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 Miaou ! [Jetée en pâture]

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Ligue B
Pouvoir : Pouvoir des 9 queues
Points de Puissance : 23 000 points
Points de Réputation : 21 900 points
Messages : 133
Localisation : Horror Park
MessageSujet: Miaou ! [Jetée en pâture]   Ven 19 Jan 2018 - 18:49

Illustration du contexte
Modèle voyageurs | RACKA Edgar





Surnom: L'Immortel
Sexe: Masculin
Âge: 20 ans
Habite à : Marseille
Activité : Etudiant en L2 Lettres Modernes / Rugbyman
Phobie : Ailurophobie, peur des chats
_____

Pouvoir: Pouvoir des 9 queues - 2 queues pour le moment : plus rapide et endurant
Objet magique: La patte de lapin porte-bonheur [rang C] (Artefact qui sera obtenu dans l'un des premiers rps effectués suite à la validation)
Alignement : Chaotique / Bon
Objectifs : À long terme : Trouver Edenia afin de s'expliquer avec ses parents, et d'ainsi trouver la paix.
À court terme : Protéger Horror Park et aider les êtres plus faibles dont il croise la route. Lutter contre l'injustice et empêcher les plus forts d'imposer leurs règles parfois malsaines.
_____

Demande de PR : Au choix du staff, j'ai du mal à l'évaluer
Demande de PP : 12 000
Classement souhaité : N°401 de la ligue B
Tant que je serais en vie, quiconque attaquera mes amis mettra la sienne en jeu !



Description


Look négligé, clope au bec

Edgar est plutôt grand et possède une silhouette athlétique sans être trop massive. Il fait du rugby depuis une dizaine d'années et pratique donc la musculation, en dehors des entraînements, pour que son corps puisse idéalement remplir son rôle d'ailier. Rapide mais tout de même robuste, le jeune homme est une lance capable de s'enfoncer profondément dans les rangs adverses. Ou, tout simplement, d'user de sa matière grise et d'un jeu de jambes technique pour les désorienter et marquer un essai sans être effleuré.

Il a un visage plutôt expressif, avec des sourcils épais qui trahissent souvent le fil de ses pensées. Son teint, plutôt mat, lui vient de ses origines algériennes, tout comme son nez aquilin. Son front ample et large semble présager d’une certaine ouverture d’esprit. Ses cheveux pourraient être bien coiffés s'il n'avait pas pris l'habitude de s'y passer les mains pour réfléchir. Cela lui donne un petit côté mauvais garçon qui plaît bien à certaines femmes. Il possède une petite barbe qu'il laisse pousser afin de se vieillir et n'arrive pas à se débarrasser d'une vilaine addiction à la cigarette. Il ne prend pas spécialement soin de son apparence et adopte un look négligé, qui ne met pas toujours en valeur sa musculature.

Sa voix est grave et forte. Il n’a jamais besoin d’hurler pour se faire entendre, sauf sur un terrain. Son esprit vif lui permet de s’exprimer avec aisance et de ne pas chercher ses mots, ce qui lui a souvent été utile lors des oraux du bac. Il utilise toutefois un langage assez imagé parfois, afin de ne pas se faire chambrer par ses amis.

À Dreamland, son apparence est presque la même si on excepte quelques détails : il a deux longues queues de chat, une rousse et l'autre noire, qui se baladent derrière lui quand il marche. Des dents et des yeux félins lui donnent un air assez sauvage, et il porte un pendentif autour du cou auquel est attaché un bout de fémur.

Derrière la bad attitude, un grand cœur

Lorsqu'il n'est pas sur un terrain de rugby ou dans les vestiaires, Edgar a un tempérament plutôt calme qui surprend toujours. Cela lui a valu d'avoir le cœur brisé par sa première copine, qui le trouvait pas assez "caillera" pour elle. Il a souvent le nez dans des romans d'heroïc-fantasy ou même dans des mangas, même quand il est entouré par ses potes. Pourtant, la majorité d'eux voient la lecture au mieux comme une perte de temps, au pire comme une torture.

Cependant, personne ne lui fait aucune remarque. D'abord car ils y sont habitués et ensuite parce qu'ils savent qu'ils peuvent compter sur lui en cas de coup dur et qu'il faudrait vraiment être un crevard pour briser les couilles à un mec comme ça.

C'est Edgar qui s'est désigné responsable quand Ismaël s'est amusé à poser des punaises sous la chaise de la prof, en 5ème. Il savait que le père d'Ismaël le frappait et que ses propres parents se contenteraient d'une simple remontrance. C'est également lui qui s'est interposé, en 4ème, quand les grands du lycée sont venus fracasser Antoine car il avait tenté de leur refourguer de l'herbe coupée avec du thé. Il avait fini aux urgences après avoir été passé au tabac. Bilan : plusieurs côtes cassées. Et la liste était longue, chacun des amis d'Edgar aurait une anecdote à raconter le jour où Edgar ferait l'acte héroïque de trop.

Edgar, c'est le genre de type qui s'en bat les couilles que vous ayez commis une erreur si, au moment B, vous le regrettez et qu'un mec plus puissant que vous confond votre crâne avec un tambour alors que vous vous êtes déjà excusé. Il se base davantage sur son propre jugement que sur les lois et les traditions pour décider de qui mérite d'être sauvé, de qui a tort ou a raison.

C'est à se demander s'il nourrit d'autres objectifs que celui de mourir jeune, en s'interposant héroïquement entre la lame d'un malfaiteur et sa victime. Heureusement, le jeune homme a le cuir et les os solides.

Malgré les apparences, c'est quelqu'un de réfléchi qui aime pas mal rêver et philosopher. Après tout, si c'était pas le cas, pourquoi se serait-il inscrit en fac de lettres après avoir suivi un cursus scientifique ? Ce goût de la réflexion l'a poussé à réfléchir à la place des créatures et des Voyageurs au sein de Dreamland. Il ne pense pas que les créatures soient totalement issues de l'imagination collective des rêveurs et croit en une part importante de hasard et de volonté propre. Il pense donc que les créatures, à l'instar de tout être humain, doivent être respectées.

Il ne perd pas de temps en réflexion quand il voit quelqu'un en danger et s'interpose même au péril de sa vie, surtout à Dreamland où les conséquences peuvent être moins tragiques que dans le monde réel.

Depuis qu'il a appris son existence, son plus grand rêve est de retrouver Edenia afin de s'expliquer avec ses parents, qui sont morts dans un accident de voiture quelques mois avant qu'il ne découvre Dreamland. Il ne leur a pas suffisamment dit à quel point il les aimait, de leur vivant, et s'était brouillé avec eux au point de leur dire qu'il ne voulait plus jamais les revoir juste avant qu'ils meurent. Il a la sensation qu'une partie de lui est morte avec eux ce jour-là et les revoir lui permettra peut-être de retrouver la paix.

Il aime énormément son frère de quinze ans, Adam, qui est sous la tutelle de son oncle et sa tante. Mais il s'inquiète pour lui depuis qu'il l'a surpris à fumer en compagnie de gens peu fréquentables. Il a par ailleurs un côté plutôt moralisateur qui provoque soit l'admiration des plus jeunes, soit l'agacement. Du côté de son frère, c'est l'agacement qui l'a emporté et leurs relations ne sont pas des plus cordiales.

Il a toujours eu une relation assez conflictuelle avec ses parents, née d'un manque de communication. Il a souvent couvert ses camarades sans dire toute la vérité à ses parents et tout ce qu'ils voyaient, c'était un Edgar amoché qui rentrait couvert de blessures quand ils n'étaient pas obligés d'aller le chercher en garde à vue.

Il est du genre à jouer les paladins et ne sauve pas que les pucelles en détresse. En parlant des femmes, il s'est toujours montré maladroit avec elles et souffrait du même problème de communication qu'avec ses parents. Plutôt que de leur poser directement la question, il s'est toujours fait des films sur leurs attentes, ce qui l'a conduit, par exemple, à se comporter en parfait salopard par crainte de passer pour un mec trop tendre.

Il n'hésite jamais à frapper le premier et à prendre des décisions rapides dès que la tension grimpe trop. Il apparaît dans ces moments-là beaucoup moins doux et réfléchi, même si cela lui a permis de remporter plusieurs matchs et quelques bagarres, dans la vie réelle comme à Dreamland.

Hormis sa peur des chats, il n'a jamais eu peur de rien dans le monde réel. Pas par manque d'imagination mais plutôt du fait qu'il ait accepté beaucoup de choses, comme le fait qu'il puisse mourir un jour. Il sait également ce que c'est que de se faire mal donc il ne craint pas de se faire blesser. Par contre, les chats tout mignons, ça le fait juste sauter au plafond : allez savoir pourquoi !

