. » dit-elle, alors que les autres personnes focalisaient leur attention sur le type de Noël, raillant avec lui Personae (étrangement pas Apès, qui restait très silencieuse face à cette moquerie), « Enfin, vu la situation, je suppose que je vais rester à Dantès pour l’instant. » dit Blanche en regardant les flocons tomber. Elle aurait pu taper un scandale, mais à quoi ça aurait servi ? Elles se seraient fait jeter hors du bateau. Elle aurait pu aussi partir, tout simplement, et laisser Dantès sur le bateau. Mais elle devait avouer que tout ça l’excitait un peu. Elle n’avait pas à frapper des gens, ce qui la soulageait au plus haut point, et elle se sentait comme dans les films d’espionnages, ce qui faisait monter son adrénaline. En fait, elle aimait bien s’infiltrer, faire semblant. Dantès avait probablement ses raisons de lui avoir menti, qu’elles soit bonnes ou mauvaises. Maintenant, au point où elles en étaient, ça n’avait plus d’importance de savoir qui est qui. Lors de ce festival, les masques cachaient les visages des gens. Dantès, elle, avait simplement aussi choisi de cacher son nom. Et d’ailleurs, est ce que Joy était son vrai nom aussi ? Si l’occasion se présentait, alors Blanche lui demanderait. Sinon, elle restera Dantès, rencontrée à Maskaria, avec qui elle avait dansé la valse.

Alors que les railleries continuaient à fuser, une vois s’éleva dans la foule, forte, puissante, qui fit taire la plupart des gens de la foule :

« S’il y a quelqu’un qui n’a pas « été sage » ici, c’est bien vous, mon cher ! »

Tel Moïse, la voix avait fait s’écarter la foule, tétanisée. L’homme qui se tenait au milieu du chemin improvisé avait un accoutrement rose fuschia, un pantalon blanc, un immense chapeau aux couleurs de son veston, orné d’une plume verte. Pour se parer, il avait une grande cape jaune, et son visage était à moitié couvert par un masque. On n’en pouvait cependant pas voir son visage totalement, car il y avait sous le masque un autre masque qui couvrait juste assez pour ne pas distinguer de quoi il avait l’air. Blanche n’eut même pas à se demander de qui il s’agissait car le fauteur de trouble parut satisfait de qui il venait de voir :

« Cher Personae, on daigne finalement se présenter ici ? Mes propos vous auraient-ils blessés ? »

« Si ce n’était que ça. Manquer de respect à cette fête, c’est manquer de respect au Grand Festival de Maskaria, et manquer de respect au Grand Festival de Maskaria, c’est manquer de respect à Maskaria, et finalement, manquer de respect à Maskaria, c’est me manquer de respect à moi ! » Clama Personae en frappant le bâton qu’il tenait dans l’une de ses mains sur le sol. « Et je ne tolérerai en aucun cas que l’on me manque de respect ! »

A ces mots, le seigneur balaya la foule du regard. Beaucoup de convives, honteux, s’était éclipsés. D’autres baissaient le regard, de peur d’affronter le regard du seigneur de Maskaria. En revanche, Blanche put constater que l’expression de Dame Apès avait changé. Ses yeux admiraient, reluquaient Personae, et elle avait l’air de boire ses paroles comme s’il s’agissait de l’unique vérité de Dreamland. Des moqueurs, seuls restait le maître de Noël, qui loin de se laisser abattre, continuait à defier le seigneur du regard. Cependant, il semblait maintenant moins sûr de lui.

« Nous ne sommes cependant pas de rustres animaux ! » Reprit Personae, « Ainsi, je propose de régler ce conflit dans les règles de l’art ! Un duel, à l’ancienne. Que l’on nous apporte deux épées ! » Clama-t-il alors. En a peine quelques secondes, des valets masqués apparurent, apportant deux rapières finement ouvragées. Satisfait, Personae s’en saisit d’une et lança l’autre à son adversaire, avant de se mettre en position d’escrime.

« En garde ! »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Ligue M
Pouvoir : Contrôleuse des maths
Points de Puissance : 33 600
Points de Réputation : 28 200
Messages : 238
MessageSujet: Re: Intrigues de Ruche [Joy et Blanche]   Mar 6 Fév - 15:15

- On ne gagne pas toujours, tout dépend de ce qu'on mise. On parlera de mes identités plus tard, je sens qu'on a sur le feu un cas plus intéressant à gérer…



L'homme avait lancé une technique liée à l'ambiance de Noël, ce qui était à la fois surprenant et intrigant. Pourquoi ce choix, dans Maskaria même ? Un conflit autour de la fête n'était pas à exclure, puisque les fêtes du monde réel pouvaient prendre lieu et place ici, comme les fêtes vénitiennes ou les soirées mondaines. Joy était excitée par la situation, ouvertement insolente, tout en répondant pour donner le masque adéquat dans la soirée. Elle jeta un coup d’œil à Blanche, qui n'était pas forcément prête à tenir la route dans une telle mission. Le coup du pseudonyme ou du véritable prénom révélé pour éventuellement attirer l’œil...c'était nécessaire, pour une bonne et simple raison. Compter où se situait les gens qui intéressait Joy. Et cela fonctionna, la Mademoiselle en question avait eu les yeux écarquillés, pupilles dilatées derrière le masque, et c'était la seule. Dès le moment de la révélation, elle avait observé la réaction pour être sûre que la Mademoiselle était bien celle qu'elle devait être. Le petit jeu allait pouvoir commencer. Ce n'était pas le seul, car une voix plutôt assurée répondit directement à l'homme de Noël.


Le Roi de Maskaria apparût en mettant une ambiance de fou furieux. L'adrénaline monta en flèche, autant que le niveau de place to be de la soirée puisque le Roi avait quitté la Grande Place pour venir incognito sur le bateau. Après tout, il était partout dans son royaume...Joy esquissa un sourire, car un conflit de créatures des fêtes éclatait directement devant elle ; c'était toujours intéressant de voir comment les seigneurs pouvaient envoyer des fions le tout sans utiliser leurs pouvoirs. Personae avançait en tapant son bâton, ce qui faisait glousser les femmes et frétiller les hommes, ou l'inverse, c'était encore dur à voir avec les costumes. Il avançait et au fur et à mesure le ton de sa voix grossissait, montait en puissance et s'affirmait comme un vrai Seigneur. Joy ne l'avait jamais rencontré, et il semblait plutôt sympathique de par son allure, mais la circonstance la rendait véritablement terrifiant. Sa colère et son agacement étaient tout à fait palpables, et la matheuse s'apprêtait à voir le pire : un meurtre de nobles voire de seigneurs en direct live.


Les mondains étaient en train de fuir la colère du Seigneur, de se reculer et de laisser l'homme de Noël gérer seul ses propos. Dire que tous rigolaient juste cinq minutes avant, ça en disait long. Sur le courage ou sur la lâcheté, au choix. L'offenseur était toujours dans une posture de défi, comme s'il assumait pleinement ses propos, tout en tremblant un petit peu. Personae se rapprochait de lui inexorablement, et certains mondains – ou plutôt les mondaines les plus friandes du Roi – ne se lassaient pas de le regarder. Il semblait en effet d'une puissance grandissante, et sans aucune gêne concernant son déferlement. Énervé, il l'était à pleine balle. Il demanda un duel d'escrime, prit une arme apportée par des valets masqués, et se mit en garde selon la posture traditionnelle. Son adversaire en fit de même, et commença un combat littéralement de capes et d'épées entre les deux créatures. Personae savait y faire, il faisait des bruits de sifflets, de fêtes, de klaxons à chaque coup, et son masque changea en cours de combat pour afficher un sourire moqueur. L'homme de Noël avait des difficultés à suivre, et utilisa son pouvoir à partir de cadeaux empaquetés pour tromper le Seigneur. Ce dernier eut de plus en plus de mal mais il trancha la tête de son adversaire, qui partit dans une explosion de confettis. Le corps s'étala sur le sol et la tête fut remplacé par un masque avec une circonférence faite dans une matière étrange. Le corps se releva et rejoignit les serviteurs de Personae. Ce dernier contemplait la société mondaine, la Mademoiselle, Dame Apès qui le dévorait clairement des yeux, Joy, Blanche et tous les autres.



- D'autres personnes veulent encore fêter autre chose que le Grand Festival de Maskaria ?


Un silence glacé répondit à la question de Personae. Il sourit, tapa le sol avec son bâton et la fête reprit comme si de rien n'était. Il prit une coupe de champagne, ordonna une musique plus active à l'orchestre, et demanda à tout le monde de s'amuser. Immédiatement, une créature habillée comme Blanche s'approcha de Personae de manière claire et évidente, pour que tout le monde la remarque. Elle pointa deux trois personnes du doigt, notamment la Mademoiselle.


- Seigneur Personae, moi, Dame Apès, grande représentante du peuple libre des abailles, je vous affirme que j'ai vu cette personne, et ces personnes rigoler quand votre conspirateur était en train de faire marrer la galerie ! Je suis votre plus fidèle servitrice et…
- Servante…
- Parfaitement, c'est ce que j'ai dit, pas besoin de me prendre pour une imbécile !
- Ce n'est pas le terme que j'avais en tête. Il est bien trop poli.



C'était le moment pour la Mademoiselle de s'exprimer, enfin. La matheuse reconnut sa voix entre mille, enfin. Elle savait maintenant qui elle était, enfin. Joy baissa la tête, cacha une larme discrète et suivit la discussion avec une passion non dissimulée, tandis qu'Apès tenta le bluff du siècle devant Personae qui était toujours en train de rire de par son masque.


- Seigneur Personae, je crois qu'une seule victime méritait votre punition ce soir. Inutile d'aller plus loin, avec de simples spectateurs. Je perds mon amusement au fur et à mesure que votre amie...prend la parole pour dénoncer des innocents. Pas vous ?
- Vous avez tout à fait raison !