Histoire


Edgar est né dans une famille où la communication n'a jamais été au beau fixe. Sa mère, Alice Rousseau, de son nom de jeune fille, avait été élevée par une mère célibataire qui lui avait appris à se méfier des hommes. En effet, le père d'Alice avait quitté sa mère pour une autre femme et ne s'était jamais occupé de sa fille, se contentant de la voir une fois tous les deux mois et de la couvrir de cadeaux. Du côté de son père, Adib Racka avait été élevé de manière stricte par sa famille, issue de la première vague migratoire de 1905. Sa famille avait d'abord commencé à travailler dans les raffineries et huileries de Marseille, puis avait gravi les échelons sociaux de génération en génération, tentant de transmettre à la génération suivante l'amour de la France et le désir de réussir.

De ce fait, Adib était un homme bon, travailleur et cultivé, qui était parvenu à obtenir une bourse pour étudier à la Sorbonne. Il y faisait une thèse en histoire contemporaine tout comme Alice, qui était d'un an son aînée. D'abord méfiante et même cassante, la jeune femme avait fini par dépasser ses à-priori et à tomber amoureuse de cette homme qui se montrait cordial et professionnel malgré les vexations. Ils avaient tous deux obtenus leur titre de docteur et décidèrent rapidement de se marier, quand Edgar fut conçu.

Le bonheur des uns fait le malheur des autres. La mère d'Alice, qui habitait Paris, mourut et Mohammed  n'eut aucun mal à convaincre Alice de l'accompagner à Marseille où ils trouvèrent des postes d'enseignants-chercheurs à la fac. Cependant, la communication entre-eux se dégrada car Adib était très proche de sa famille et Alice ne pouvait pas s'empêcher d'en ressentir une pointe de jalousie, ayant perdu toute celle qu'il lui restait.

C'est donc dans ce contexte qu'Edgar a grandi. Ses parents se sont toujours montré aimants à son égard mais étaient très occupés à la fois par leurs recherches et par leurs différends. Ils ne se disputaient pas si souvent que ça et, lorsqu'ils le faisaient, ils essayaient d'éviter de se donner en spectacle devant Edgar. D'ailleurs, comme un témoignage de leur amour l'un pour l'autre malgré tout, Adam le petit dernier ne tarda pas à voir le jour.

Au fil des années, Edgar et Adam prirent sans le vouloir leurs parents comme modèles et se montrèrent assez réservés. Ils prenaient sur eux plutôt que d'avouer qu'une chose les ennuyait, et tentaient de sauver les apparences. Ainsi, la famille Racka semblait être une famille sans histoire, où les disputes étaient rares alors que tout le monde cultivait son jardin secret et prenait son mal en patience.

C'est la raison pour laquelle Edgar grandit à Marseille sans jamais tout dire à ses parents, encouragé par la loi du silence qui régnait dans certaines rues où il zonait. Il avait pas mal de cousins dont les parents avaient pas eu autant de chance et de talent que son père, et qui vivaient plus ou moins dans la misère. On pouvait au choix les voir comme de mauvaises fréquentations ou comme des victimes de leur carcan sociétal. Edgar avait pris pour modèle les plus sages et respectable, ces "grands" des cités qui intervenaient lorsqu'une bagarre risquait de tourner au fait divers. Sans pour autant abandonner l'école où il s'efforçait d'avoir des notes correctes pour satisfaire ses parents, il allait souvent dehors pour "taper un foot" avec ses cousins et leurs camarades, et finit par devenir très ami avec certains d'entre eux.

Cela lui valut quelques déboires car la famille qu'il s'était choisie avait des rivales. Des règlements de compte et la disparition de certains des membres les plus actifs côté crime fit prendre conscience à Edgar que la vie n'était pas un jeu, qu'on pouvait mourir et que les tueurs n'existaient pas que dans les films. Cela lui ouvrit également les yeux et lui permit de ne jamais se livrer à des actes trop borderline.

Lorsqu'il finit par atteindre la quinzaine, il commença à gagner le respect des "grands". Il était vu comme un mec clean, qui ne jugeait pas les autres, n'hésitait pas à les couvrir en cas de soucis. Les avis divergeaient : certains l'admiraient, d'autres le détestaient. Edgar était le premier à s'interposer quand une bagarre éclatait, et à tenter d'identifier les membres les plus dangereux afin d'éviter le drame. Plutôt que de s'attaquer à  ceux qui gueulaient le plus fort, il cherchait du regard celui qui avait le regard déterminé du type qui s'apprête à sortir un couteau.

Malgré le fait qu'il s'était mis à la boxe, en club et dans la rue, Edgar n'était toutefois pas un super-héros et il lui arriva de perdre ses dents sur le trottoir ou d'être laissé au sol, les cotes brisées. Les hôpitaux de Marseille avaient de bons médecins et capables de miracles, il put poursuivre ses activités sans en garder des séquelles et n'apprit jamais sa leçon correctement : il continua de se battre, d'intervenir, de protéger ceux qu'il estimait sans se soucier de prendre le coup de trop, qui mettrait fin à ses jours et laisserait ses parents et son petit frère en pleurs.

À côté de ça, il ne s'expliquait avec ses parents. Il se contentait d'encaisser stoïquement leurs reproches et de garder profil bas jusqu'à ce que ses notes et son comportement exemplaire et poli, à la maison, lui permettent d'avoir de nouveau le droit de sortir. Il abandonna peu à peu la boxe pour se mettre au rugby, et se fit de nouveaux amis, plus fréquentables pour la plupart.

Cependant, il arriva rapidement à l'âge où les troisièmes mi-temps sont nombreuses et découvrit qu'un rugbyman éméché était un aimant à emmerdes. Faire partie des deux mondes lui permit d'éviter à quelques équipiers de se retrouver à l'hôpital, en jouant les médiateurs lors des conflits. Il y eut quand même des bagarres et des démêlés avec la justice, et les parents d'Edgar s'en arrachaient les cheveux. Les disputes devinrent assez fréquentes, alors que le jeune homme se sentait étouffé par leur amour et leur désir de le protéger. Et il y eut la dispute de trop.

C'était suite à un repas un peu arrosé (Mohammed buvant de l'alcool tout en étant musulman) que la dispute éclata. Edgar quitta l'appartement en déclarant vouloir prendre un appart et ne plus jamais les revoir, maintenant qu'il était à la fac. Fous d'inquiétude pour leur fils, Alice et Adib prirent la voiture afin de retrouver leur fils, la peur prenant le pas sur la prudence. Adib appela tout de même son frère pour qu'il passe à la maison et qu'Adam ne se retrouve pas seul.

Au petit matin, Edgar apprit que ses parents étaient morts dans un accident de voiture, alors qu'ils le cherchaient. Son pote Ismaël, chez qui il avait fugué, ne parvint pas à le consoler malgré tout ce qu'il put. Il se sentait fautif et coupable de la mort de ses parents. Si seulement il avait pu revenir en arrière et s'expliquait avec eux. Pour se calmer, Edgar frappa un mur jusqu'à se briser les phalanges, ce qui lui valut un séjour à l'hôpital et la consultation mensuelle d'une psy.

Au début, les séances ne lui firent pas grand chose car il n'arrivait pas à s'ouvrir à elle. Il ne voyait pas comment une autre personne, peu importe ses diplômes, pourrait l'aider ou même le comprendre. En plus, elle avait un chat et Edgar était incapable de rester dans la même pièce que cet engin de destruction massive. Il n'était même pas sûr que les psys aient le droit de consulter avec un animal de compagnie, même si la psy déclarait que cela apaisait les gens.

Il avait donc commencé à parler de sa phobie, plutôt que de sa peine. Comment depuis tout petit, il craignait les chats au point que ses parents avaient renoncé à en acheter un, ou que ses amis étaient obligés d'enfermer le leur quand il était de passage chez eux. Il ne savait pas d'où venait cette peur. Ses parents en plaisantaient en disant qu'un chat avait dû tomber dans son berceau et le griffer, lorsqu'il était enfant. En tout cas, il avait peur d'eux et faisait souvent d'affreux cauchemars où il était poursuivi par ces satanés bêtes de poils.

Plus tard, il finit par se confier sur ses parents et à accepter qu'il n'était pas responsable de leur mort. Il avait été l'un des facteurs qui les avait poussé à prendre la voiture, mais l'alcool en avait été un autre. Il se fit la promesse de ne plus en boire une goutte et essaye à présent d'arrêter la cigarette. Il vit seul, dans l'appartement familial, tandis que son frère a été placé sous la tutelle de son oncle Abdel. Il s'inquiète pour son frère car il a peur que celui-ci suive ses traces et finisse par s'égarer.[/justify]

Chroniques


♦️ Juillet ♦️
Un étrange spectacle se déroulait dans la ville de Félina et amusait les badauds. Un rêveur plutôt grand et basané courait de toutes ses forces, poursuivie par une dizaine de chatons plus mignons les uns que les autres. Les petites créatures à fourrure voulaient simplement le câliner mais le rêveur ne l'entendait pas de cette oreille. Les lèvres ouvertes, réprimant un cri que sa virilité l'empêchait de pousser, Edgar était tenté de courir les yeux fermés tant le monde qui l'entourait était cauchemardesque.

Il y avait des félins à tous les coins de rues, de toutes les formes et de toutes les tailles. Des hommes-chat, des tigres, des lions miniatures, des siamois bipèdes qui tentaient de refourguer un poisson plus frais depuis plusieurs jours. Partout où Edgar portait le regard, une créature indicible le lui rendait. Et le pire, c'était la horde de démons qui avait décidé de le prendre en chasse. Il les entendait rire et émettre des ronronnements démoniaques.

Une part du cerveau d'Edgar tentait de le raisonner : ce sont juste des chatons, ils sont inoffensifs et pas méchants. Mais il était majoritairement dominé par le désir de fuir.

Il slalomait entre les passants en évitant de leur adresser un regard ou de les percuter violemment. D'une parce qu'il voulait éviter un contact physique, de deux parce que ça se faisait pas.

Il finit par déboucher dans une ruelle sans issue. Il n'avait pas besoin de regarder derrière-lui pour savoir qu'il n'avait pas semé ses poursuivants : les sinistres miaulements se rapprochaient. Le premier d'entre eux, sûrement le chef, arriva en premier. Vingt centimètres au garrot de sadisme, une bouille à faire fondre la plus psychopathe des mégères et un regard à faire chavirer les cœurs. Pour ne rien gâcher, il avait une fourrure rousse.

Edgar déglutit, jeta un coup d'œil au mur plutôt abîmé derrière-lui. Il avait fait un peu de parkour, quand il était ado. Avait-il tout perdu ? Il commença à attraper les première briques, qui dépassaient légèrement du mur, et tira dessus. L'ensemble avait l'air stable. Il commença l'ascension, tendant ses bras au maximum et écartant son bassin de la paroi afin de conserver son équilibre. Il se souvenait des conseils d'Ismaël et faisait attention au placement de son centre de gravité.

L'ascension fut périlleuse et il manqua de glisser et de tomber à deux reprises. Ses mains étaient rougies par l'effort et du sang perlait à ses doigts. Mais il était sauf, seul sur un toit qui culminait à six mètres de haut. Heureusement qu'il n'avait pas le vertige ! Il s'assit et s'efforça de calmer ses tremblements, quand un miaulement le fit sursauter.

C'était le chat roux. D'une patte joueuse, l'animal lui indiqua un arbre grand et griffé de partout, que les autres chatons s'empressaient de grimper. Quels enfoirés ! Il se leva d'un bond et recula jusqu'au bord du toit, puis regarda sous lui. S'il tombait, il mourrait. Les chatons s'approchèrent et l'encerclèrent. Ils semblaient dubitatifs : c'était cool que le monsieur ait voulu jouer à trappe-trappe avec eux mais leurs mamans leur avaient conseillé de ne pas s'approcher trop près des toits.

Le rouquin poussa un miaulement de victoire et se concentra. Il était sûr de pouvoir toucher le rêveur sans tomber du toit, rapide comme il était. Il évalua la distance, et bondit en avant.

Edgar obéit à son instinct et commença à se déporter sur le côté. Le chaton passa à côté de lui, se dirigeant vers une chute probablement mortelle.

- PUT....

Sans réfléchir, l'adrénaline gonflant ses veines, Edgar bondit dans le vide et attrapa la chose dont il avait le plus peur. Il pouvait pas laisser crever un chaton sans défense, même s'il chiait dans son slip en sa présence. Il plaça la boule de poils honnie au-dessus de lui, afin que son corps amortisse sa chute, et attendit l'impact.

♦️♦️♦️

Il avait un mal de chien, comme si on avait roué son dos de coups. Avait-on mal quand on était mort ? Son dos était trempé d'un liquide poisseux et rouge. Certainement du sang. Penché sur lui, l'homme-chat propriétaire de l'étal de pastèques qui avait amorti sa chute l'insultait de tous les noms. Pas de sang ou de mort héroïque pour Edgar, juste du jus de pastèque, des vêtements fichus et une soupe d'injure.

Edgar perçut le terme "voyageur" parmi d'autres mots plus fleuris, et se demanda en quoi cela consistait une insulte. Il ouvrit les yeux et inspecta la boule de poils qu'il serrait contre lui. L'animal semblait respirer calmement mais sa fourrure semblait moins brillante qu'auparavant. Il semblait devenir de plus en plus léger, entre les bras de l'ailurophobe. Un fil de fumée, d'abord mince puis plus épais, s'échappa du chaton qui finit par se décomposer entièrement.

Edgar se sentit soudainement très triste et se mit à pleurer, sans trop savoir pourquoi. Il ne remarqua pas que la fumée se densifiait autour de lui et qu'une queue de chat était en train de former une bosse dans son pantalon détrempé.

Le marchand ne méprit de la raison de cette tristesse. Ce n'était pas un si mauvais bougre, contrairement à beaucoup de membres de sa profession. De plus, la plupart des pastèques était encore intacte. Il se calma et demanda au jeune homme de l'aider à réparer tout ça. Encore sous le choc, Edgar accepta tout en s'étonnant de ne pas ressentir de peur à l'égard du félin humanoïde.

La tristesse et le remord semblaient avoir remplacé la terreur.

Il enleva son tee-shirt, qui gênait ses mouvements, et se mit à la tâche. La musculature fine et dessinée que l'action dévoila ne semblait pas déplaire aux créatures qui passaient devant l'étal, et quelques clientes plus âgées s'en approchèrent, ponctuant les efforts du jeune homme de commentaires appréciateurs. Parmi eux, il y avait même quelques hommes. Edgar se sentait gêné de tant d'attention et se concentra sur le boulot, tandis que le marchand se frottait les mains.

Peut-être pourrait-il échanger ses pastèques contre des vêtements et les vendre, en gardant ce gamin à son service ?

♦️ Août  - découverte et premiers dangers ♦️

De nombreuses nuits avaient succédé à la première et Edgar avait découvert ce qu'était Dreamland. Il n'était pas retourné au royaume des chats depuis sa première nuit, le marchand lui ayant laissé une très mauvaise impression. De plus, même s'il n'avait plus peur des chats, il ne les portait pas dans son cœur et avait toujours préféré les chiens.

Edgar avait découvert que les autres Voyageurs avaient tous des pouvoirs plus ou moins forts, liés à leurs phobies. Le sien semblait juste d'avoir une queue de chat, ce qui n'était pas forcément très utile. Il avait bien entendu essayé de la contrôler, pour l'envoyer de visage des gens, soulever des objets ou même l'équilibrer dans ses déplacements, mais sa queue était incontrôlable. Il prit finalement la décision de l'attacher autour de sa taille, afin qu'elle soit moins facile attrapable par ses adversaires.

Il avait rapidement découvert que l'un de ses potes, Ismaël, était également un Voyageur. En effet, pour pallier son absence de pouvoir, Edgar avait décidé de reprendre la boxe tout en continuant le rugby, puisque son statut d'étudiant le lui permettait. Il s'était dit qu'en procédant ainsi, il aurait des chances de se retrouver au royaume de la boxe ou dans un autre bled du même genre, et d'apprendre des meilleurs en se faisant dérouiller par eux.

Les choses ne s'étaient pas passées comme prévues. Il avait manqué de se faire trancher en deux par la hache d'un viking, puis transpercer par la lance d'un chevalier. Il n'avait pu que se jeter sur le côté pour le chevalier, mais était parvenu à envoyer un solide crochet du droit dans la mâchoire du viking, puis avait attendu, stoïque, que les combattants passent à l'attaque. Courir ne servait à rien car le cheval le rattraperait sans mal. Et puis, autour d'eux, des combats bien plus bordéliques et meurtriers faisaient rage.