La représentante des abeilles avait une colère que son masque avait du mal à dissimuler. Joy regarda Blanche et se demanda si elle allait agir à son tour. C'était son moment.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Ligue B
Pouvoir : Invocatrice de dards
Points de Puissance : 15 300
Points de Réputation : 11 900
Messages : 122
MessageSujet: Re: Intrigues de Ruche [Joy et Blanche]   Mar 6 Fév - 16:55

Blanche était clairement retournée dans le passé cette nuit. D’abord, un carnaval comme à l’époque des chevaliers, ensuite une fête mondaine sur un streamer du 19e siècle, et pour terminer, un duel à l’épée comme à l’époque ! Ca non plus, Blanche n’en avait jamais vu, et elle regardait le combat se dérouler, à la fois d’un air impressionné, mais aussi assez intimidé. C’était un duel à mort ou bien ?

Contrairement au monde réel, les bruits de lames qui s’entrechoquaient faisaient pour le moins un bruit… inhabituel. Rare étaient les lames qui faisaient un bruit de klaxon ou bien de sifflets lorsqu’elles en touchaient un autre. Mais cela ne semblait pas déranger outre mesure. Il était même très probable que cela soit une coutume lors des duels à Maskaria, plus particulièrement ceux impliquant le seigneur de ce royaume, Personae. Lui qui était il y a à peine quelques secondes si énervé, si enragé que l’on lui ait manqué de respect, avait maintenant changé d’expres​sion(enfin, son masque, plutôt) et portait maintenant un masque moqueur, provocation envers l’adversaire qui avait osé lui manqué de respect. Quant aux nobles qui regardaient le combat, ceux qui encore quelques secondes auparavant n’hésitaient pas à se moquer du Seigneur observaient la scène, soulagé finalement, de ne pas se retrouver face à la créature de Noël, qui avait, malgré ses pouvoirs, de plus en plus de mal à faire face au Seigneur de Maskaria.

La créature fut finalement vaincue alors qu’elle perdit le fil du combat, et se fit trancher la tête d’un coup sec d’épée. Mimant beaucoup d’autres membres de l’assemblée, Blanche se couvrit les yeux, s’attendant à une effusion de sang. Cependant, lorsqu’elle les rouvrit, quelques secondes après, il n’en fut rien. Là où juste avant se trouvait une tête, il y avait maintenant un drôle de masque. Le corps de la créature de Noël se releva et alla rejoindre d’autres serviteurs du Seigneur, ce qui fit frissonner Blanche, s’imaginant bien des scénarios quant à l’origine des bien trop nombreux serviteurs du Seigneur. C’était assez cocasse, finalement, ceux qui avait osé manquer de respect à Persona finissait à devoir le servir jusqu’à une durée indéterminé. Mais est ce qu’ils étaient conscient de ça ? Ou est ce qu’il s’agissait juste de pantins sans vie. C’était des pensées bien morbides que Blanche tenta de chasser de son esprit.

Satisfait de la tournure qu’avait pris les évènements, Personae ordonna la reprise de la fête, qui reprit son cours alors qu’il frappa son bâton sur le pont du bateau. La sauterie recommença donc, comme si rien de s’était passé. Est-ce que ce genre de choses aussi était courant, à Maskaria ? Les nobles qui avaient eu l’audace de se moquer de Personae entreprirent de s’éloigner le plus rapidement possible, afin d’éviter le courroux du Seigneur et de finir comme la créature de Noël. Les autres, quant à eux, décidèrent d’effacer de leurs esprits toutes traces des dernières minutes et de profiter de la fin de la fête. Alors que Blanche pensait qu’elle allait finalement soufflé, ce fut Dame Apès qui s’approcha du Seigneur, pour commencer à balancer les gens qui avaient décidés de bafouer l’honneur de Personae. A la manière dont elle parlait, Blanche comprit bien vite que sa tête était aussi vide que ses habits étaient colorés. Ce n’était vraiment pas le moment de se faire remarquer par le Seigneur qui venait juste d’assassiner froidement quelqu’un, non ?

Alors que la Mademoiselle fit une remarque très juste sur le fait qu’un seul meurtre était amplement suffisant pour aujourd’hui, et qu’il fallait continuer à profiter de la fête, Blanche fit au regard de Dame Apès que si personne ne faisait rien, alors cette petite fête allait tourner très mal très vite. EN regardant Dantès/Joy, Blanche compris qu’il fallait que ça soit à elle d’agir. En effet, elle avait été prise pour une servante de cette noble, alors il semblait tout naturel qu’elle puisse s’approcher d’elle et peut-être éviter une effusion de sang. L’invocatrice soupira. Elle avait réussi à bluffer des gardes, mais est ce qu’elle tiendrait le coup devant Personae et surtout, est ce que Apès jouerai le jeu ? Mais si cela pouvait profiter à Dantès, ça lui permettrai d’aborder sa Mademoiselle seule à seule.

Prenant une grand inspiration, Blanche prit son courage à deux mains et s’avança avec assurance vers Dame Apès, Mademoiselle et Personae (qu’elle craignait le plus au final).

« Madame ! Je vous cherchais partout ! » Dit Blanche avec un sourire, « La… personne que vous vouliez voir est arrivée. » Inventa-t-elle au fur et à mesure qu’elle parlait. « Et elle commence à s’impatienter… Madame ! » Ajouta-t-elle en fixant Dame Apès, espérant qu’elle saisisse le message.

Pendant quelques secondes interminables, Apès fixa Blanche, devant probablement se demander ce qu’elle faisait là, et pendant ces quelques secondes, Blanche eut bien peur qu’elle ne saisisse pas la perche qu’elle lui tendait, et qu’elle était bonne pour se faire éjecter de la fête. Mais heureusement, pour l’invocatrice, Dame Apès reprit la parole, confuse.

« Mais je n’ai jamais demandé à… » Elle se stoppa quelques secondes avant que finalement le message que lui faisait passer Blanche ne lui arrive à l’esprit. « Oh ! Oui, en effet, quelle idiote je fais ! Et dire que je la fais attendre depuis tout ce temps. Où est-elle donc, que je m’en aille la rejoindre ? » Dit-elle. Même si on ne voyait pas son visage, Blanche imaginait bien son sourire crispée. Elle n’était pas satisfaite qu’on l’arrache à Personae, mais elle ne pouvait plus perdre la face devant lui. Au moins, l’invocatrice venait d’éviter une effusion de sang et de confettis, et ce n’était pas plus mal. Regardant Mademoiselle et Personae, Blanche, essayant de prendre son rôle de servante bien au sérieux, s’inclina et guida Dame Apès loin des deux autres convives. Jetant un regard à Dantès, blanche haussa les épaules. Maintenant, elle qui voulait tant voir Mademoiselle, elle pouvait la voir, la voie était libre. Mais maintenant c’était Blanche qui avait un autre souci à régler, alors qu’une fois hors de portée de Personae et Mademoiselle, Apès ne manqua pas d’exprimer son désaccord avec la technique de Blanche.

« Comment oses-tu venir m’interrompre devant le Seigneur Personae ? Et qui es-tu donc ? »

« Ça n’a pas d’importance, je pense. » Déclara Blanche, en roulant des yeux, « Dites-vous que vous venez d’éviter d’avoir des problèmes. Si vous vous étiez énervé, je crois bien que ça serait la fin, pour vous. Vous n’avez donc pas vu ce qu’il a fait à l’autre voyageur ? »

« Oh que si, j’ai très bien vu. C’est même pour cela que je suis allé le voir. Si je lui désignais les rustres qui ont osé lui manquer de respect, alors j’aurai pu gagner ses faveurs, mais il a fallu que tu viennes et que gâches absolument tout, en te faisant passer pour l’une de mes servantes, ce qui est assez peu probable, au vu de ton accoutrement de bas étage. »

Les joues de Blanche rougirent de colère ? Pardon ? Cette robe était très jolie et elle n’avait rien à envier à d’autres costumes ! La jeune femme mit ses mains sur ses hanches, ne cachant pas son air contrarié.

« Je ne vous permet pas, cette robe est très belle ! Vous devriez me remercier ! Vous qui semblez admirer Personae, si je ne vous avais pas tiré de ce guépier, enfin, façon de parler, et bien vous auriez paru encore plus ridicule que vous ne l’êtes déjà. Là, au moins, vous pouvez encore vous rattraper ! »

Derrière son masque, blanche vit Apès fulminer, mais elle n’explosa pas. Au fond, même si ça lui déplaisait, elle devait savoir que Blanche avait en partie raison. Roulant des yeux,  elle inspecta plus attentivement Blanche.

« Même si ce ne sont pas les robes de mes ouvrières, tu sembles vraiment venir du monde des abeilles. Pourtant, je ne t’ai jamais vu. Qui es-tu donc ? »

Pendant quelques secondes, Blanche eut envie d’adopter la même technique que Dantès et de mentir sur toute la ligne. Mais elle se ravisa. Elle n’arrivera probablement pas à mentir aussi bien qu’elle, même si ces récents exploits l’impressionnait.

« Je m’appelle Blanche. Voilà. J’ai peut-être l’air d’une abeille, mais je suis une voyageuse. J’invoque des dards. Rien de plus à dire. Je voulais… profiter de la fête et on m’a fait entrer ici en me prenant pour l’une de vos servantes, alors j’en ai profité. » Elle n’avait pas menti ! Elle avait simplement oublié de mentionner Dantès dans ses explications, ce n’était pas pareil.

Et fort heureusement pour elle, Apès goba ses explications, car elle n’en demanda pas plus.