Dreamland avait eu le bon goût de le projeter dans une espèce de champ de bataille médiéval et chaotique, et il serait très certainement mort si un gars ne l'avait pas attrapé par la manche et éloigner de tout ça en se déplaçant à une vitesse irréelle.

C'était un coup d'Ismaël. Plutôt mince, petit et flemmard dans la vie réelle, l'ami d'Edgar était un grand fan de jeux-vidéos et ne sortait pas trop de chez lui. C'était un blagueur, incapable de garder sa langue dans sa poche, et Edgar avait souvent été obligé de s'interposer pour lui éviter de se faire refaire le portrait.

À Dreamland, il faisait partie de la ligue M depuis près d'un an et comptait bien rendre l'appareil à Edgar. Il était également contrôleur de foudre, un pouvoir qu'Edgar trouva super cool et puissant. Il s'en servit pour le protéger durant le reste de la nuit, puis lui donna rendez-vous, la nuit suivante, dans un royaume tranquille de la première zone où ils pourraient causer sans soucis.

Il expliqua de nombreuses choses à Edgar. Le système des ligues, les seigneurs cauchemar, les Voyageurs affiliés à un royaume et les Voyageurs killers. Edgar ne fut pas étonné d'apprendre que le roi de son royaume d'origine avait mauvaise réputation : il ne s'était jamais trop entendu avec les figures de l'autorité et ça confirmait la vision qu'il en avait.

Il lui conseilla de ne pas s'entraîner dans des royaumes situés dans la troisième zone, même si c'était ce qui se rapprochait le plus du style de combat qu'il maîtrisait dans le monde réel. Puis, il lui proposa d'essayer de l'entraîner et Edgar accepta. Même si son pote avait des superpouvoirs, il ne l'avait jamais vu se battre ailleurs que dans un jeu vidéo. Et même s'il n'avait jamais gagné à Street Fighter ou à Fifa contre lui, leurs corps oniriques se rapprochaient de leurs corps réels, non ?

Quelques minutes plus tard, Edgar se tenait les côtes, grimaçant, face à un Ismaël hilare.

- Tu pensais quand même pas avoir une chance, mec ? Tu viens de débarquer !
- Peut-être, mais au moment où tu venais juste de commencer à faire du vélo sans les petites roues, moi je me battais déjà.
- J'avoue, tu bouges bien. On sent que t'as l'expérience des combats, tu sais encaisser et cogner. Mais tu manques de vitesse. Tu toucheras jamais quelqu'un comme moi, même en t'entraînant sans relâche.

Edgar hocha la tête et se mit à rire. Il se rapprocha de son pote et lui flanqua une tape amicale dans le dos.

- Tu as raison ! Merci pour la leçon, c'est vrai que ta vitesse est juste inhumaine ! Tu battrais Usain Bolt ici, non ?
- Certainement, héhé ! Après, c'est pas du jeu vu que je stimule mon corps à l'aide d'impulsions électr... Oh l'bâtard, il s'est réveillé !

Edgar remercia son réveil. Ismaël était un super pote mais était incapable de s'arrêter lorsqu'il était question de l'un des jeux auxquels il jouait. Et, à voir comment il en parlait, il considérait clairement Dreamland comme un jeu-vidéo. Mais Edgar voyait les choses différemment. Pour lui, les créatures n'étaient pas de simples PNJs dont on pouvait disposer pour monter de niveau. Elles avaient des sentiments, une histoire, une famille, des amis. Elles valaient autant que lui et, en tant que Voyageur de Dreamland, il se devait de les respecter et de ne pas les déranger plus que nécessaire.

Bien sûr, il ne se laisserait pas faire si une créature belliqueuse ou un monstre tentait de le boulotter. Mais il leur accorderait autant de respect qu'à un autre Voyageur.

♦️ Septembre - premières armes et entraînement ♦️

Edgar avait réfléchi aux paroles d'Ismaël et évité de se rendre dans des royaumes trop puissants. Il se cantonnait à la première zone, hormis quelques excursions au royaume des chats pour en apprendre davantage sur ses origines. Apparemment, le roi se foutait totalement de son existence et ne semblait pas vouloir le voir ou lui demander de le servir, ce qui permettait au Voyageur de vadrouiller tranquillement dans le royaume. Il avait appris que les Lords protecteurs du palais étaient extrêmement puissants et avait tenté de les approcher... sans succès. Il s'était fait recaler comme on chasserait un moustique. Et vu qu'il ne portait pas les chats dans son cœur... Il n'avait pas trop insisté.

Edgar avait l'habitude de défendre les autres et pas l'inverse, cela le gênait beaucoup de faire partie des faibles de nouveau monde. Il s'efforçait donc de s'entraîner et, dès qu'il était seul et qu'aucun danger pointait le bout de son nez, il faisait différents exercices physiques pour développer ses capacités physiques dans le monde des rêves. Il avait rempli un sac avec des pierres et s'efforçait de courir, de faire des pompes, de grimper et de frapper dans le tronc des arbres tout en portant ce poids. Son cardio déjà excellent dans le monde réel ne faisait que se bonifier à Dreamland.

Et puis, Edgar trichait. Enfin, trichait... par rapport au monde réel. Comme son corps redevenait intact lors de la nuit suivante, il profitait de ses derniers instants de songe pour pousser son corps jusqu'à sa limite, se brisant parfois une côté ou un bras. La nuit suivante, toute fatigue l'avait déserté et pouvait reprendre l'entraînement avec une légère avance.

Niveau exploits réalisés, il ne brillait guère puisqu'il restait souvent en retrait, à s'entraîner. Mais lorsqu'il souhaitait tester les bénéfices de son entraînement solitaire, c'était à Fantasia qu'il se rendait. Le royaume était cool et les chevaliers étaient puissants, courageux et honorables. Ils avaient des idéaux et des valeurs communes avec Edgar, et le jeune homme aurait été tenté de les rejoindre s'ils avaient accepté les Voyageurs.

Edgar aimait trainer dans les tavernes. Il était de coutume d'y raconter ses exploits à qui voulait l'entendre et certains n'hésitaient pas à s'approprier comme siens les exploits des autres. De grandes bagarres générales éclataient alors, rarement létales, et le jeune homme se jetait dans la mêlée afin de récolter sa part de gloire, de bleus et d'expérience.
Il finissait souvent assommé, de préférence sous une table, car les chevaliers cognaient dur ! Mais il s'en sortait mieux la nuit suivante.
Il découvrit rapidement qu'il n'était pas le seul à fréquenter les tavernes pour les bagarres. Kaï, un chevalier du royaume, faisait de même entre deux quêtes. À force de tomber l'un sur l'autre, les deux hommes finirent par se raconter leurs vies et devenir amis. Edgar était friand des aventures oniriques de Kaï, alors que le chevalier était plutôt intéressé par les idéaux du Voyageur. Il s'était ouvert au chevalier de son désir de se dépasser et l'homme bourru mais bon lui avait proposé de s'entraîner avec lui, lorsqu'il avait le temps.
Kaï était rapidement devenu un partenaire régulier de combat. Au départ, Edgar avait eu du mal à le convaincre d'utiliser une épée alors que le Voyageur comptait rester mains nues. Le chevalier avait trouvé cela peu honorable, puis avait déchanté quand Edgar avait esquivé ses assauts en faisant de petits bonds rapides.

L'exercice prenait fin lorsque l'un des deux adversaires parvenait à toucher l'autre de manière létale. Pour Kaï, il s'agissait d'un coup de lame sur presque n'importe quelle partie du corps. Pour Edgar, il s'agissait d'un coup arrêté à la pomme d'Adam. Afin de se motiver, chaque victoire était comptabilisée. Au bout d'une semaine, les scores étaient de 6-0 pour Kaï, et ça semblait mal parti pour Edgar. Se battre contre quelqu'un d'armé, c'était comme se battre contre quelqu'un qui possédait un pouvoir : c'était difficile !

♦️ Octobre - dépassement de soi ♦️

Edgar finit par apprendre de ses erreurs. Ses capacités physiques n'avaient pas tant augmenté que ça, malgré les entraînements incessants. Cependant, son expérience des combats augmentait et cela avait une grande influence sur sa capacité à esquiver et ses réflexes. Peu à peu, il parvenait à esquiver les assauts de Kaï en se déplaçant qu'à peine, tout en se rapprochant de lui. Il parvenait ensuite à attraper le pommeau d'une main et à contre-attaquer de l'autre, ou à passer sous sa lame d'une roulade, se relever d'un bond et lui frapper dans le dos.

Le score final, en début de mois d'Octobre, était de 13-14 pour Edgar et il sentait qu'il avait rattrapé le niveau de son partenaire. Pourtant, Kaï utilisait à présent sa véritable épée et n'avait plus l'excuse de devoir s'habituer à un autre poids. Mais Edgar avait à présent une bonne lecture des mouvements du chevalier, qui étaient rapides mais lourds. Il perdait de moins en moins souvent. Heureusement car perdre un bras faisait mal !

Il lui fallait donc de nouveaux adversaires, moins prévisibles, afin de se perfectionner. Kaï était d'accord avec lui. Il proposa à Edgar de faire un break dans leur relation, le temps de se mettre chacun au point. Puis, dans quelques mois, ils verraient qui s'était le mieux entraîné.

♦️ Novembre - la mort ♦️

Edgar avait cherché de nouveaux partenaires d'entraînement, sans succès. Il avait repris son entraînement solitaire et l'avait entrecoupé avec des excursions à Champiland, aux Plaines Anciennes et dans la campagne de Fantasia. L'objectif était de se confronter à des monstres et des créatures qui ne lui voudraient pas que du bien. L'idée de se servir d'autres êtres vivants pour se tester n'était plus dérangeante pour Edgar depuis qu'il avait vu l'une d'elles boulotter un rêveur.

Il adaptait son style de combat à la morphologie de son adversaire. Contre les adversaires lourds et imposants comme la plupart des dinosaures, il cherchait à les enrager ou les aveugler en leur jetant des poignées de terre ou de sable, puis se servait de sa queue comme d'une cordelette pour la leur passer autour du cou et monter sur eux. Une fois sur la bête, il s'attaquait aux parties sensibles qui se trouvaient souvent sous une épaisse armure d'écailles, lorsqu'il ne se contentait pas de leur crever les yeux en y enfonçant ses doigts. Bref, tous les moyens étaient bons pour se débarrasser de ces monstres dont l'existence était un péril pour la quiétude des rêveurs et des créatures pacifiques.

Certains créatures avaient des capacités très sneaky et Edgar était assez analytique avant de tenter quoi que ce soit. Par exemple, certains crapauds-champignons de Champiland ont la capacité d'émettre des spores aux vertus corrosives : les respirer tuerait la plupart des Voyageurs en moins d'une minute. Lors de sa première rencontre avec l'un d'eux, Edgar avait retenu sa respiration en percevant l'épaisse de fumée, courut et expédié le batracien contre un arbre d'un coup de pied. Il avait ensuite éloigné de la zone de fumées la créature inconsciente qu'il était venu aider.

Il avait progressé et en était plutôt fier : il avait à présent sa place à Dreamland et pouvait poursuivre dans le monde des rêves le rôle qu'il s'était choisi dans le monde réel. Il se demanda ce que ses parents auraient pensé de tout cela. Il ne leur avait jamais parlé de son comportement altruiste qui était la raison de tous ces bleus, de toutes ces gardes-à-vues. Auraient-ils compris ?

Avoir pensé à ses parents fut comme l'ouverture d'une boîte de Pandore. C'était comme si l'excitation de la découverte de Dreamland lui avait servi d'échappatoire, et que la réalité le rattrapait. Edgar se sentit soudain vide et terriblement seul. Puis, il se rappela un fait étrange : quelques nuits avant de vaincre sa phobie, il avait rêvé de sa mère. C'était davantage un souvenir qu'un rêve : lorsqu'Edgar avait 11 ans, ses parents étaient partis au cinéma et lui avait confié la garde de son frère. Sa mère avait alors pris le petit Edgar dans ses bras, l'avait regardé droit dans les yeux et lui avait demandé de prendre soin de son petit frère.

C'était exactement la même chose qu'avait demandé la mère d'Edgar dans son rêve pré-Dreamland, quelques mois après sa mort dans le monde réel. Une idée absurde parcourut Edgar. Et s'il était possible de rencontrer sa mère à Dreamland ? Si le monde des rêves abritait celui des morts ? Mais serait-ce seulement de vrais morts ? Ne serait-ce pas plutôt des créatures oniriques nées des souvenirs qu'auraient les rêveurs des personnes qui leur sont chères ? Il s'en foutait, il avait vraiment besoin de s'expliquer avec eux. De leur dire qu'il les aimait et que, tout ce qu'il voulait, c'était de faire de son mieux pour que les gens aillent bien. Il savait que ce n'était pas son rôle mais ne pouvait pas s'empêcher de porter secours à ceux dans le besoin. Même si cela avait des répercussions négatives sur son avenir et celui de ses proches.

Edgar eut beaucoup de mal à s'endormir ce soir-là. Il essayait se représenter le Paradis, afin de se retrouver dans son équivalent onirique, mais son esprit faisait que se déconcentrer. Et si ses parents s'étaient décomposé ? S'ils étaient à présent des espèces de zombie, ou de squelettes décharnés ?

C'est ainsi qu'un Edgar morose se retrouva dans un parc d'attractions déjanté, avec pour thème l'horreur. Assis sur un banc composé d'ossements, il ne sursauta même pas quand un fémur lui donna un léger coup dans le dos alors qu'un cri déchirant se faisait entendre derrière lui. Il avait pigé que ce royaume n'était pas dangereux, sauf pour les cardiaques, et n'était pas d'humeur à faire semblant d'être effrayé.

- Bah alors, tu réagis pas ? Tu comptes rester assis sur moi longtemps ? Tu m'empêches de faire mon boulot, là, j'suis censé effrayer les visiteurs...
- Désolé, ça va pas trop fort en ce moment...

Edgar se sentait vidé de tout énergie. Comme un con, il y avait cru. Il s'était dit qu'il y avait peu de chances que cela fonctionne, mais il avait visualisé le sourire chaleureux de sa mère, le regard confiant de son père... Et s'était senti plein d'espoir. D'un coup, sa vie lui semblait sans valeur ni saveur.

- Bon, j'suis un banc, pas un divan ou une psy, mais j'suis pas non plus un mauvais gars. Raconte-moi tout.

Edgar trouva absurde de se confier à un banc mais... après tout, pourquoi pas ? C'était pas plus absurde que de passer la nuit à se morfondre alors qu'il y avait bien pire niveau problèmes. Il raconta l'histoire dans ses grandes lignes.

- Je vois, je sais que c'est pas facile de perdre ses parents. Les nôtres ont perdu la boule et sont enfermés dans le cimetière... Edgar, peux-tu te relever s'il te plaît ?
- Bien sûr !

Le banc se transforma en deux squelettes habillés en dandy. L'un d'eux souleva son chapeau et esquissa une légère révérence.

- Moi c'est Ox et lui c'est Kax, enchanté Edgar !

Les squelettes lui proposèrent ensuite de les suivre jusqu'à la Taverne Maudite, une enseigne où les touristes se remettaient de leurs frayeurs en buvant un coup avec le personnel. Le tenancier, une momie plutôt bavarde, fit une bonne impression à Edgar. Il se sentit rapidement comme chez lui et se laissa consoler par les deux squelettes, qui l'introduisaient à leur cercle d'amis comme s'ils l'avaient connu depuis toujours.

C'est cette nuit-là qu'Edgar apprit l'existence d'Edenia, qui représentait un mythe bien connu des créatures. Il se fit la promesse de trouver un jour ce lieu légendaire afin de revoir ses parents et de s'expliquer avec eux.

Cette nuit lui fit réaliser d'autres choses : en passant son temps à s'entraîner, il se faisait que trop peu d'amis et ne prenait aucun plaisir à vivre consciemment dans le monde des rêves. Il consacra donc moins de temps à son entraînement et plus à ses nouveaux amis. Il visitait Horror Park avec Ox, faisait semblant d'avoir peur à certains moments afin de ne froisser personne et commençait à trouver la vie à Dreamland plus réjouissante

Il n'avait pas fait la paix avec lui-même mais ses vieux démons lui accordaient un sursis. Ox était un ami drôle, attachant, pas toujours d'accord avec lui et sage par moments. Il ne savait pas se battre mais ça ne le rendait que plus respectable aux yeux d'Edgar car il avait la force d'exposer librement ses arguments sans se soucier des représailles.

Et il exerçait un métier très dangereux. Deux employés d'Horror Park, en moyenne, mourraient chaque semaine de la main d'un Voyageur. Il valait mieux éviter de surprendre un gars un peu froussard, capable d'invoquer des balles... Mais Kax et Ox ne craignaient pas pour leur existence : les malheurs, ça n'arrive qu'aux autres.