« Je suppose que je dois te remercier pour ce que tu as fait. » Au vu de ses yeux, Blanche put dire que ça lui coutait de lui dire ça. « Tu n’as pas détruit mes chances de pouvoir charmer Personae, et je peux encore y arriver. Pour te montrer… ma gratitude, je pourrais t’offrir une faveur si besoin est. Maintenant, déguerpis, et surtout, comme tu es ma servante, ne te ridiculise pas ! » Et sur ce, elle tourna les talons. Blanche soupira de soulagement. Elle s’était imaginé une situation bien pire que celle-là. Mais c’était fait maintenant, et il restait plus que Dantès termine son affaire. Blanche s’accouda alors sur le pont et profita enfin de quelques minutes de répit, observant s’il n’y avait pas un invité ou un serveur qui serait prêt à discuter avec elle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Ligue M
Pouvoir : Contrôleuse des maths
Points de Puissance : 33 600
Points de Réputation : 28 200
Messages : 238
MessageSujet: Re: Intrigues de Ruche [Joy et Blanche]   Mar 6 Fév - 17:43

Blanche en avait sous la patte, comme on disait à Canin-ville. Elle avait de la ressource et savait bien improviser, des qualités essentielles quand on était, comme elle, nouvelle dans Dreamland et allant d’insouciance face au grand monde des seigneurs et apparentés, les cours et les cliques, les courtisans et les avides...Elle partait avec la dénommée Apès qui jouait à un drôle de jeu de garder bonne figure, mais personne ou presque n’était dupe. On ne parlait pas comme ça à sa Reine, elle n’était pas grand-chose, sinon rien du tout. Les jeux de pouvoirs et d’influence avaient ça de cruel : impitoyable vérité finissait toujours par sortir, malgré les masques. A ce propos, Joy put s’avancer à côté de la Mademoiselle, qui la scruta avec le même regard qu’elle lui avait donné juste au début de ce carnaval de folie. Elle s’inclina, et Mademoiselle en fit de même. Elle lui proposa un verre de champagne, et mit une main gantée de velours vert devant l’attitude des suivants qui surveillaient de près leur protégée. Nulle discussion ne pouvait maintenant empêcher la matheuse de parler à celle qu’elle reconnaissait, pas même le courtisan qui l’avait prise à la gorge. Puisqu’il ne pouvait plus se permettre de mal agir, pas après la petite démonstration de Personae qui retourna à la fête, puis à la Grande Place du Festival.


D’un geste de la tête, Joy fit signe à Mademoiselle de la suivre, comme si de rien. Oh, elle fit bien attention aux regards de la bonne société, mais désormais elle s’en fichait. Les deux masquées savaient à quoi s’en tenir, et rien ne pourrait plus les empêcher de se parler discrètement, en dehors des apparats. Elles montèrent au pont supérieur et s’installèrent sous une arcade tranquille, où les couples se retrouvaient généralement plus tranquillement pour parler affaires sérieuses ou affaires de cœur. Pour elles deux, c’était moitié moitié.  Mademoiselle s’arrêta devant elle et contempla le regard de la voyageuse, un peu émue, mais elle gardait cet air déterminé, farouche, guerrier qu’elle avait toujours connu.




- Tu n’as pas changé, Joy. Enfin...si, un peu quand même. Je ne lis plus les mêmes choses dans ton regard.
- Tu n’as pas changé, toi aussi. Que deviens-tu ?
- Mon frère gère le royaume et je m’oppose à tout ce qu’il peut entreprendre, sans risquer une nouvelle révolution. Et toi ? Mes espions me disent des choses horribles à ton sujet…
- Tu ne me croyais pas morte, alors ?
- Non, mais je t’ai laissée t’éloigner, pour survivre...à ce que nous étions.
- Je tue pour la Famille, désormais.
- C’est donc vrai…
- Ne te sens pas coupable, voyons. Je sais très bien ce qui s’est passé cette nuit là.
- Certes, mais je te connais. Je sais que tu ne laisseras pas la trahison de mon frère impunie. Tu es en train de préparer ta vengeance. Je te fais suivre depuis quelques temps, depuis que ton surnom horrible est venu à mes petits papiers et à mon encre.
- Tu comptes m’empêcher de réaliser ce que nous voulons toutes les deux ?
- Non. Mais j’ai peur de ce que tu pourrais devenir. Je regrette le temps béni de l’insouciance dans mon palais, dans ma couche et…
- Ce temps là est fini. Je ne paierai pas l’addition deux fois.
- Alors arrête ta vengeance ! C’est une folie !
- Ce n’est pas seulement toi, ce n’est pas seulement moi ou même ce que nous formions qui est en jeu. Ce n’est pas une question d’honneur. On bride mon pouvoir, on manipule sans vergogne pour que je n’atteigne jamais les sommets que je me suis jurée d’atteindre. On m’a atteinte non pas physiquement, mais essentiellement, pour empêcher mon développement. Ils sont tous coupables, et ils paieront pour ce qu’ils nous ont fait. S’il te reste encore un sentiment valable pour moi, laisse-moi agir comme je l’entends...du reste, il me faut une adresse pour rencontrer des gens qui m’aideront.
- La Légion Vénitienne ?
- Comment tu sais ?
- Je te l’ai dit, je te fais suivre depuis quelques temps. J’ai quelques idées concernant la mise en œuvre de ta vengeance...je peux même t’aider mais…
- Je refuse.
- Tu refuserais, voilà. Oui, j’ai rencontré la Légion Vénitienne, il y a deux jours, et oui, j’ai une adresse. Je te la donne, mais tu dois me faire une promesse en échange.
- Laquelle ?
- Reviens me voir au moins une fois dans mon palais.
- C’est impossible.
- JOY ! Tu ne comprends pas ! Je n’ai cessé de penser à toi, de te…
- ASSEZ ! C’est trop tard maintenant ! Un jour tu seras une cible que je devrais abattre ! Je ne peux plus être celle que ton frère a détruit ! ASSEZ !
- Alors ton plan ne pourra pas être mis en exécution !
- Je trouverai un autre moyen !
- Non, tu ne trouveras pas, j’ai moi aussi mes propres plans pour te revoir, et pour contrecarrer mon frère...accepte cette promesse, accepte mon aide, et tu verras…
- Tu es…
- Toujours la même.
- Bien, j’accepte. A une condition. La voyageuse qui est avec moi, elle m’accompagne.
- C’est ta copine ? J'ai vu, vous étiez en train de danser ensemble.
- Non. Je dois simplement protéger ses arrières, elle m’a aidé sans penser à mal, et la voilà propulsée entre les seigneurs et les mondaines...un masque en particulier l’aiderait grandement à s’en sortir sans tracas, et je sais que la Légion fait dans ce genre de masques !
- Bien. Voici l’adresse. Pour le reste, tu sais quoi faire. Je t’ai à l’œil.
- Tu me prends au mot.



Elle prit un papier et quitta Mademoiselle alors que ses suivants la zieutait de loin, inquiets et intrigués par la discussion qui prenait son temps. Durant la conversation, Joy avait senti son coeur, ses lèvres, tout son corps quémander un baiser, une étreinte, une caresse, quelque chose de Mademoiselle, qui était plus fort que la rationalité de son pouvoir ou les douleurs de sa vie d’assassin de la Famille. Mademoiselle finirait par gagner, si jamais elle se rendait un jour dans son palais. Elle retomberait de nouveau, au risque de perdre la vie. Elle savait qu’elle en mourrait, qu’elle y retourne ou qu’elle n’y retourne pas. Mais pas encore...elle irait, oui, mais pas encore. Il lui restait beaucoup de travail avant de lancer sa vengeance. Elle descendit sur le pont de la fête et retrouva Blanche qui vaquait à des occupations mondaines et solitaires, à savoir boire manger et attendre que le temps tourne. Elle s’accouda à côté d’elle en voyant le port et ne dit rien pendant quelques instants, un peu gênée.




- Désolé pour tout à l’heure. Je m’appelle Joy, Joy Killamanjiro. Mon surnom est Dantès. Pourquoi ce surnom, tu me diras. Mon métier dans Dreamland est de régler certains comptes pour des personnes très influentes. On m’a connu fut un temps sous le prénom de Joy, voyageuse des mathématiques. Oui, je suis voyageuse, j’habite à Biarritz. Si je t’ai menti, c’est que je le devais. Je ne savais pas à qui j’avais affaire, et je devais récupérer quelque chose avant de me sentir libérée. Maintenant c’est bon, je n’ai plus à mentir. Tu peux poser autant de questions que tu veux, ou partir, je le comprendrai très bien. Mais avant que tu partes, sache que j’ai trouvé le groupe que je cherche, et qui est la raison de ma présence ici ce soir. Tu pourrais également avoir besoin de leurs services, si jamais Apès t’a un jour dans le collimateur...ou juste pour goûter à la partie cachée de l’iceberg de Maskaria...A toi de me dire, Blanche.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Ligue B
Pouvoir : Invocatrice de dards
Points de Puissance : 15 300
Points de Réputation : 11 900
Messages : 122
MessageSujet: Re: Intrigues de Ruche [Joy et Blanche]   Mar 6 Fév - 18:28

Voyant finalement Dantés revenir, Blanche l’accueillie avec un léger sourire. Elle ne dit rien, se doutant bien que la discussion qu’elle avait dû avoir avec la Mademoiselle était d’ordre privé. Il semblerait qu’elle ait des choses qu’elle voulait garder privé, et Blanche allait respecter ce choix. Tout le monde à ses secrets, et on a le droit de les garder secret, justement. Il y eu quelques instants de silence, où ni l’une ni l’autre ne dit un mot, attendant peut-être que ça soit l’autre qui prit la parole, sans trop savoir quand et comment redémarrer une conversation. Ce fut finalement Dantès qui reprit la parole, en ne lui dévoilant probablement pas toute la vérité sur elle, mais assez pour répondre aux interrogations les plus importantes de Blanche. Une fois qu’elle eut terminé son petit monologue, Blanche la regarda en souriant et haussa les épaules :