♦️♦️♦️

- Ed', y a un groupe de Voyageurs qui sont en train de chercher des crosses à Ox ! Ox voulait juste que j'me casse et que je t'en parle pas mais... C'est mon pote, quoi, faut qu'on l'aide !

Kax tremblait de tous ses os et sa course semblait l'avoir vidé de toute énergie. Il jeta un coup d'œil à Edgar : le Voyageur ne semblait pas réagir et tremblait tout autant que lui.

Edgar savait pourquoi Ox n'avait pas voulu qu'il soit prévenu. Le squelette savait que le jeune homme rappliquerait immédiatement et risquerait sa peau pour lui. Il avait d'ailleurs mis en garde Edgar concernant son attitude, qu'il trouvait autodestructrice tant à Dreamland que dans le monde réel.

Le jeune homme était partagé. Le sort du squelette était probablement déjà joué et la dernière volonté du squelette était certainement qu'il ne s'en mêle pas, afin de ne pas crever. Il s'agissait d'une groupe de Voyageurs et donc d'un adversaire bien trop dangereux pour lui, jeune Baby fraichement arrivé à Dreamland.

- Qu'est-ce tu fous à pleurer, Ed' ? Bouge tes os, il faut l'aider !

Il n'en fallait pas plus pour que la personnalité de l'étudiant ne prenne le pas sur son respect pour Ox. Il s'excusa mentalement auprès du squelette et courut de toutes ses forces dans la direction d'où venait Kax, laissant ce dernier loin derrière lui.

En courant, il vit que les rues de cette partie du parc, peu visitée, était jonchés de quelques os. Au début, il pensa bêtement que cela faisait partie du décor macabre des lieux, mais il découvrit la réalité quand il rattrapa le groupe de Voyageurs.

L'un d'eux désossait le squelette d'Ox comme on effeuille une pâquerette.

- Un peu, beaucoup, passionnément... Tiens, on a de la visite ?
- Un autre squelette, John ?
- Non, mieux que ça ! Un Voyageur !

Ils étaient quatre, en comptant celui qui prenait Ox pour une fleur. Trois mecs et une jeune femme. Ils marchaient tranquillement, comme s'ils étaient chez eux et que rien ne pouvait les menacer dans ce royaume... ce qui était probablement vrai.

Edgar se força à rester calme : laisser sa colère  s'exprimer ne lui apporterait rien de bon et il risquerait encore plus sa peau. Il pourrait peut-être sauver Ox, il n'était peut-être pas trop tard. Cela faisait beaucoup de peut-être, mais l'espoir permettait au jeune homme de ne pas foncer tête baissée.

- Ef'far... lâcha le crâne d'Ox, avec difficulté.

Il semblait qu'on lui avait brisé la mâchoire. La respiration du jeune homme se fit plus forte.

- Je souhaite parler à votre chef.

Celui qui tenait le squelette le laissa tomber au sol et s'interposa entre le groupe et Edgar. La hargne défigurait son visage de blondinet qui aurait pu être beau gosse sinon.

- Tu t'prends pour qui, princesse ! T'es qui pour...
- Du calme, John. Je suis Jack Wayne, le chef de ce groupe. À qui ais-je l'honneur ?
- Edgar. Juste Edgar. Vous êtes des VK, je suppose ?
- Cela faisait longtemps qu'un merdeux nous avait pas interpellé comme ça sans pisser dans son froc, aussi vais-je te répondre. Oui, nous sommes des VK. Que fous-tu ici, t'es venu nous rejoindre ? Je te préviens, on n'admet pas n'importe qui, on projette de rejoindre les Starkillers.
- Je ne cherche pas les embrouilles ou à vous rejoindre. C'est juste un malentendu. Vous avez blessé mon ami et je suis venu le récupérer, c'est tout.

Jack Wayne, un trentenaire à la barbe mal rasée, poussa un long soupir et secoua la tête. Les deux autres membres du groupe restaient à l'écart et semblaient n'en avoir rien à foutre.

- Ton ami ? Qui... ? Oh ! Ce squelette-là ! s'excita tout seul le dénommé John.

Il revint sur ses pas, fonça sur le crâne d'Ox et sauta dessus à pieds joints, réduisant le crâne en poussière.

Edgar fut pris de cours, n'ayant pas anticipé une telle réaction.

- Et maintenant, tu vas faire quoi ? le nargua John.

Edgar ne répondit pas. Il n'avait plus rien à sauver mais la fuite n'était pas envisageable. Cet enfoiré devait payer ! Il fonça en direction de John, sans amorcer de coup afin d'être moins prévisible. Il prit le risque d'ignorer complètement les trois autres pour se concentrer seulement sur le blondinet et ses mouvements.

John amorça un coup de poing et Edgar tendit le bras droit pour arrêter le coup, paume tendu. Alors qu'il bloquait la main de son vis-à-vis et allait riposter, elle se transforma en lame qui transperça sa paume et s'enfonça profondément dans sa chair, séparant son bras en deux.

Edgar serra les dents et retint un cri de douleur.

Bras croisés, Jack observait la scène.

Le poing gauche d'Edgar était toutefois déjà lancé et atterrit avec violence dans le visage de John, qui partit en arrière. Les deux belligérants se séparèrent, l'un la gueule en sang, l'autre le bras droit inutilisable.

- Tu n'utilises pas ton pouvoir, Edgar ? Tu gardes tes forces pour nous trois ? Tu devrais pas, John n'est pas à prendre à la légère.

John cracha un glaviot ensanglanté et lança un regard mauvais à Edgar, qui grimaçait de douleur. Il se jeta ensuite dans sa direction, la lame tendue. Il voulait faire croire à un coup d'estoc mais c'était une feinte. Il comptait le couper en deux.

La chair fut tranchée et le sang décrivit un arc de cercle avant de tomber par terre. Le regard fou, John réprima un rire extatique. Puis il réalisa qu'Edgar s'était jeté sous lui et que la lame n'avait tranché que son bras invalide.

Sous lui, le jeune homme fléchit ses jambes puissantes et se releva d'un bond, le poing dressé en un uppercut qui cueillit John sous le menton et l'envoya en arrière, avec un petit craquement sinistre. John tomba à terre, sonné, et Edgar lança un regard déterminé au trio restant.

Jack applaudit.

- Bravo, bravo ! Tu es sûr que tu ne souhaites pas nous rejoindre ? T'as du potentiel de killer !

Edgar ne répondit pas et repensa à Ox. Les larmes lui montèrent aux yeux et il fonça sur Jack , le poing dressé. Des cordes jaillirent du dos du leader du groupe et se déployèrent en filet devant lui. Il se retrouva rapidement emmailloté.

- Quel dommage ! Je vous le laisse, les gars. Essayez de le garder en vie, y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis !

Jack s'approcha de John qu'il ramassa et mit sur son dos, puis s'éloigna en sifflotant. Impossible de savoir s'il allait enterrer son subalterne ou trouver un coin tranquille où il pourrait se reposer.

Edgar tenta de se libérer mais ses liens étaient solides. Le duo qui était resté en retrait s'approcha, il s'agissait d'un ado aussi grand que mince, au look gothique, et d'une jeune femme plutôt jolie d'une trentaine d'années. L'ado sortit un coutelas de sa poche et se passa la langue sur les lèvres.

- Tu veux que j'te montre ce que j'sais faire avec un couteau, Mél' ? Dis, tu veux ? Tu veux ?
- Le chef a dit de ne pas le tuer, Andrew. Tu veux pas plutôt me laisser faire ?

La jeune femme mordit dans son pouce et se mit à souffler dedans. Ses bras se mirent à gonfler, prenant rapidement des proportions hors-normes.

- Ah ça non, tu vas encore me gâcher tout mon plaisir ! Tu sais quoi, prends ça ! fit l'ado, avant de planter son coutelas dans l'un des bras gonflés de la jeune femme.

Un sifflement strident se produisit, tandis que la jeune femme fusait dans les airs comme un ballon qui se dégonfle. L'ado éclatait de rire devant le spectacle et fit un adieu de la main à Mélanie, qui s'envolait vers d'autres cieux.

- J'pensais que c'était ta pote, t'es vraiment un gros ta... commença Edgar avant d'être interrompu par un violent coup de pied dans la bouche.
- Ta gueule sale bougnoule ! T'es vraiment le dernier à pouvoir me juger ! Vous êtes tous des sales enculés !

Edgar tenta de répliquer mais les coups répétés de l'ado l'en empêchaient. Ses dents furent rapidement dans le même état que ceux d'Ox, et sa langue une bouillie infâme.