« Les questions que j’ai, elles sont d’ordres trop privées pour que je te demande, je vais donc m’abstenir de te les poser. Héhé… Tu m’as bien eu, avec ton autre nom et le fait que tu étais une créature de Dreamland, je me suis bien fait avoir. Tu es douée pour faire semblant. Mais je suppose que vu ton travail c’est normal. » Dit Blanche en se frottant la nuque. Son regard se reposa sur le port et  la fête qui battait son plein. « Tu avais tes raisons pour me mentir, je suppose. Qu’elles aient été bonnes ou mauvaises, ça n’a plus d’importance. Si je suis encore ici, c’est que ça n’a pas eu de mauvaises répercussions sur moi. Puis au final, tu m’as dit ce que je voulais savoir, donc, pas de raisons de t’en vouloir. » Dit-elle en souriant et en levant un pouce en l’air. Blanche n’était pas du genre à en vouloir aux gens et pardonnait facilement. Ce qui pouvait être assez dommageable si elle tombait sur les mauvaises personnes

« Quant à Apès, Oh, bien sûr, elle n’était pas contente que je l’ai écartée de Personae, c’est fou comme elle était obsédé par ce gars, je ne vois pas comment on peut l’être autant. Enfin, bref, bien que ça l’ai ennuyé, elle ne m’en veut pas… pas trop. Apparemment, j’ai même une faveur, si j’ai besoin d’elle un jour. C’est pas mal, je trouve, je m’en suis pas trop mal sorti, même bien ! » Son imagination fonctionnait déjà à plein régime, et elle se voyait déjà à la place de Tom Cruise dans le prochain Mission : Impossible à la sauce Dreamland. Oui, enfin, il ne fallait pas trop rêvé quand même. Finalement, elle considéra quelques secondes la proposition que lui avait faite Joy. Si ça pouvait l’aider au cas où Apès, qui n’avait pas l’air d’une lumière, lui joue un tour, ça n’était pas de refus. Et cette « partie cachée de Maskaria » l’intriguait au plus haut point. Elle avait l’impression de se retrouver dans un film et elle était un peu effrayée, mais aussi intriguée parce qu’elle découvrait. Elle sentait bien qu’elle venait de mettre les pieds dans quelques choses qu’elle ne comprenait pas et qui devait probablement être bien plus grand qu’elle ne l’aurait jamais imaginé, mais elle était à Dreamland ! Il y avait tant de choses à découvrir dans ce monde, et de choses qu’elle ne pourrait jamais faire dans le monde réel. Rien que cette nuit, elle avait participé à un authentique carnaval vénitien, avait assité à sa première fête mondaine et avait joué les apprenties-espionnes. La vie était bien trop courte pour ne pas en profiter, alors autant vivre celle qu’elle avait à Dreamalnd à fond.

« Compte sur moi ! » Dit-elle avec un grand sourire, « J’ai encore toute la nuit devant moi, autant que je continue de la passer avec toi. » Sourit-elle en faisant un clin d’œil à Joy. « Au fait, je t’appelle comment ? Joy ou Dantès ? Je suis confuse maintenant. » Dit-elle en riant doucement. Ca n’avait rien de méchant, juste une plaisanterie. Mais si Joy avait tant insisté pour se faire appeler autrement, c’est qu’il y avait bien une raison. Et si Blanche se mettait Joy ou elle dans une situation un peu gênante car elle s’était trompée d’appellation, c’était bien stupide.

Ce fameux groupe, que Joy cherchait n’était plus sur le bateau. Elles n’avaient donc aucune raison de rester sur le streamer. Suivant Joy, la jeune femme reprit le chemin qu’elles avaient prise pour arriver jusque-là en arrière. Elle revit d’ailleurs Apès sur son chemin. Leurs regards se croisèrent quelques secondes, mais la Reine détourna immédiatement le regard. Blanche se dit qu’elle avait peut-être bien fait de rester avec Joy, et d’accepter de continuer la nuit avec elle. Apès lui avait peut-être dit qu’elle lui devait une faveur, mais elle n’avait pas dit qu’elle tiendrait sa promesse, encore moins ce qu’elle ferait une fois qu’elle lui aurait accordé cette fameuse faveur. Il fallait mieux qu’elle assure ses arrières, juste au cas où. Elle s’attirait déjà bien des ennuis toute seule, et elle sentait que s’attirer les foudres de la Reine des abeilles était bien loin d’être une bonne idée.

En repassant dans la salle de danse, Blanche repensa à la valse qu’elle avait dansée avec Joy et rougit. Qu’est- qu’elle avait été gourde quand même ! Il faudrait vraiment qu’elle apprenne à danser. On ne sait jamais, qu’une autre fille ou qu’un autre homme lui fasse danser la valse à nouveau, comment est-ce qu’elle ferait ? Elle ne pourrait pas garder le nez vers ses bottes, c’était inconcevable. Quelques convives reconnurent la jeune invocatrice et la regardèrent avec une expression que Blanche ne saurait pas déchiffrer. De la moquerie, de l’admiration ? Ou simplement que sa maladresse ou son petit jeu de servante de dame Apès n’était pas passé inaperçu.

Enfin, pour l’instant, les fêtes mondaines étaient terminées pour Blanche. Quelle expérience. C’était à la fois inattendu, et assez amusant de jouer la noble, de danser la valse et de jouer un rôle. Le tout était rendu lus facile par le port du masque. On ne reconnaissait pas ou moins quelqu’un avec un masque, c’était plus facile de faire semblant. Blanche se demandait même si elle serait capable de refaire la même chose à visage découvert, alors que beaucoup de gens saurait qui elle était.

Elle n’avait plus à penser à ça pour l’instant, repassant devant les mêmes gardes qui les avaient fait entrer, Blanche reprit quelques secondes son jeu, faisant mine de raccompagner Joy, après que Dame Apès l’ait reçu sur le streamer, et la suivit de près. Une fois les gardes hors de portée, et les deux femmes de nouveau dans la foule, Blanche revint au niveau de Joy et demanda :

« Alors, on va où, maintenant ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Ligue M
Pouvoir : Contrôleuse des maths
Points de Puissance : 33 600
Points de Réputation : 28 200
Messages : 238
MessageSujet: Re: Intrigues de Ruche [Joy et Blanche]   Mar 6 Fév - 20:02

La voyageuse le prenait assez bien, ce qui soulagea quelque peu Joy qui craignait qu’elle ne le prenne mal, et elle aurait eu plutôt raison, il fallait se l’avouer. Le secret avait été nécessaire, et puis c’était bête à dire mais ça donnait le ton. Qui elle était, ce qu’elle faisait...Blanche avait dû comprendre que la vie de voyageuse de sa camarade était du genre compliquée et pas forcément accessible. Sous peine de dangers maximaux et pas franchement les plus amusants à régler. Elle poussa un peu les confidences entre filles, si la voyageuse avait encore des questions – au moins Joy choisirait dans le tas et pourrait peut-être accorder plus de confiance à Blanche.


- Je me doute, je fus un peu mystérieuse...tu peux toujours poser tes questions et je tâcherai de répondre à celles qui ne te mettront ni en danger, ni dans un état de paranoïa aiguë !



Elle s’esclaffa pour détendre un peu l’atmosphère après sa petite vanne, à moitié fausse, à moitié vraie. Les souvenirs d’après la chute lui revenaient immédiatement en tête, avec la peur d’être traquée, pourchassée, suivie, surveillée. Peur qui était relancée avec la présence à cette fête de la Mademoiselle, qui avait dit justement sa pire crainte : qu’on suive sa trace, qu’on s’intéresse à son travail et à ce qu’elle préparait dans le secret. Pire que tout ça, que quelqu’un d’étranger à son histoire puisse en souffrir en ignorant tout. La matheuse se reconcentra sur les paroles de la voyageuse des abeilles, qui montrait patte blanche, bonne patte et une gentillesse particulières, qui la touchaient particulièrement. Elle se décida de lui parler du reste de la nuit potentielle, si elles avaient le temps et la motivation.


Une bonne chose qu’Apès fut agréable et redevable envers la voyageuse. C’était même inespéré au regard de son caractère de courtisane désagréable au possible, en tout mauvaise joueuse dans le game de la cour de Maskaria. Pas sûr qu’elle aille loin dans ses projets avec cet esprit, mais ce n’était plus le souci des deux voyageuses. La fête devenait tout à fait quelconque en dehors de l’apparition de Personae qui était retourné sur son trône pour faire la fête avec de vrais gens capables de s’amuser sans penser tout de suite à lécher des bottes. Blanche revint à la charge, et en effet, la nuit n’était pas encore terminée. Joy lui sourit.



- Tu peux m’appeler Joy. Dantès est mon surnom quand je bosse. J’étais un peu comme dans un travail quand on s’est croisée et là, j’ai plutôt l’impression de réellement...voyager, comme je pouvais le faire y’a des années. Je me sens revivre dans ces occasions. Merci à toi. D’être là, j’veux dire, et d’apporter ta fraîcheur !


Elles repassèrent par les salons et des commentaires fleurissaient sur leur passage, ce qui fit marrer Joy. Dans un premier temps, elle n’y fit pas attention, mais elle se retourna tandis que les couples dansaient encore en tournant, que les convives s’extasiaient de tel ou tel bon mot, et parlaient à voix basse du comportement outrancier du Seigneur ou de telle personne. Blanche, Joy, par exemple. Elle esquissa un énorme sourire visible pour la voyageuse des abeilles et plaça des formules partout dans la salle.


- A un moment tu me demanderas comment fonctionne mon pouvoir, Blanche. Voici un aperçu de mon cru. BAS LES MASQUES !


Les formules de poids stoppèrent les danseurs et les spectateurs d’un regard balayant le salon. Deuxième formule, et les masques étaient si lourds qu’ils tombèrent au sol en se fracassant. Sauf bien sûr ceux de Blanche et de Joy. Toute la bonne société se regarda avec stupeur, à grands renforts de cris et d’effroi, surtout à cause de l’immobilisation des vêtements. Joy, avec la même malice destructrice, augmenta la pression dans les bouteilles de champagne et fit sauter les bouchons. Une pluie de champagne arrosa tout le monde, faisant dégouliner les maquillages derrière au au-dessous des masques et des apparences. La matheuse avait amené en lévitation un énorme plateau qui protégeait Blanche ainsi qu’elle-même, et elle put s’en aller vers la passerelle avant que quiconque ait pu réagir. Elle tourna simplement la tête vers le pont supérieur et vit le regard de la Mademoiselle fixé sur elle. Joy ne fit rien et tourna les talons.


Elles passèrent les gardes et la matheuse zieuta l’adresse. C’était pas forcément à côté, mais ça leur permettrait de voir un aperçu de toutes les fêtes.


- On va au douzième palais des Doges. Il y a une sorte de gala pour un nouveau style de bateau, un trimaran construit pour part à Trampoli Parc. Le groupe que je recherche s’appelle la Légion Vénitienne, il s’agit d’une association qui restaure et crée les costumes vénitiens les plus anciens. C’est aussi une couverture car ce sont des fabricants ancestraux de masques, qui ont participé à la réputation du royaume. Mon objectif est simple : rentrer dans leur association et leur donne un modèle de masque à fabriquer sur mesure, que je pourrais utiliser. Tu pourrais rentrer également dans l’association, si ça te dit. Je pense louer un bateau, qu’en dis-tu ? On irait plus vite. On peut aussi prendre un verre et mettre les choses à plat – je te dois quelques réponses. Comme tu veux, on n’est pas pressé, le groupe sera présent toute la nuit, comme à chaque fois !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Ligue B
Pouvoir : Invocatrice de dards
Points de Puissance : 15 300
Points de Réputation : 11 900
Messages : 122
MessageSujet: Re: Intrigues de Ruche [Joy et Blanche]   Mer 7 Fév - 12:12

« D’accord. Ça sera Joy, alors maintenant » Avait ri Blanche en suivant la voyageuse. D’une certaine manière, connaître le nom de la personne qui l’accompagnait signifiait surement qu’elle avait accordé un tout petit peu plus sa confiance à Blanche. Puis, elle préférait Joy à Dantès, vraiment.

« Et avec plaisir ! » Dit Blanche en clignant des yeux, « Blanche, livreuse de fraîcheur et de bonne humeur depuis sa naissance. Enfin, de ce que l’on me dit. » ricana-t-elle en se frottant la nuque, une vraie habitude qu’elle avait.

Alors qu’elle retraversait la salle de danse, Joy lui fit part d’une confidence, et lui montra l’étendue de ses pouvoirs, en causant un véritable chaos dans la salle de danse. Faisant tomber les masques et arrosant les convives d’alcool, faisant couler les maquillages, à part ceux de Joy et de Blanche. Aaaah, là, au moins, c’était une bonne ambiance ! Les deux voyageuses en profitèrent quelques secondes avant de s’éclipser du bateau, avant que l’on comprenne que l’une d’entre elle était la responsable de ce chaos.

Une fois tranquille, de nouveau dans la foule, Blanche posa sa question, demandant la localisation de cet endroit où ils devaient aller. Joy lui donna la réponse sans rechigner.  La légion Vénitienne ? En voilà un nom qui pétait la classe ! Ca faisait société secrète, et se dire que l’on faisait partie de « La Légion Vénitienne » c’était vraiment cool à dire dans sa tête. Mais seulement dans sa tête. Le principe de la société secrète, c’est qu’elle doit rester secrète. Dommage. Mais ce qui était cool, c’est qu’avec Joy, elle pourrait potentiellement en faire partie ? Blanche, de la Légion Vénitienne. Génial, non ? Avec enthousiasme, Blanche hocha la tête :

« Si je peux en faire partie ? Un peu que je veux ! Je vais me sentir importante comme ça ! » Dit-elle en bombant le torse. Bon, il est vrai que ce n’était pas totalement vrai. Elle ne serait pas grand-chose dans cette association, elle ne serait même personne. Mais se dire que l’on fait partie d’une société qui avait forgé ce qu’était une immense cité avait tout de même quelque chose d’enivrant et d’excitant. Pourquoi refuser lorsqu’une telle occasion  se présentait à nous ?

« Tu as bien raison ! On a encore toute la nuit devant nous alors autant en profiter. On a bien le droit à un peu de repos avant de continuer, non ? » Reprit Blanche avec un immense sourire, « Posons-nous un peu et présentons nous comme il faut. Enfin, ce que je peux savoir. J’aurai bien pris un mojito pour me remettre de cette aventure sur le streamer, mais j’ai déjà un peu bu. Ça n’est pas recommandé que je sois pompette surtout vu la situation. Je vais me rabattre sur un café alors. C’est mon second meilleur ami, d’ailleurs. Ça me réveille le matin et ça me fait supporter les cours l’après-midi. Une recette gagnante ! » Fanfaronna l’invocatrice alors qu’elle jouait de nouveau des coudes, de la même manière que lorsqu’elles avaient suivit la Mademoiselle. Mais cette fois, ce n’était pas pour effectuer une filature, mais pour trouver une place ou s’asseoir, un petit café à boire en enfin, pouvoir discuter tranquillement.

Finalement, Blanche réussit miraculeusement à trouver un petit café avec terrasse alors qu’elle bataillait avec la foule. Et une chance pour les deux voyageuse, il y avait une table de libre, qui faisait face aux canaux, et où l’on pouvait avoir une très belle vue. Certes, elle était moins belle que celle du streamer, mais d’un côté lon pouvait voir la fête qui battait son plein, sans être trop dérangé par les bousculades, et de l’autre, les gondoliers qui traversaient les canaux, menant tel ou tel personnage costumé à la destination qu’il souhaitait. Un vrai décor d’Italie.

Alors que les deux voyageuses s’était assises et que Blanche commanda le café le plus fort qu’ils avaient à servir, l’invocatrice s’enfonça sur son siège et profita enfin du fait qu’elle était posée et de ne plus avoir à se cacher et faire semblant pour l’instant.

« Alors ! » Dit-elle avec un grand sourire, « Si tu veux, je commence, on va se présenter de manière plus conventionnelle, non ? Moi, je m’appelle Blanche. Blanche Marchal, et je viens de Grenoble. Enfin, pas vraiment de Grenoble, je fais mes études là-bas. En vrai, je viens d’une petite ville dans les Alpes, Embrun. Alors, je ne sais pas si c’est très connu, mais c’est pas loin de Gap. Tu as déjà entendu parler de l’Iron-Man, ce triathlon super dur ? Ben c’est dans cette ville. Voilà. On peut penser que c’est un petit patelin perdu comme ça, mais pas vraiment. Y a une boîte de nuit en plus ! Et des stations de ski pas loin, donc c’est cool. On ne s’ennuie pas, en tout cas. Mais enfin, ça ne t’intéresse peut-être pas toutes ces histoires, Héhé ! » Ricana-t-elle en se frottant de nouveau la nuque, ses joues devenant roses de gêne. « Ce qui est plus intéressant à raconter c’est peut-être ce que je fais à Dreamland, non ? En fait, je suis… enfin, j’étais apiphobe… je crois que c’est ça que l’on dit quand on a peur des abeilles, non ? Une histoire de quand j’étais enfant, un essaim d’abeilles et un arbre, ça a mal tourné… Mais je m’égare ! En fait, une nuit, j’ai réussi à me débarrasser de ce satané essaim et… Me voilà en fait. Rien de bien extraordinaire quand on y pense. Enfin, depuis ce temps-là, je suis une voyageuse ! Plus précisément, une invocatrice de dard. » A ces mots, Blanche fit apparaître un dard entre ses doigts, « Je n’ai pas encore beaucoup de dards spéciaux, mais je pense que ça viendra avec le temps. Faut juste être patiente, après tout, je ne suis voyageuse que depuis peu de temps ! »

Abandonnant son projectile par terre, l’invocatrice se redressa et regarda Blanche, posa ses coudes sur la table, signe pour la jeune femme qu’elle était prête à écouter son interlocuteur d’une oreille attentive.

« Et sinon, c’est quoi ton histoire, Joy ? Enfin, ce que j’ai le droit de savoir sans flipper bien sûr ! Par exemple, c'est quoi ton pouvoir? C'était génial, sur le streamer! »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Ligue M
Pouvoir : Contrôleuse des maths
Points de Puissance : 33 600
Points de Réputation : 28 200
Messages : 238
MessageSujet: Re: Intrigues de Ruche [Joy et Blanche]   Mer 7 Fév - 14:27

- Importante, ouais, en tout cas costumée de manière à bien se fondre dans la masse quand tu reviendras ici. Et avec des contacts, si on parvient à rentrer dans l’association.


La voyageuse des abeilles proposa un petit café et un mojito, et Joy n’était pas contre un petit remontant, ou deux, ou trois, pour se remettre de toutes les émotions traversées durant cette nuit de fêtes et de folies. Maskaria savait correspondre à sa réputation, c’était une certitude. Blanche parvint à trouver un café avec une terrasse des plus agréables, face aux canaux, à la fois dans l’ambiance de la fête et des fêtes, et à la fois dans une relative sérénité permettant de discuter plus tranquillement. Car oui, la vie n’était pas faite que de...fêtes, et il fallait parfois se reposer, parler plus bas, arrêter de crier, s’asseoir, s’allonger, dormir...enfin ce genre de choses que faisaient les personnes totalement ennuyantes. Des gens costumés passaient dans les gondoles, de jeunes créatures passaient sur des motoscafos sauce Dreamland, c’est-à-dire décoré comme des drakkars, des galions, des conques ou des navires égyptiens du temps de l’Antiquité. Toutes les époques étaient rassemblées, comme souvent dans le pays des rêves. Blancha commanda donc un café, et Joy, qui avait eu l’eau à la bouche, prit un triple mojito, c’est-à-dire une pinte de mojito avec beaucoup de rhum et beaucoup de glace pilée. Elle demanda un petit simplement pour rajouter un sirop de fraise de la Forêt des Rêves, qui avait un coût prohibitif pour un goût proche de la perfection. Ça allait ressembler à un mojito in love, un vrai truc de jeunes filles quand durant les soirées on se mettait à parler des choses sérieuses pour refaire le monde.