- Andrew le sheitan, Andrew le sociopathe par-là ! Et vas-y que je te rackette ! Que je te tabasse ! Mais à Dreamland, c'est Andrew le chef ! C'est Andrew qui fait mal. Je vais m'arranger pour que toi et toute ta sale race ayez des cauchemars jusqu'à votre extinction !

Edgar ne comprenait pas comment pouvait-on être aussi haineux. Il ne savait pas s'il devait se sentir désolé pour cet ado, le plaindre ou le condamner. Il fallait retrouver ce type dans le monde réel : avec des propos pareils, Andrew risquait de faire une très très mauvaise action. Cependant, il n'eut bientôt plus la possibilité de penser de manière rationnelle tant la douleur était vive.

Andrew commença léger. Il se contenta de lui couper les oreilles. Puis, il trancha chaque doigt qu'il possédait, phalange par phalange. Il lui écarta ensuite la bouche, afin qu'il ne s'étouffe pas avec ses gargouillis. Il lui coupa ensuite les orteils. Comme il s'impatientait, il scia assez rapidement le bras restant et les jambes d'Edgar, en le charcutant autant que possible.

Dès qu'Edgar était sur le point de tomber dans les pommes, la douleur semblait refluer. Comme si son corps avait reçu pour consigne de le maintenir conscient, afin que la torture puisse continuer. Une fois qu'il ne fut plus qu'un tronc humain, qui tentait péniblement de se déplacer, Andrew s'amusa à le piquer à plusieurs reprises avec son coutelas.
Jack et Mélanie arrivèrent au moment où Andrew commençait à se lasser.

- Mais t'es un vrai taré, mec ! Tu pouvais pas juste le passer à tabac ? Comment veux-tu qu'il nous rejoigne après ? Nous sommes pas les gardiens de la galaxie, on va pas l'appeler Groot ! acheva Jack, avant de rire à sa propre blague.
- Je vous l'avais bien dit, chef, qu'il fallait se méfier d'Andrew. C'est un gamin immature et psychopathe ! Il est allé jusqu'à utiliser son pouvoir sur ce gars pour le garder conscient, ça me fout la gerbe...

Aussitôt dit, aussitôt fait, la Voyageuse se mit à vomir contre un lampadaire en forme de fantôme.

Jack s'approcha du tronc et ordonna à ses cordes de le forcer à se redresser et de le hisser à sa hauteur. Le blessé semblait vouloir lui dire quelque chose mais seul un faible babillement s'échappait de ses lèvres. Le chef approcha sa tête des lèvres tuméfiées du blessé, sans savoir qu'il n'avait plus de langue et ne pouvait donc pas s'exprimer.

Utilisant les dernières forces qu'il lui restaient, Edgar tendit son cou en avant et mordit de toutes ses forces l'oreille du leader, qui lâcha un cri de douleur.

- Lâche mon oreille ! Mais lâche mon oreille, enculé ! Andrew, bute-le, bute cet enfoiré ! Fais le lâcher prise, bordel !

Jack donnait des coups de coude dans les côtes d'Edgar, mais ça le chatouillait à côté de ce qu'il venait de vivre. Andrew s'approcha du tronc humain et planta son côté dans le creux de son menton, la lame enfoncée jusqu'à la garde en direction de son cerveau. Les dents d'Edgar s'ouvrirent, libérant l'oreille du chef.

Les VK laissèrent le cadavre derrière eux et s'en allèrent, ayant eu assez d'émotions pour la nuit. Ils ne virent pas qu'une boule germait, là où se trouvait le coccyx, et que la queue arrachée d'Edgar réapparaissait, accompagnée d'une seconde, aussi noire que le manche de l'arme de son bourreau.

♦️ Décembre - le protecteur ♦️

Depuis l'histoire avec le voyageur à la queue de chat, le chef n'avait plus laissé Andrew s'amuser. Le groupe se contentait de tuer les Voyageurs faibles avec clémence, sans trop les faire souffrir. Cela saoulait profondément Andrew. Où était le plaisir ? L'intérêt ? Comment les Voyageurs pouvaient-ils expier leurs péchés dans le monde réel si leur mort se faisait sans douleur et était accompagnée d'oubli ? C'était juste dégueulasse.

Andrew se dit qu'il laisserait sa prochaine proie en vie, afin qu'elle prenne peur à l'idée de s'endormir. C'était ça, être un VK ! Inspirer la peur, faire payer aux gens ! Se montrer meilleur qu'eux, plus fort ! Il repensa au type qu'il avait débité comme un saucisson, il y a deux semaines. C'était tordant, ça ! C'était cool ! Mais le problème, c'est que ce gars retiendrait pas la leçon vu qu'il avait oublié sa vie de Voyageur.

Andrew avait alors eu une idée : il allait penser à ce gars comme ça il retrouverait le rêveur qu'il était devenu. Quand il aurait envie de faire cavalier seul et de se défouler, il irait le voir et transformer ces rêves en cauchemar. S'arranger pour qu'il n'oublie plus jamais !

Avec un peu de chance, peut-être qu'Edgar se suiciderait dans le monde réel ?

Après avoir pensé à lui, Andrew s'était retrouvé à Horror Park, dans le train fantôme. Le wagon où il se trouvait était vide, il n'y avait que sa cible et lui. Parfait. Edgar n'avait pas changé, malgré sa mort : il était toujours sur le qui-vive, et avait un sale regard. Le regard du type qui a du vécu et peur de peu de choses. Andrew avait envie de lui arracher ces sales yeux à la pupille ambrée.

Il sortit son coutelas et un détail le frappa quand Edgar se leva et se mit en posture de combat. Le rêveur avait deux queues de chat. Un rêveur pouvait-il avoir des attributs fél...

Il eut à peine le temps de bondir sur le côté alors qu'Edgar fonçait sur lui et lui envoyait un crochet du droit. Le train fit au même moment un violent écart et ils furent tous deux projetés sur le côté, Edgar gardant l'équilibre à l'aide de sa queue tandis qu'Andrew tombait au sol.

Un coup de pied le cueillit au menton mais il ne ressentit aucune douleur. Au contraire, Edgar eut l'impression qu'il venait de se prendre son propre coup dans la face, et ça faisait mal. Il serra les dents et accusa le choc, se retenant de couvrir son adversaire de coups.

Andrew profita de son hésitation pour décrire un arc-de-cercle avec son coutelas, mais Edgar se contenta de reculer légèrement, la lame n'effleurant qu'à peine son torse, avant de foncer de nouveau en avant. Il visait à présent les poignées de l'ado, qu'il immobilisa et plaqua contre le mur.

Le train fantôme fit de nouveau une embardée et un spectre traversa le plafond en poussant un cri à glacer le sang, tout en les arrosant de sang. Les deux belligérants n'eurent aucune réaction et la créature fantomatique s'en alla, vexée.

Ils avaient été séparés par l'embardée et se tournaient autour. Andrew cherchait une ouverture, pour récupérer son coutelas qui était tombé au sol.

- T'es toujours Voyageur, alors ? J'étais pourtant certain de t'avoir buté... Mais bon, ne dit-on pas qu'il faut se méfier d'un arabe même 20 ans après sa mort ?
- Je ne suis pas arabe, je suis français ! rétorqua Edgar, tout en lui décochant une violente droite qu'Andrew ne parvint pas à éviter.

L'ado recula de quelques mètres, la gueule en sang, mais c'est Edgar qui grogna de douleur. Andrew se mit à rire.

- T'es un peu plus rapide mais tu pourras rien faire contre moi, t'es beaucoup trop fragile. Je suis content que tu sois encore un Voyageur, j'aurais plus de plaisir à te soumettre.
- T'es un contrôleur de douleur, ouais, j'avais deviné. Un mec qui a dû se faire bully dans sa jeunesse, qui est devenu un gros sociopathe dans le monde réel et qui a des penchants sadiques. Tu me fais de la peine, t'es une victime plus qu'autre chose. lâcha Edgar, d'une voix calme.

Andrew accusa le choc. Il ne devait pas souvent recevoir la vérité en pleine face. Il se prit la tête entre ses mains, la lâcha, frappa le mur puis reporta son attention sur Edgar. Le Voyageur l'observait attentivement, le visage impassible.

- Je ne veux pas de ta pitié ! Je les connais les gars dans ton genre, les pseudo-justiciers tout droit sortis de je ne sais quel animé à la con ! Vous faites le bien que pour pouvoir vous branler sur votre réputation, vous êtes justes des hypocrites. Moi, au moins, je suis vrai : je vais te torturer une fois de plus et éprouver du plaisir. Alors frappe-moi que je te fasse mal !