Blanche se présenta dans les règles de l’art, ce qui permit de remettre un peu les compteurs à zéro notamment pour Joy qui se força un peu pour balancer un peu plus que ce qu’elle aurait pu dire. Mais enfin, elle devait bien ça à sa camarade de nuit.



- Je connais Embrun, j’y passais pour aller avec mes parents au ski, dans la Vallée du Queyras. On embarquait à douze à deux voitures avec les cousins, et on partait sur la frontière italienne, dans les Alpes du Sud. Joli coin, de mon souvenir ! L’Iron-Man ne me dit rien, par contre.


Elle poursuivit. Une apiphobe, donc. Logique, c’était une peur pas mal répandue dans Dreamland, d’ailleurs Joy s’étonnait que le Royaume des Insectes soit si peu présent alors que beaucoup de personnes détestaient purement et simplement les insectes pris dans leur tableau général. Les abeilles, les fourmis, les termites, les cafards...elle se demanda si des gens étaient capables d’avoir peur des papillons ou encore des coccinelles, les insectes les plus jolis selon elle – avec sans doute les libellules, tiens. Les abeilles avaient la côte, c’était facile à comprendre en tout cas. Et surtout, ça pouvait donner des pouvoirs bien bourrins dans le monde des rêves. Tout dépendait de l’application, comme toujours, et Blanche était une invocatrice de dards. Voilà qui promettait d’être particulièrement bourrin, et la matheuse se félicita de la compter parmi ses amis.


Elle était donc une jeune voyageuse, qui n’avait pas encore développé tout son potentiel, autant dans le pouvoir que dans ses habitudes de voyages. Joy l’avait un peu deviné, à la manière dont elle se comportait c’était une jeune voyageuse, sans nul doute, mais avec un pouvoir pareil elle évoluerait rapidement. Si rien ne se mettait sur sa route. Elle posa à son tour la question problématique à Joy, qui dévala sa pinte de mojito et en commanda une deuxième, et une troisième pour Blanche. Elle la sentait tendue, et l’association, selon les informations qu’elle avait pu glaner ici et là, aimaient bien les personnalités un peu fofolles derrière ses masques.



- Mon histoire...ça doit faire environ six-sept ans que je suis voyageuse, à la retraite depuis cinq ans. Il y eut une époque où le nom de Joy résonnait pas mal dans Dreamland...mais l’histoire en a décidé autrement, et aujourd’hui je travaille sous le nom de Dantès, dans des affaires que tu ne veux pas connaître, je le crains. Je suis une voyageuse des maths libérée de la domination de mon Seigneur, mon pouvoir me permet d’appliquer des formules qui modifient le réel. Poids, vitesse, trajectoire d’un objet...je peux aussi modifier mon propre corps, et je travaille et je m’entraîne pour trouver des formules portant atteinte aux vivants. Je peux quasiment tout faire avec mon pouvoir, mais ça me demande une énergie monumentale, que je ne suis pas toujours en mesure d’apporter. Tu vois sur le bateau, j’ai dû sortir 30 % de mon énergie environ, simplement pour lancer trois formules de zone et quelques unes de trajectoire. J’aime mon pouvoir, mais il m’épuise à chaque nuit.


Elle zieuta la réaction de Blanche devant ce qu’elle disait, et se demandait quand la voyageuse noire et or irait sur les questions qui fâchent. Elle n’était pas contre, mais avec l’alcool circulant dans son sang elle allait lâcher du lest. Même si elle activa tranquillement une formule de diminution des degrés pour ne pas s’enivrer rapidement. Elle fixa Blanche en souriant et lui demanda la question qu’on lui avait posé, quand elle avait débuté.


- Pour tes débuts, il y a une question qui m’a beaucoup aidé. Comment ton pouvoir peut-il t’aider à atteindre tes objectifs ? Et à partir de là, tu verras que beaucoup de choses changeront pour toi dans Dreamland.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Ligue B
Pouvoir : Invocatrice de dards
Points de Puissance : 15 300
Points de Réputation : 11 900
Messages : 122
MessageSujet: Re: Intrigues de Ruche [Joy et Blanche]   Mer 7 Fév - 16:11

C’est avec une assiduité que Blanche ne se connaissait pas qu’elle écouta chaque phrase de Joy, Derrière son masque, ses yeux s’agrandirent. Elle était voyageuse depuis autant de temps ! Blanche en était admirative. Joy devait connaître tant de choses sur Dreamland qu’elle ne connaissait absolument pas. L’invocatrice se demanda où elle pourrait bien se trouver d’ici 7 ans. Est-ce qu’elle sera toujours la même ? Est-ce qu’elle sera devenue quelqu’un ? Ou qu’elle restera inconnue aux yeux de l’immense royaume des rêves. Elle ne s’était jamais vraiment posé la question, elle qui préférait vivre sa vie comme elle venait, au jour le jour. Elle n’avait jamais pensé à son avenir dans Dreamland, elle avait déjà bien à faire dans le monde réel. Voyager dans celui des rêves lui permettait d’avoir un souci de moins.

« Atteindre mes objectifs ? » Demanda Blanche en penchant la tête sur le côté, « J’avoue ne jamais y avoir pensé. Si j’ai utilisé mon pouvoir jusque-là, c’est uniquement pour me défendre. Bon, d’accord, j’ai peut-être attaqué des rats, mais c’était simplement pour me défendre ! Ils avaient enlevé un chat qui n’avait rien fait. » Joy avait bien raison. Elle n’avait jamais réfléchi comment son pouvoir allait l’aider à évoluer dans Dreamland. Elle n’avait utilisé son pouvoir que lorsque c’était nécéssaire depuis qu’elle était devenue voyageuse, et si maintenant, elle commençait à vouloir en apprendre plus sur lui ? Apprendre à mieux le maitriser, pour pouvoir mieux se défendre, ou alors s’élever dans ce monde dont elle ne connaissait encore rien. Peut-être que le royaume d’où Dame Apès venait pourrait l’aider. Elle lui devait une faveur après tout. Même si Blanche préférerait ne pas avoir à la croiser de nouveau. Elle craignait un peu cette noble, qui semblait être opportuniste et manipulatrice.

Malgré le fait qu’elle avait dit qu’elle devait ne pas boire plus cette nuit-là, Blanche accepta avec grand plaisir le cocktail. Chassez le naturel, il revient au galop après tout, et Blanche profita bien de son alcool après avoir engloutit son café. L’invocatrice sentait déjà sa tête tourner un peu, et l’alcool lui monter à la tête, mais au moins, elle n’était pas encore pompette au point de grimper sur les tables et de danser (ce qu’elle avait déjà fait plus d’une fois) elle avait encore conscience de ce qui l’entourait et ce n’était pas plus mal. De quoi aurait-elle l’air si elle arrivait à la Légion Vénitienne complètement saoule ? Mais cela ne l’empêcha pas de profiter grandement de sa pinte.

Après s’être finalement posé un moment, Blanche décida qu’il était peut-être temps de rencontrer cette fameuse « Légion ». Elles avaient peut-être toute la nuit, mais quand il fallait y aller, fallait y aller. Blanche aurait bien voulu poser d’autres questions à Joy, mais quelque chose en elle lui disait qu’il valait peut être mieux pour sa sécurité, et aussi pour Joy, qu’elle n’en demande pas trop, pas pour le moment, en tout cas. Elles se connaissaient à peine après tout, la glace pouvait mettre du temps à se briser, et il fallait lui laisser du temps, parfois. Les questions plus gênantes viendraient peut être plus tard, pour le moment, ce qui importait, c’était l’association.

Nul besoin de payer pour leur collation, en l’honneur du Grand Festival, toutes les consommations étaient offertes aux gens qui portaient un masque, c'est-à-dire tout le monde. Etant près des gondoles et des canaux, il fut simple de trouver un gondolier qui accepta de les emmener dans le quartier du douzième palais des doges. Ainsi, Blanche et Joy purent monter dans une gondole noire ébène, qui fila sur les canaux en direction de leur destination. Des canaux, on avait une très bonne vue sur le carnaval, les gens qui profitaient de la fête, se bousculant, dansant. On voyait aussi les immenses chars sur lesquels paradaient les plus beaux costumes. Blanche aperçut aussi au loin le famaux streamer, où Apès et Mademoiselle se trouvait sûrement toujours, D’ailleurs, est ce que Personae profitait toujours de la fête sur le bateau ou était-il allé profiter du spectacle dans les rues ?

« J’y reviendrai bien, dans cette ville, un de ces quatre. » Dit Blanche à haute voix. « C’est vraiment sympa. Et avec de la chance, je tomberai sur une autre fête en plus. »

Après quelques minutes à filer sur les canaux, le gondolier se rangea à un quai, et les deux voyageuses descendirent. Le quartier, bien que peuplé de costumes en tout genre, était cependant moins bondé que le quartier principal, et il était plus simple de s’y déplacer, dans le sens où l’on avait pas forcément à jouer des coudes et que l’on ne se faisait pas bousculer tout le temps. Tant mieux, cela fatiguait Blanche de devoir tout le temps se battre.

Elles arrivèrent finalement à une grande place, surplombée par un très grand bâtiment. Il semblait bien qu’elles étaient arrivées à destination. Ne sachant pas trop la marche à suivre, Blanche se contenta de suivre Joy approchant du douzième palais des doges. Alors qu’elles se rapprochaient, Blanche sentit son ventre se serrer, à la fois d’angoisse et d’excitation. C’était vraiment le genre de choses qui ne pouvait arrive que dans un rêve !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Ligue M
Pouvoir : Contrôleuse des maths
Points de Puissance : 33 600
Points de Réputation : 28 200
Messages : 238
MessageSujet: Re: Intrigues de Ruche [Joy et Blanche]   Mer 7 Fév - 16:44

Les cocktails étaient bien vite terminés, et les deux voyageuses papotaient gaiement dans l’ambiance de fête et qui prenaient absolument tout le monde. Personae était un sacré roi, pour faire tout le temps la fête, tout de même. On pouvait vouloir autre chose, il devait avoir une vie passionnante et riche en divertissements. Trop, sans doute, mais en tout cas s’il avait un pouvoir lié aux masques ou à la fête, il devait se délecter de son statut de Seigneur. Joy écouta attentivement Blanche parler de ce qu’elle avait fait avec son pouvoir, et ne fut nullement surprise. Les jeunes voyageurs mettaient du temps avant de réellement utiliser le plein potentiel de leurs pouvoirs ; peut-être parce que personne ne leur disait quoi faire, comment faire, ni même pourquoi le faire, de par les classements qui créaient une compétition entre les voyageurs. Lui vint une réflexion à ce sujet : et si le retard des voyageurs par rapport aux Seigneurs, et si la domination des Seigneurs sur les voyageurs venaient en partie de ces classements ? Au lieu d’unifier des pouvoirs qui pourraient agir en synergie, Dreamland avait trouvé le moyen de faire combattre les voyageurs comme des pokémons. Pokéland, à l’échelle de tout Dreamland. Un cauchemar, n’est-ce pas ?


- Viendra le temps où tu sauras quoi faire de tout pouvoir, et comment le développer efficacement. Nous sommes tous passés par là, les flottements dans le développement. Ça arrivera en temps voulu, tu verras.


Elles se mirent en route après avoir siroté le cocktail bien chargé, dans une gondole noire qui leur fit traverser la ville, assez longtemps pour que ça ait l’air d’une promenade nocturne dans la ville de la fête par excellence. Elles arrivèrent enfin sur la place du palais des doges, le douzième très exactement. Joy eut un moment d’excitation, ne sachant réellement pas quoi trouver, et elle lança le mouvement en sentant la frilosité de Blanche devant le rendez-vous. Elle entra sous une énorme porte cochère, et là deux gardiens habillés en centurions romains les accueillirent. Ils ne firent absolument rien et laissèrent les deux voyageuses entrer dans un hall richement décoré. Une silhouette apparut dans une ombre et un masque à trois visages se dévoila dans une lumière tamisée. Un masque des plus flippants, qui marquait l’esprit. Malaise en cours, malaise en cours. Joy esquissa un sourire et les présenta.



Triple masque:
 


- Joy et Blanche, candidates pour entrer.
- La Légion n’existe pas.
- Alors dans ce cas mon informatrice m’a donné une mauvaise adresse, mais j’en doute. Trêve de plaisanteries, faites-nous rentrer.
- La Légion n’existe pas.
- Ai-je, à un seul moment, prononcer le nom de la Légion ? Merci, vous êtes bien aimable.
-…
- J’ai l’impression de causer avec mon Opérateur. Trop facile.
- La Légion n’existe pas !
- Ouais ouais. Bon, comment on y entre ?


Soudain, Joy écarquilla les yeux. Tandis qu’elle était tournée vers Blanche d’un air de vétéran à qui on ne la fera pas à l’envers, les masques avaient changé de postures. Le rire à la place de la colère, la colère à la place de la moue, la moue à la place du rire...Elle n’avait rien vu mais le masque avait changé, elle en était certaine. La personne s’avança vers elle, claqua des doigts et fit simplement.


- Vous êtes malines. La Légion n’existe pas. Mais si c’est votre premier soir parmi nous, vous devrez montrer de quoi vous êtes capables.


Le claquement de doigt revint à leurs oreilles comme un écho assourdissant, et le sol se déroba sous les pieds des deux voyageuses. La matheuse hurla et sentit comme un toboggan les cueillir sans aucun confort, et les propulser dans un tuyau froid. Elles s’enfonçaient sous la ville, donc sous la mer ? La descente était angoissante, mais elles virent bientôt le fond de la descente, par un trou de lumière. L’arrivée fut un choc brutal sur du ciment. Des projecteurs s’allumèrent, des bougies aussi, et les deux voyageuses purent voir où elles venaient d’arriver.


C’était une énorme arène souterraine, avec des costumes partout dans les gradins. Certains bougeaient, d’autres non, la lumière était très fort sur l’arène au centre, tamisée sur les gradins. Des gens parlaient à voix basse et rigolaient des têtes que Joy et Blanche pouvaient sortir. Puis, face à elles, deux costumes qui bougeaient, et qui sortaient des armes. Des chaînes, et une épée, pour un costume riche en or et bleu, l’autre en noir et blanc. Un autre costume prit la parole sur une sorte d’estrade, et sa voix amplifiée remplit tout le souterrain.
La matheuse reconnut la voix du masque à l'entrée.



- Bonsoir, mes amis. Nous avons quatre nouvelles recrues, qui ont montrer un intérêt certain pour notre...association. Certains parmi vous ont tué le secret pour nous agrandir, ce qui est contraire à notre politique. Pour remettre l’équilibre entre nos rangs, deux d’entre eux vont mourir cette nuit, et les deux autres seront intrigués au regard de leurs talents…


Masque du présentateur:
 


Joy regarda Blanche les yeux un peu écarquillés. Elle était désolée de l’avoir embarquée dans un délire pareil, mais dans le même temps, alors qu’elle jouait la surprise et l’affolement, elle plaçait des formules de poids un peu partout, et des formules sur le présentateurs. Sait-on jamais.


- Blanche, c’est le moment de cogner dards-dards !


Jeu de mots idéal dans cette situation.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Ligue B
Pouvoir : Invocatrice de dards
Points de Puissance : 15 300
Points de Réputation : 11 900
Messages : 122
MessageSujet: Re: Intrigues de Ruche [Joy et Blanche]   Mer 7 Fév - 18:01

L’entrée fut étrangement simple. Trop simple même. Les deux gardes masqués de l’entrée ne leur avait posé aucun problème. Ce qui en soit, était soit louche, soit signifiait que les deux gardes de l’entrée, sensés surveillées une société ultra sécrète, étaient de véritables incompétents. Qui laisserait rentrer deux inconnues dans un tel endroit sans broncher ? Ou alors, ils dormaient, simplement, ce qui rendait la situation encore plus stupide et loufoque.

Mais rapidement, la seconde hypothèse fut vite réfutée (en même temps, il s’agissait aussi de la moins probable) alors qu’un homme masqué s’approcha des deux voyageuse. Autant, les masques que Blanche avait rencontrés avant celui-ci la mettait mal à l’aise, autant celui-là la fit frissonner d’horreur. Les masques étaient parfois un peu dérangeants certes, mais celui-là était tout bonnement terrifiant. Trois masques vêtus par une seule et unique personne, présentant trois émotions différentes. L’invocatrice n’osa même pas regarder l’homme dans les yeux (enfin, l’interstice qui se trouvait en face d’elle, plutôt), et laissa faire Joy, qui se débrouilla assez bien pour prendre l’homme à son propre jeu. Trop déterminé à affirmer que la « Légion » n’existait pas, il ne s’était même pas rendu compte que Joy n’avait jamais mentionné ce nom. Ah ça, quand on est trop têtu…

Alors qu’elle levait les pouces vers Joy, très satisfaite du tour de passe-passe que la voyageuse venait de faire, le masque changea brutalement d’expression, passant par chacune des trois faces. Blanche eut un recul de terreur et de dégout, se demandant comment le masque pouvait se mouvoir ainsi. N’ayant pas le temps d’expliquer ce qu’elle venait de voir, l’homme masqué s’était approché d’elle et les félicitait. Cependant, on n’entrait pas dans la Légion (qui n’existe pas, comme l’homme s’époumonait à le rappeler) aussi facilement, et d’un claquement de doigt assourdissant, le sol s’ouvrit sous les deux voyageuses qui tombèrent dans un toboggan interminable. Dans sa panique Blanche se dit que ça ressemblait à un vieux film d’espionnage, avec une base secrète qui se trouvait et que l’on pouvait accéder uniquement par un labyrinthe de passages cachés et de toboggans divers.

La chute fut dure, et Blanche tomba sur les fesses sur du ciment bien rigide. Aïe… Heureusement qu’elle ne sentirait pas la douleur en se réveillant, du moins, elle l’espérait. Alors qu’elle essayait de reprendre ses esprits, les voyageuses furent aveuglées par la lumière des projecteurs de l’immense arène dans laquelle elle se trouvait. Face à elles, deux autres costumes armés jusqu’aux dents, prêt à en découdre face aux deux voyageuses. Un présentateur, sur une estrade en hauteur, annonça ce qui les attendait, chauffant la foule qui attendait ce massacre avec impatience. Attendez, comment ça, deux d’entre eux vont mourir ? Blanche n’avait pas signé pour perdre la vie ce soir ! En même temps, elle aurait dû s’y attendre. On n’en pouvait pas entrer impunément ici, demander son billet d’entrée et être accueilli ainsi. Il fallait le mériter.

Alors que Joy la gratifia d’un jeu de mot, cette phrase eut l’effet d’une sonnerie de cloche, et les deux figures face à elle chargèrent les deux voyageuses, chacune prenant pour cible soit Joy, soit Blanche. La silhouette qui avait choisi l’invocatrice pour cible maniait des chaînes et alors que Blanche se jeta sur le côté pour l’esquiver, la figure masquée fit volte-face et lança ses chaînes sur la jeune femme, qui s’enroulèrent à sa cheville. Tirant d’un coup sec dessus, elle empêcha Blanche de se relever, faisant rencontrer son visage avec le sol. Alors que Blanche essayait de se remettre de cette chute, le masque continua de tirer sur la chaine, amenant l’invocatrice à lui et sortant une dague pour se débarrasser de l’intruse qui osait prétendre à sa place dans « l’association » (rappelons que la Légion n’existe pas).