Edgar se concentra et serra les dents. Pour l'instant, la douleur qu'il avait ressenti n'était rien en comparaison de celle qu'il avait subi cette nuit-là. Il porta la main au pendentif qu'il portait, caressant l'osselet qui y était accroché. C'était tout ce qu'il restait d'Ox. Il devait le faire, pour lui. Il lança un regard déterminé à Andrew et se jeta sur lui.

Cette fois-ci, il ne retint pas ses coups. Il décocha crochet sur crochet avec le gauche et lâchait des frappes plus fortes avec le droit. Le combat était à sens unique, Andrew s'était replié en boule, les bras enroulés autour de sa tête pour la protéger et un sourire sur les lèvres. Il doublait la douleur ressentie par Edgar et annulait la sienne, l'ami d'Ox allait se tuer seul. Aucun humain ne pouvait endurer de telles douleurs.

Mais Edgar n'était plus tout à fait humain. Les gencives rougies par le sang et la mâchoire douloureuse, il continuait de serrer les dents et de frapper méthodiquement, jusqu'à ce que son adversaire ne puisse plus se mouvoir. Puis, il domina son adversaire de toute sa hauteur.

Andrew ne comprenait pas. Il ne ressentait pas de douleur mais ne pouvait rien faire et savait qu'il allait mourir si Edgar continuait. Il était dominé. La seule partie de son corps qu'il pouvait mouvoir, c'était sa bouche.

- Qu'attends-tu ? Tue-moi ! Achève-moi ! T'attends quoi ? Que je te félicite pour avoir réussi à surpasser mon pouvoir ? Nous sommes pas dans un animé, mec ! Bute-moi ou je te promet que je vais faire de ta vie un enfer ! M'épargne pas comme un héros de shonen débile ! Ais des couilles, ais des putains de...

Edgar l'attrapa par la bouche et le leva à hauteur de son visage. Andrew essaya de parler sans succès, puis de le mordre mais le Voyageur aux deux queues ne sourcilla pas.

- Tu ne vas pas survivre parce que je suis pétri de bonne intentions. Tu vas survivre parce que j'ai un message à transmettre. Alors écoute-bien car je ne le répèterais pas. Ce royaume, Horror Park, fait partie de la première zone et n'est une menace pour personne. Ici, il n'y avait pas de combattants, juste mes amis. Maintenant, il y en a un. Tu vas donc transmettre ce message à tes petits camarades : tant que je serais en vie, quiconque s'attaquera à mes amis mettra la sienne en jeu. J'en fais le serment.

Edgar reconduisit ensuite Andrew jusqu'aux limites du royaume et le laissa filer.

La nouvelle ne tarda pas à se faire connaître et eut une petite mention dans le prochain DreamMag. Horror Park avait un protecteur : un jeune Voyageur du nom d'Edgar. Et les fouteurs de merde n'y étaient pas les bienvenus.

Derrière l'écran ?

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Comment as-tu connu le forum ? : 42
Connais tu Dreamland ? : 42
Depuis quand fais-tu du rp ?: 42
Pourquoi avoir choisi ce forum ? : 42
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MessageSujet: Re: Miaou ! [Jetée en pâture]   Mar 23 Jan 2018 - 1:07

Yoh !

Bon, le prédef' est en un sens assez différent de ce que j'avais imaginé en le créant. C'est généralement des détails mais qui ont des implications d'importance. Mais rien qui fait que le predef' n'est pas dans l'esprit de ce que j'ai imaginé. Genre juste ar exemple je l'imaginais pas étudiant mais plus genre d'extraction populaire jusqu'au bout.

ça me permet d'aborder l'aspect qui m'a le plus dérangé sur ta fiche. C'est au niveau de l'histoire du personnage. Je trouve juste pas crédible que le mec soit fils de deux enseignants chercheurs mais vive dans la street en mode citée. Même si ses cousins ont de ce milieu. en effet la distance socio-culturelle crée une distance qui font que ton perso aurait au final assez peu de contacts avec ses cousins. Et là où je trouve ça vraiment dommage, c'es que justement t'as un peu dans ta fiche un discours sur ce "carcan social". y a un côté presque absurde entre le message que tu veux porter et le contenue de la fiche. l'un traduisant une volonté de prise en compte de réalités et théories sociales et l'autre faisant preuve d'une assez grande naïveté à leur encontre.  Je trouve que c'est un énorme bémol qui m'a vraiment complètement sorti de l'histoire de ton perso par ce qu'à aucun moment je me suis dois que c'était une trajectoire "réaliste". Je sais qu'on est dans de la fiction mais bon, comme ça s'inscrit quand même dans un monde réaliste, c'est bien s'il y a un tant soit peu de cohérence. Et à ce niveau je l'ai pas trop retrouvé.

La partie dreamland est presque un peu longuette je trouve même si ça se laisse lire comme ta fiche dans son ensemble. L'écriture est agréable.

Bon, sinon, en tant que reprise d'un predef', ça passe. Comme je l'ai dis, quelques changements mais bon, c'ets encouragé l'appropriation. Bref, ça passe en tant que reprise d'un predef'.

par contre, je tiens à te mettre en garde contre 2-3 petits trucs qui sont plus de l'ordre du ressenti vis à vis de ta fiche.  
Il y a un caractère du personnage qui est parfois changeant je trouve. Le personnage a un caractère presque instable par moment on a l'impression, ce qui ça par contre est en opposition complète à l'idée du predef' qui est plutôt un mec droit dans ses bottes.  De plus, certains aspects de sa personnalité semblent presque paradoxaux. Il est calme et réfléchit mais en même temps impulsif et fonceur.  Fais  gaffe à ce genre de choses.

Et pour finir. en fait, c'est plus une impression générale du perso. Par moment, dans ta fiche, j'avais presque l'impression que tu décrivais ton perso de la V1 sphinx. Or, sphinx et Edgar, c'est des perso assez diamétralement opposés ! Après peut être est-ce une volonté d'aborder des thèmes communs aux deux perso, une similarité dans le style ? J'te met juste en garde, essaie vraiment de jouer edgar comme il est : un "bon paladin" et d'éviter de tomber dans un jeu le faisant trop ressembler à sphinx. ce serait pas mal une trahison du perso et predef' de base je pense. Après je te dis ça par ce que j'ai vraiment ressenti un peu l'ombre de sphinx planer en fond de ta fiche. après... on reste pas 4 ans à RP avec un perso sans être marqué donc j'imagine que c'est plus ça qu'autre chose?

Bref, je te valide. Un peu déçu par ce que j'ai été pas mal sorti de ma lecture par des détails en fait. L'écriture est bien mais le contenue un peu brouillon je trouve. Edgar va donc commencer à 8 500 PP, 12 000 PR et en tant que N°739 de la Ligue B.

Bonne chance dans la tenue de ta fiche technique. Bon RP à toi.
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MessageSujet: Re: Miaou ! [Jetée en pâture]   Mar 23 Jan 2018 - 9:28

Hey !

Merci pour la lecture, la validation et les remarques ! Vis-à-vis de la critique concernant la cohérence, j'ai essayé de l'être un maximum mais je ne connais aucun fils d'enseignant-chercheurs qui soit d'origine algérienne donc j'ai été obligé d'imaginer. Et apparemment, le résultat n'a pas été très probant ^^

Il n'y a pas de volonté de ressembler à Sphinx, hormis la couleur verte foncée que je garde par nostalgie. Mais je reste la même personne et donc, forcément, va me falloir du temps pour "trouver" Edgar et qu'on ne sente pas le côté "Sphinx".

Sinon, j'ai pris le parti de voir Edgar comme un rebelle au grand cœur, d'où l'alignement chaotique/bon et pas loyal/bon comme un paladin pur et dur. Le résultat est le même mais les moyens utilisés peuvent être différents.

Et pour le côté "impulsif et fonceur", c'est expliqué dans son mental donc je le retirerais si cela vous dérange. En gros, Edgar est calme et réfléchi la plupart du temps, tant qu'il est dans une situation normale ou qu'il n'y a pas de problème. Par contre, en situation d'urgence, il devient impulsif car il considère que réfléchir peut faire perdre du temps et mettre davantage de vies en jeu. Si tu veux qu'il soit calme et réfléchi même quand il voit quelqu'un en danger, et qu'il réfléchisse à comment la secourir, ça me va ^^
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