L’adrénaline reprenant le dessus, Blanche refusa de se laisser faire et tira de toutes ses forces sur son cheville, dans le but de se défaire de la prise de son adversaire, en vain, la chaîne serrant sa prise bien trop forte. Voyant que cette stratégie simpliste ne fonctionnait pas, Blanche fit apparaître un dard paralysant et le lança dans le bras qui tenait la chaîne. Surpris, la silhouette costumée lâcha son arme, et Blanche pu enfin ramener la chaîne à elle, retirant une de ses armes à son adversaire. Oui, une de ses armes, car il avait toujours la dague dans sa main non paralysé, et n’était pas le dernier des idiots, son adversaire sauta sur l’invocatrice, dague en main.

Souhaitant accessoirement ne pas mourir, Blanche réussit à maintenir la figure en utilisant son pied qu’elle appuya sur le ventre de son adversaire, et bloqua la main armée du costume avec une de ses propres mains. Cependant, Blanche n’était pas une grande sportive et elle se sentit bien vite faiblir face à quelqu’un qui devait mettre bien plus de force qu’elle dans son arme. Terrorisé, et ne réfléchissant plus vraiment, Blanche fit apparaître un groupe de dards dans sa main libre qu’elle enfonça dans le cou de son adversaire, fermant les yeux au glapissement de surprise. Sentant enfin que la force de son adversaire était minime, Blanche le repoussa et se recula le plus loin possible de lui, la chaîne toujours accrochée à sa cheville, alors que la silhouette se débattait mollement, les dards fins toujours plantés dans sa gorge. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’il ne rende l’âme suite à ses blessures.

Blanche venait vraiment de tuer quelqu’un. Elle avait déjà achevé des monstres en compagnie de Mysto à Compet-Land, mais cette sensation n’était pas la même. Là, ce n’était pas un animal ou un ogre moche. Il y avait surement quelqu’un sous le costume, que ça soit une créature ou un voyageur, et Blanche venait de lui ôter la vie. Mais est ce qu’elle était vraiment en tort ? Il voulait la tuer, elle s’est simplement défendue. Voilà, c’était de la légitime défense, rien de plus ! Elle aurait pu détourner le regard face à son adversaire agonisant, mais elle n’en fit rien, presque hypnotisée par ce qu’elle voyait, incapable du moindre mouvement.

Elle s’était juste défendue, rien de plus.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Ligue M
Pouvoir : Contrôleuse des maths
Points de Puissance : 33 600
Points de Réputation : 28 200
Messages : 238
MessageSujet: Re: Intrigues de Ruche [Joy et Blanche]   Jeu 8 Fév - 17:13

Le combattant ou la combattante costumé portait une épée, et Joy plaça immédiatement une formule de poids et une formule encore de trajectoire, si besoin. Son adversaire désigné fonça avec son épée et l’entailla directement, en enfonçant les tissus de sa robe. Il savait viser, il avait prévu de toucher le cœur, mais il ne trouva que la pierre. Joy remonta la lame et lui adressa un coup de poing qui résonna dans le masque. Des formules vertes et lumineuses parcouraient le poing à l’endroit des os durcis par sa technique de l’Instalock Ossadure, et son adversaire recula et prit le temps d’analyser la situation. La matheuse jeta un coup d’œil à Blanche, qui avait elle aussi du mal dans son combat. Joy regarda son poing comme gravé de formules, c’était la première fois que son pouvoir était visible pour tout le monde, et si rien de logique ou de connu expliquait ça, c’était sûrement dû à un pouvoir. Elle fixa du regard son adversaire, qui modifiait son masque tout en reprenant celui qu’elle lui connaissait déjà. Un invocateur de masques ? Il serait impossible de savoir ce qu’il pourrait faire. Une voix d’homme rigola derrière le masque, et il se défît de ses vêtements marqués par les formules de Joy, ainsi que de son épée. Il fit craquer ses poings et arriva droit sur Joy, plantant son poing dans son ventre, jusqu’à la faire hurler de douleur. En le voyant contre elle, la voyageuse remarqua que le masque avait changé, il avait désormais la couleur et l’apparence d’une pierre marron et grise, rien à voir avec ce qu’elle avait vu précédemment. Un modificateur de masques, et chaque masque devait avoir des effets spécifiques ! Ainsi, elle avait en face d’elle un type de combattant qu’elle redoutait : le guerrier polyvalent et en pleine maîtrise de toutes ses capacités. L’homme voulut frapper une nouvelle fois en pleine tête, mais Joy amena l’épée en une formule de trajectoire et posa le plat de la lame entre nous. Le coup du type était parti et résonna contre le métal, Joy contre-attaqua en saisissant les parties génitales de l’homme avec l’Instalock Ossadure. Il se mit à hurler à son tour et elle monta l’os crânien de son front et vint l’assommer avec un coup de boule envoyé sans ménagement.



- J’ai de la ressource, mon vieux, même si tu peux me contrer !
- Mon masque adaptatif peut tout faire ! Te tuer notamment !
- Ce sera un plaisir de t’ajouter à la longue liste des péteux devenus victimes de mes formules ! Amène-toi !



Si Blanche pouvait suivre son combat, elle aurait un petit aperçu de ce qu’était un combat entre voyageurs (ou bien créatures, mais Joy doutait de la nature onirique de l’homme). On commençait en s’échauffant, on s’analysait, on se causait et on préparait le plan suivant, dans un déroulé classique mais efficace. Joy ferma les yeux, se concentra, lança ses billes de bois dans les airs et lança son flingue devant elle, à côté de l’épée. Elle planta les billes de bois dans le ciment de l’arène, de manière concentrique, et faisait en attendant la prochaine attaque un calcul de cercles concentriques. Puis, il arriva de nouveau. Sans formules posées sur son corps, ses vêtements ou quoi que ce soit, il se donnait à fond. Il avait compris que les formules ne touchaient pas le corps, et il combattrait à poil si besoin. Joy n’avait pas besoin de perdre son temps pour le diminuer devant la Légion Vénitienne, car leur combat était parti sur autre chose : qui allait niquer l’autre en premier. Au sens d’arnaquer bien sûr ici !


Elle esquivait toutes ses attaques sans frémir, dans un effort physique et au maximum de ses capacités dans le combat rapproché. Bien sûr, elle boostait sa vitesse et la force de ses coups pour palier au manque technique que son adversaire ne loupait pas. Le masque changeait de couleurs et d’apparences comme un caméléon, et il se figea sur un aspect de flammes rouges et or. Joy s’abaissa et une gerbe de flammes sortit du masque. Un coup de poing gigantesque envoya la matheuse au tapis, et le masque devenu transparent comme de l’eau de mer permit à l’homme de placer la voyageuse dans une prison aqueuse. Elle envoya l’épée se redresser tandis qu’il s’approchait, et il n’arriva pas à tenir la prison car le masque changea de couleur, et l’eau disparut.

Joy avait retenu l’information dans un coin de sa tête. Le voyageur avait du mal avec son masque adaptatif, et il se reposait sur ses propres choix et pas forcément ceux du masque qui semblait avoir un semblant d’indépendance par rapport à ce qui l’entourait. Elle essaya de trouver une solution valable, et rien ne venait. Quand soudain, elle trouva l’évidence qui était devant elle. Enfin, elle pensait que c’était une évidence, mais elle ne l’avait pas encore testé. Le masque n’était pas seulement utile pour combattre, il était aussi utile pour impressionner son adversaire en se présentant comme un contre pouvoir efficace. Joy plaça une formule sur le front du masque, et l’homme ne fit aucun commentaire. L’avait-il repéré ? Elle ne pouvait le dire mais l’espérait fortement. Il chargea de nouveau, cette fois avec une apparence de fer sur le masque. Joy fit deux mouvements, puis un troisième décisif. Tout d’abord, elle envoya le flingue dans le ventre de son adversaire, qui montra de quoi le masque était capable. Bloquer le projectile comme une armure. Les effets d’armure étaient valables pour tout le corps. Puis, elle fonça le poing en avant, avec l’idée d’arracher le masque. L’homme riposta dans le mouvement, et leva le bras pour la mettre KO sur le coup. C’est alors que la deuxième formule entra en question. Poids maximal. Le masque se détacha du visage du voyageur et tomba au sol. Son porteur dévoila son visage, et Joy activa les formules tout autour de l’arène en se stoppant. Les billes furent propulsés de partout et frappèrent d’un même choc le corps du voyageur, dans une mitraille circulaire.


L’homme tomba, frappé par la foudre des mathématiques de Dreamland, les yeux révulsés, sur son masque qui prit la couleur du ciment. Joy ramassa l’objet et le mit dans son sac. Elle regarda le présentation, qui ouvrait les bras en demandant d’acclamer les deux gagnantes, car Blanche avait déjà fini son combat depuis quelques minutes. Un silence suivi les applaudissements, et le présentateur de la soirée prit la parole.



- Quel spectacle mes amis ! Quel spectacle ! C’était…!
- Dites, vous tous…!


Joy prenait la parole d’une voix calme et posée, mais son ton ne laisse présager rien de bon. Elle regarda la foule et eut une confirmation : le pouvoir du voyageur n’avait pas affecté la salle. C’était parfait pour mettre l’ambiance comme elle le voulait.


- Depuis le début vous êtes tous, sans exception, sous mon pouvoir. Il suffit que je cligne des yeux, et vous tombez tous pour que je vous tue.
- Comment !
- EST-CE UNE FAÇON D’ACCUEILLIR DES HONNÊTES FEMMES AU FOYEEEEER ?



Joy était gentille. Joy était douce. Mais Joy n’avait pas du tout aimer tuer gratuitement des gens qui demandaient que la même chose qu’elle. Elle était maintenant passée en mode énervée, en faisant voler autour de sa tête les billes de bois et les pyramides, prête à sniper qui elle voulait.


Dernière édition par Joy Killamanjiro le Jeu 8 Fév - 19:23, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Intrigues de Ruche [Joy et Blanche]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Intrigues de Ruche [Joy et Blanche]
Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Partie RP :: Première Zone :: Maskaria-
Sauter vers: